Les dirigeants européens souhaitent-ils vraiment une baisse du chômage en zone euro ?

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Le dernier conseil européen a encore prouvé vendredi son peu d'entrain à entamer une vraie politique de lutte contre le chômage. Une position cohérente avec la stratégie suivie depuis 2010.

C'était un des buts du conseil européen qui s'est achevé vendredi dernier : se pencher sur le chômage. Depuis quelques semaines, la chancelière allemande Angela Merkel ne manque aucune occasion de faire part de son inquiétude concernant le chômage des jeunes en Europe. Rien d'étonnant alors à ce que le conseil ait, dans ses conclusions,  indiqué vouloir faire de l'emploi une « priorité spéciale » et du chômage des jeunes une « priorité particulière. » Mais, concrètement, les chefs d'Etat et de gouvernement se sont bien gardés d'agir.

Le choix de la dévaluation interne

Cet attentisme pourrait conduire à se poser la question du chômage comme « mal nécessaire » de la politique de dévaluations internes menée depuis 2010 au sein de la zone euro. En pesant sur les marchés du travail, un taux de chômage élevé conduit à une accélération de la baisse du coût du travail. La « bulle salariale » est née dans les années 2000 dans plusieurs pays du sud de l'Europe du fait d'une augmentation trop rapide des salaires au regard de la productivité du travail. Il s'en est suivi une inflation plus forte que dans le nord qui a automatiquement conduit à entretenir cette poussée salariale. C'est ce cercle que les Européens veulent briser aujourd'hui en baissant le coût du travail et les prix, par rapport aux pays les plus compétitifs de la zone. C'est le principe de la « dévaluation interne » qui a été l'option choisie par les Européens en 2010 pour sortir de la crise.

Une étude récente publiée par l'institut IFO de Munich, explique que, face aux déséquilibres internes de compétitivité de la zone euro, trois options se présentaient aux Européens. La première, c'est la dévaluation externe classique qui suppose la sortie de la zone euro. Cette option a été d'emblée écartée et présentée, dans le cas de la Grèce, comme une forme d'apocalypse. Il restait alors deux autres options : la réévaluation interne dans les pays forts par une hausse des prix et des salaires et la dévaluation interne par une réduction forte du coût du travail et une baisse des prix dans les pays en manque de compétitivité. Mais la première de ces deux options est perçue comme une punition « des bons élèves » en Allemagne, elle n'est donc pas non plus d'actualité. Restait alors à réduire les coûts.

La nécessité de peser sur les salaires

Pour réduire cette « bulle salariale » aussi brutalement que le veulent les plans conçus par les Européens, les méthodes « douces » de réduction du coût du travail sont inopérantes. Certes, la flexibilisation du marché du travail peut aider. Grèce, Italie, Espagne, Portugal ont ainsi tous réalisé des réformes plus ou moins profondes de leurs marchés du travail. Le problème, c'est que l'effet de ces réformes sur le coût unitaire du travail est long à se concrétiser. « Il faut plusieurs années pour qu'une réforme du marché du travail ait un impact sur la productivité, car les contrats existants ne sont pas concernés, ou il faut renégocier », explique Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis AM.

Du reste, l'exemple du Kurzarbeit allemand durant la crise de 2008-2009 montre que la réduction du temps de travail à effectifs constants permet de limiter le chômage, mais seulement pour un temps bref. Tous les patrons allemands avaient reconnu que si la crise avait été plus longue, il aurait fallu licencier. Or, la récession est installée depuis quatre ans en Grèce, deux ans en Espagne ou au Portugal... Et la reprise - très modérée - ne se dessine pas avant 2014. Les autres méthodes « douces » comme l'amélioration de l'outil productif sont là encore impossibles à mettre en ?uvre : elles nécessitent des investissements qui sont en chute libre dans tous ses pays. Enfin, l'ampleur des ajustements est telle qu'ils ne peuvent réellement être traitées avec ces méthodes. Une étude de Goldman Sachs de mars 2012 estimait que le Portugal devait « dévaluer » son taux de change réel vis-à-vis de celui de l'Allemagne de 35 %, la Grèce de 30 %, l'Espagne de 20 %...

