Et si l'Espagne n'avait plus besoin d'aide de l'Europe

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La banque britannique Barclay's estime que le « pire » est « probablement derrière nous » concernant l'Espagne. La BCE entretient la confiance, mais la situation économique demeure très difficile.

L'Espagne pourrait avoir échappé définitivement aux attaques du marché. C'est du moins ce que pensent les équipes de la banque britannique Barclays dans une étude publiée ce vendredi. Selon ces analystes, « le pire est probablement derrière nous concernant l'Espagne. » Barclays considère même qu'il est improbable désormais que l'Espagne demande l'aide du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), l'institution chargé de soutenir les Etats de la zone euro.

La menace de l'OMT

La clé de ce succès, c'est pour Barclays, le programme de rachat illimité d'obligations d'Etat de la BCE, baptisé OMT, annoncé en septembre dernier. « Dès octobre 2012, les investisseurs non résidents étaient à nouveau des acheteurs nets d'obligations espagnoles », rappelle la note. Certes, la croissance ne permettra pas de réduire autant qu'attendu le déficit budgétaire, mais « probablement pas suffisamment pour enflammer à nouveau les craintes des investisseurs. » « La menace d'une activation de l'OMT peut être suffisante pour décourager les investisseurs de prendre des positions contre l'Espagne dans une dimension comparable à celle du premier semestre 2012. » Bref, la menace de la BCE aura suffi, et c'est exactement ce que voulait Mario Draghi.

Croissance encore négative en 2013

Reste néanmoins que la BCE ne peut résoudre le fond du problème, celui de la croissance espagnole. Et sur ce plan, Barclays dresse un tableau guère rassurant. Certes, la baisse du coût du travail et le possible excédent courant sont des éléments encourageants, mais « il n'y a pas encore de vrais signes d'une stabilisation de l'activité économique. » Les secteurs privés et publics continuent à se désendetter, le chômage à grimper et la bulle immobilière à se dégonfler. Dans ces conditions, l'amélioration de la compétitivité extérieure est insuffisante pour rétablir la croissance. Le PIB espagnol pourrait continuer à se contracter jusqu'au premier trimestre 2014. Autrement dit à une échéance incertaine.

Consolidation budgétaire difficile

Barclays reconnaît que la consolidation budgétaire est difficile à mener en Espagne. Le rythme imposé par l'Europe - même avec un adoucissement obtenu l'an dernier - reste très soutenu : 6 points de pourcentage de déficit en moins d'ici à 2016. Le cercle vicieux qui conduit ce rythme de consolidation à affaiblir l'économie, donc à demander plus d'efforts de consolidation n'est donc pas encore rompu. L'optimisme de Barclays est sans doute justifié si l'on regarde sur les mois précédents, mais il semble hardi concernant l'avenir.

Tentations séparatistes

D'autant que la poursuite de la crise économique en Espagne va continuer à accroître les tensions politiques, notamment entre les régions. La tentation séparatiste de la Catalogne et, pourquoi pas, du Pays Basque pourrait porter atteinte à cette confiance qui est aujourd'hui le seul pilier sur lequel l'Espagne peut s'appuyer...
 

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a écrit le 18/02/2013 à 22:37 :
@fric... L'Espagne est une grande nation, l'égale de la France, même supérieure, pendant des siècles. Une belle partie de notre pays était espagnole, et cela a duré très longtemps.

La France s'en est sortie (comme d'autres pays en Europe) grâce au plan Marshall...
Hé ouais fric...l'Espagne n'a pas reçu des aides elle...
a écrit le 28/01/2013 à 18:35 :
L'espagne est sortie du moyen age et de la misère grace à l'argent français et allemand, car avant ils étaient très pauvres...Ils ont reçu des milliards...Alors qu'on donne des miettes aux vrais pays miséreux comme le Bangladesh ou la Somalie. La honte.
a écrit le 24/01/2013 à 13:31 :
Ils ne peuvent pas demander d'aide de peur que l'on découvre réellement toute la magouille politico financière qui gangrène l'Espagne depuis des années... pot de vins, blanchiment d'argent,...
L'ex trésorier de Rajoy convaincu de fraudes et de magouilles

Après des années dans des sociétés espagnols ou franco-espagnols (immobilier, banque,...) j'ai pu constater leur mentalité...