L'ajustement passe donc nécessairement par une réduction des effectifs et des salaires. Autrement dit par la pilule amère du chômage. Pour peser sur les salaires, rien n'est en effet plus efficace qu'un fort taux de chômage. L'offre d'emploi étant réduite et la demande immense, les prix du travail reculent mécaniquement. On a vu, dans le récent accord Renault, une illustration de ce phénomène : par crainte du chômage, les salariés ont accepté des réductions effectives de salaires. Un taux de chômage élevé a donc dans cette logique deux vertus : réduire le coût unitaire du travail et fen avoriser une réduction plus rapide.

Un processus long et douloureux

Dans une logique de dévaluation interne, d'assainissement de la bulle salariale, le chômage est indispensable : il assure une baisse du coût du travail jusqu'au niveau où est retrouvée la compétitivité. Une fois ce niveau atteint, le chômage peut commencer à décroître lorsque les entreprises regagnent des parts de marché et que l'activité intérieure bénéficie des succès à l'exportation. Dans une telle logique, intervenir pour maintenir l'emploi avant d'avoir atteint ce niveau d'équilibre de l'offre et de la demande ne revient qu'à retarder le processus d'ajustement et à maintenir les déséquilibres internes à la zone euro. On comprend donc que les pays du nord, à l'origine de cette logique, soient opposés à toute action concrète de lutte contre le chômage.

D'autant que  la réduction des coûts n'a pas encore atteint un niveau « satisfaisant. » En Espagne, par exemple, le coût du travail dans l'industrie et les services marchands a progressé entre 2008 et 2012 à un rythme quasi égal à celui de l'Allemagne (+21,9 % contre +22,2 %, selon Eurostat). Au Portugal et en Italie, le coût de la main d'?uvre a progressé de plus de dix points plus rapidement qu'outre-Rhin sur les quatre dernières années. Seule la Grèce a concrètement effacé sa « bulle salariale » par rapport à l'Allemagne. Bref, il faut continuer les « efforts. » Et cela passe nécessairement par le maintien d'un taux de chômage considérable, voire dans certains cas comme l'Italie ou la France, par une hausse de ce taux.

La menace de la déflation

« Nous demeurons dans le débat entre Keynes et Hayek : faut-il laisser le marché trouver l'équilibre par la baisse des salaires ou faut-il favoriser l'activité pour empêcher une spirale déflationniste ? Ce débat reste aujourd'hui le même », explique Philippe Waechter qui penche pour la deuxième solution, la « keynésienne », « car on ignore où se situe le point d'équilibre et jusqu'où le chômage peut monter. »

En effet, les taux de chômage dans les pays « en période d'ajustement » sont désormais alarmants : 26,2 % en Espagne, 26,4 % en Grèce, 14,7 % en Irlande, 17,3 % au Portugal... « Le processus de dévaluation interne prend beaucoup de temps et si on le laisse se développer, il est difficile de trouver une dynamique économique favorable », résume l'économiste. Or, sans dynamique interne, le chômage continue à croître, donc à comprimer la demande. La menace finale, c'est la déflation : les prix commencent à chuter pour s'adapter aux salaires, les bénéfices des entreprises s'effondrent et, comme les salaires ne peuvent pas suivre (c'est la fameuse « rigidité salariale » de Keynes encore renforcée par les salaires minimums en vigueur dans plusieurs pays), l'activité est ravagée. «

La déflation ne serait satisfaisante pour personne », souligne Philippe Waechter qui voit cependant poindre son risque : l'inflation a été très faible en France en février, elle est quasiment nulle en Grèce et au Portugal. En Italie et en Espagne, elle est gonflée par les hausses de taxes indirectes. Et puis, il y a le risque politique qui est considérable lorsque le chômage atteint de tels niveaux et qui risque de plonger l'Europe dans une instabilité dangereuse. Jean-Claude Juncker, lui-même, longtemps défenseur des ajustements nécessaires, a mis en garde contre le danger de « révolte sociale en Europe. »

La solution de la réévaluation

Face à de tels défis, les solutions proposées par le conseil européen, notamment cette initiative contre le chômage des jeunes, est évidemment dérisoire. Il s'agit là clairement d'une stratégie de communication pour tenter de répondre aux inquiétudes montantes des populations. Mais c'est aussi le meilleur moyen de ne réellement rien faire. Il existerait pourtant une parade : passer de la simple dévaluation interne à une stratégie mixte associant cette dernière à une réévaluation interne. L'Allemagne devrait accepter de faire jouer un peu de relance : sa compétitivité serait certes un peu réduite par la hausse des salaires et celle des prix, mais ceci permettrait de réduire naturellement le travail d'ajustement à effectuer pour les pays du sud.

Du coup, la dévaluation interne serait moins lourde, les économies méridionales auraient un peu plus d'air, un peu plus d'activité. Le point d'équilibre serait plus bas et la hausse du chômage pourrait être freinée sans nuire aux ajustements en cours. On pourrait parallèlement investir dans l'outil productif pour améliorer la productivité. « L'Allemagne doit accepter de faire un peu de relance. Chacun alors ferait un effort, les Allemands et les autres : l'ajustement serait plus équilibré », résume Philippe Waechter.

Le « nein » allemand

Oui, mais voilà : Angela Merkel ne veut pas de ce plan. Mercredi dernier, elle l'a très clairement annoncé au reste de l'Europe en présentant un projet de budget 2014 encore très ambitieux. Toute idée de relance a été écartée : Angela Merkel ne veut pas faire reculer la compétitivité de son pays pour assouplir le fardeau de ses partenaires européens. Elle le veut d'autant moins que l'Allemagne a déjà perdu du terrain en raison des hausses de salaires consenties ces dernières années dans l'industrie (en 2012, le salaire brut dans l'industrie a augmenté deux fois plus vite que l'inflation) et que son parti a accepté le principe d'un salaire minimum différencié par branche. En cas de relance, le risque serait d'alimenter ces hausses de salaires. Les industriels pourraient alors être contraints de renoncer à des investissements de R&D pour favoriser des salaires.

Or, face à la concurrence, la qualité et l'innovation sont les armes principales de l'industrie d'outre-Rhin. Céder du terrain ici, c'est perdre des parts de marché. Et Angela Merkel ne veut pas en entendre parler. Elle redoute aussi que l'exemple allemand fasse florès et que les pays du sud ne profitent de la relance germanique pour assouplir leurs consolidations budgétaires. Bref, cette réévaluation interne de l'Allemagne n'est pas envisageable. D'autant que, last but not least, en période électorale, Angela Merkel va chercher à apparaître comme la gardienne de la stabilité économique.

Difficile par ailleurs pour la chancelière d'expliquer à ses électeurs, dix ans après les réformes Schröder, que leurs efforts ont « trop payé » et qu'il faut faire marche arrière. Pas question, donc, de faire une quelconque relance. Ce serait pourtant la seule vraie manière de lutter aujourd'hui contre le chômage qui frappe tant de pays d'Europe. Preuve semble donc faite que la volonté affichée de lutter contre le chômage en Europe est surtout une opération de communication. Les larmes de la chancelière sur les jeunes sans emploi sont surtout des larmes de crocodiles. 
 