Tous ceux aux pouvoir actuellement ont croqué comme pas permis dans la formation et l'entretien de la bulle immo espagnole...


a écrit le 20/01/2013 à 11:49 :
Mort de rire. Le résultat d'analyses faites dans un beau bureau à des milliers de km.
Ils sont complètement à la rue là bas (hélas pour de + en + de personnes jetés dehors comme des chiens).
Pas de boulot et certainement pas avant longtemps, surendettés, système scolaire au niveau du reste, tentatives d'expatriations des plus dynamiques, pessimisme de plus en plus pesant...
Un exemple trouvé dans El País en décembre dernier : un couple surendetté pour 224 000 ?. La banque a vendu cette dette à un fonds hollando-américain pour... 17800 ? ! Fonds qui leur réclame la dette + environ 95 000 de frais.
Oui, tout va mieux, tout va mieux.
Réponse de le 20/01/2013 à 20:40 :
Je vous mets le lien d'El País ici, on y retrouve notamment les vrais chiffres (70763 euros de frais au lieu de 95 000 mais aussi les salaires touchés a l'époque du crédit notamment). Assez simple à comprendre cet article en espagnol.
http://economia.elpais.com/economia/2012/12/29/actualidad/1356808181_326401.html.
PS : un petit salut aux modérateurs du site La Tribune qui travaille aussi le dimanche.
a écrit le 19/01/2013 à 15:00 :
http://stichtag.wordpress.com/2010/03/10/europe-du-nord-et-europe-du-sud/
Réponse de le 20/01/2013 à 8:10 :
Pouvez vous expliquer pourquoi le 45i ème et non le 50 ième parallèle?
Il me semble que le 50 ième correpond plus à la réalité historique (empire romain) et à la réalité culturelle (réligion)
L?Europe est traversée par le 45 ième parallèle mais aussi par le 50 ième
a écrit le 19/01/2013 à 8:39 :
On peu aussi dire "si ma mère en avait ? ce serait mon père ! " L'Espagne est à la rue, l'immobilier complètement effondré, le chômage explose ... En effet si la vision est un retour à Franco alors d'accord ! L'Europe est leur seul espoir de recevoir des milliards d'Euro en chocolat pour tenir encore un peu, mais globalement je crois que c'est terminé comme d'autres qui se croient à l'abri uniquement par mégalo historique (France).
a écrit le 18/01/2013 à 23:16 :
Ce m'étonne que la Barclays fasse de telles analyses. Surtout quand on sait que les banques espagnoles viennent de franchir la barre des 10% (10.1% exactement) de crédits douteux pour un montant de 184 milliards. Quand une banque atteint les 2% de crédits douteux alors on parle de faillite proche, mais à 10% elle survie peu de temps (juste le temps de réaliser ses pertes). De plus, les dépots en Espagne ont fondu ce qui limite les possibilités de prêts aux entreprises qui, malgré des carnets de commande bien remplis, ont de plus en plus de mal à financer l'achat des matières premières pour produire et livrer leurs clients. L'Espagne est en situation d'insolvabilité, et ce ne sont pas les 100 milliards reçus et encore à recevoir qu'il lui faut, mais 400 milliards au total. Le MES n'en a pas les moyens, et la crise terminale de l'euro c'est pour bientot.
a écrit le 18/01/2013 à 18:38 :
C'est les Allemands qui ne seraient pas contents, surtout Merkel qui comptait bien les mettre à genoux comme les Grecs.
Mais comme je connais ma Teflon-Merkel ce n'est que partie remise.
Depuis des siecles ils essayent de dominer l'Europe parce-que ils se croient les heritiers de Rome, ils vont pas changer maintenant, juste pout faire plaisir à tout le monde?
Réponse de le 18/01/2013 à 20:45 :
C'est vrai que l'on était a deux doigts de craquer et de se séparer , ce qui aurait été dramatique , les Allemands se seraient retrouvés avec un Mark a deux Euros "sud" qui les aurait tué. Alors ils nous remettent un petit coup de positif avant de recommencer a serrer.

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