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Commentaires
a écrit le 09/05/2013 à 9:16 :
trés bon article qui expose la réalité avec clarté
a écrit le 23/03/2013 à 17:00 :
Scandaleux et populiste
Même pas digne des guignols,
Ce n'est pas du journalisme c'est de l'aigreur puéril.
Réponse de le 26/03/2013 à 16:21 :
Il n'y a pas pire sot que celui qui ne veut pas comprendre...
a écrit le 20/03/2013 à 10:59 :
l'argent ne tombant pas du ciel sauf à rentrer ds un cycle inflationniste dangereux il faut équilibrer les dépenses par rapport aux recettes, Chacun d'entre nous pratique un arbitrage d'adaptation de ces dépenses par rapport à ces revenus. Lorsque nous le refusons les huissiers nous y contraignent.
Il n'en ait pas autrement pour l'état. L'intégration à l'UE ne change rien au fait que nous vivions au dessus de nos moyens avec la nécessité impérieuse de corriger le tir.
L'impossibilité de dévaluer remède longtemps utilisé permettant d'éviter des réformes structurelles oblige à utiliser d'autres variables d'ajustement qui paraissent plus sévères mais sont plus salvatrices à long terme.
Le chômage est une des variables d'ajustement mécanique identique à l'augmentation des stocks. L'homme n'étant pas un produit cela parait choquant, mais est ce les gouvernements les fautifs ou les syndicats qui voulant protèger ceux ayant du travail refusent l'accès au marché du travail aux chômeurs en s'arcboutant contre la flexibilisation de l'emploi.
Réponse de le 20/03/2013 à 12:19 :
"L'intégration à l'UE ne change rien" Comment pouvez-vous dire ça ? L'UE et l'euro sont des tueurs de croissance. Pas de croissance = moins de rentrées fiscales = + d'austérité = + de récession. C'est pourtant facile à comprendre, non ?
Réponse de le 06/04/2013 à 17:01 :
Comment pouvez-vous dire ça ? L'UE et l'euro sont des tueurs de croissance. Avec les chasseurs, bien sûr !!!
Pas de croissance = moins de rentrées fiscales = + d'austérité = + de récession. ??? Ben non, l'équation est fausse : la bonne :
Pas de croissance = égalité des rentrées fiscales = stabilité = pas de récession.
C'est pourtant facile à comprendre, non ?
croissance = plus de pollution, plus de man?uvres financières = désastre à long terme .
La croissance est un leurre
a écrit le 20/03/2013 à 10:48 :
Excellent article qui met enfin en mots et maux ce que nous avons tous bien compris. A aucun moment on ne lutte contre le chômage, on ne fait que le planifier à grand renfort d'enfumage. On cherche juste à créer des esclaves à bas coût et on obtient des malades, physiquement et psychiquement, des caractériels paumés ou des pervers narcissiques qui mettent la totalité de la société en danger.
Cela va se payer très très cher car une génération est en train d'être sacrifiée et ne saura jamais travailler et on va la retrouver très active dans les explosions sociales à venir car elle n'aura rien à perdre.
Démotivation, démobilisation, c'est le "jemenfoutisme" qui commence à planter aussi la productivité et plus personne ne pourra rien y faire.
Réponse de le 26/03/2013 à 16:10 :
Bin oui ! Vous avez mis le doigt pile dessus!... Comme on peut tous le voir, le cadre strictement national est désormais largement dépassé, et depuis belle lurette, par les néo-esclavagistes libéraux..
L'UE est pour eux un outil. Un outil "libéral" et "non démocratique" à souhait, conçu par les riches pour les riches.
Une machine à conforter/promouvoir une pauvreté structurelle massive, favorisant l'establishment oligarchique et le pouvoir en place, en s'arque boutant sur le dumping social, la mobilité géographique la misère de masse intra et extra communautaire.
En parfaite adéquation et prolongement direct d'ailleurs avec la "mondialisation", qui elle n'est rien d'autre que la transposition à l'échelle supérieure, planétaire globale, du même système oligarchique esclavagiste, mais en plus "dérégulé" encore ! Complexité et retard du droit international et des institutions globales obligent!... Un joli et commode paravent et un vaste écran de fumée pour les escrocs souhaitant masquer toutes leurs pratiques délictueuses et mafieuses à l'échelle globale! ....
Nul doute qu'il s'agit d'un néo-esclavagisme (pourtant officiellement aboli) qui ne porte pas son nom, rebaptisé "progrès" et "mondialisation" en jargon libéral. ça les déculpabilise!... C'est pas leur faute, à eux les escrocs qui en profitent, c'est la faute de l'absence de lois et d'institutions de régulation planétaires... Gobez cela si vous voulez... N'empêche que le vrai progrès, lui, ne vaut que s'il est partagé par tous!...
Ils ont donc tout faux ou tout juste. Comme dans tout jeu de dupes, cela dépend de quel côté du manche on se trouve...
a écrit le 19/03/2013 à 18:55 :
Ben voilà, Romaric Godin démontre A + B que rester dans l'Europe, c'est s'acheminer irrémédiablement vers une baisse des salaires et du pouvoir d'achat, il faut donc que tout un chacun en prenne acte et décide de militer pour que la France sorte de l'UE et surtout de l'Euro, pour pouvoir réaliser une dévaluation monétaire. Quant à la "menace de la déflation" on l'attend toujours. Dans une dernière étude (octobre 2012), Natixis relevait justement qu'il y avait une rigidité des prix dans les pays (et ailleurs) où étaient pratiquées les politiques d'ajustement nominal et de dévaluation interne et que cette rigidité condamnait ces politiques. Alors ? Déflation ou pas, on voit bien que ces politiques sont, de toutes façons, vouées à l'échec.
a écrit le 19/03/2013 à 18:49 :
Pas sûr que la courbe de Phillips ait encore un sens dans la situation actuelle des rémunérations salariales et du marché du travail. Car les salaires paient aussi les retraites et l'assurance maladie à raison de 50% pour le salaire net et 50% pour les charges. Toute baisse de salaire devient alors impossible à moins de faire exploser la protection sociale. C'est la politique du tout ou rien, du marché du travail fractionné entre ceux qui sont protégés, ont un bon salaire et paient les charges sociales, et ceux qui oscillent indéfiniment dans la précarité, comme salariés de seconde zone et variable d'ajustement économique. Affaiblir les salariés compétitifs ou protégés (qu'ils soient situés en Allemagne ou en France) au profit du second marché de la précarité n'a pas véritablement de sens économique. La seule solution est de renforcer la compétitivité du premier marché pour qu'il absorbe le second. C'était le cas de figure des trente glorieuses,
a écrit le 19/03/2013 à 17:03 :
Réévaluation: ??? rendre l'Allemagne moins compétitive pour rendre les pays du sud plus compétitifs. C'est quoi cette logique?
N'est-il pas plus logique d'améliorer la compétitivité des pays les moins compétitifs?
L'Europe n'est pas seule au monde mais en concurrence avec d'autres zones de libre-échange. De plus, réévaluer trop brusquement les salaires en Allemagne consisterait a dininuer par contagion la compétitité de toute la zone Euro. N'oubliez pas que les écononies européenes sont imbriquées entres elles pour former un tissu industriel, ecosystème fragile (surtout dans le domaine aeronautique). Les goupes industriels allemands sont à la fois clients et fournisseurs de groupes francais... Est-ce une particularité francaise de sous-estimer l'écosystème industriel? L'écosystème industriel régional est d'ailleurs en Allemagne le principal facteur de compétitivité, car il permet à de petites et moyennes entreprise ("Mittelstand") de se positionner avec des produits à forte valeur ajouté.
Réponse de le 25/03/2013 à 12:17 :
Le problème de fond est bien les "zones de libre-échange", ce qui en clair est la mondialisation par la financiarisation de l'économie, le dumping social et fiscal.
Le libre-échange est une nécessité, une égalité pour tous les peuples, encore faut-il qu'il y ait des règles et surtout qu'elles soient respectées. Comme c'est impossible, l'idée de libre-échange est une utopie.
Réponse de le 26/03/2013 à 16:20 :
Détrompez vous des règles strictes et respectées, il y en a dans le "libre échange"!...
Ainsi :
- "les loups ne se mangent pas entre eux"...
Ou encore
- "les chiens ne font pas des chats"...
Mais aussi
- "l'argent des riches ne fait pas le bonheur des pauvres"...
- "la misère des uns fait le bonheur des autres"...
a écrit le 19/03/2013 à 15:20 :
Bravo,comme c'est bien récapitulé et clarifié. Baisser le coût du travail jusqu'au niveau de restauration de la compétitivité est parole verbale tant que l'on ne peut pas fixer ce niveau, par nature volatile dans le temps et dans l'espace. La déduction de ce paradigme répond au titre : les dirigeants européens ne cherchent pas voire ne souhaitent pas une baisse du chômage. Dans ces conditions, la question pour chacun est de soumettre sa population à ces paramètres mondialisés ou de s'en affranchir. Le foirail européen étant une abominable enceinte de décomposition, la réponse est d'en sortir totalement ou de n'y rester qu'en marge comme les Britanniques, en sauvegardant sa souveraineté avec ses moeurs. Le monétarisme ayant la puissance et la perversion que l'on voit, un euro transnational avec des monnaies nationales reliées permettrait une souplesse d'adaptation utile pour éviter les violents conflits. La coalition acharnée actuelle contre la présidence française, accule celle-ci à choisir sans dissoudre davantage la Nation : la leçon de compétitivité de Merkel avec Barroso + le sermon de Draghi + la surveillance de Lagarde avec Schâuble + le catalogue d'amputations massives de l'OCDE sans aggravation prétendue de l'austérité + enfin, l'exemple de Chypre forment un assaut invasif appelant une réponse sinon réplique de sursaut.
a écrit le 19/03/2013 à 15:13 :
Il est possible de devaluer pour un pays de la zone Euro:il suffit de referencertous les contrats de travail, les emprunts,loyers,les retraites,les impots,sur l'ancienne devise de chaque pays,puis de devaluer celle ci par raport a lEuro.Les pertes pour les banques dues aux devaluationz pouraient etreassurees par la Bce le budget de l'UE, et d chaque etat.Bien sur tous les comptes placements resteraient en Euro.



V

Il
Réponse de le 19/03/2013 à 16:33 :
en somme, vous proposez de passer le smic à 600 ou 700 ?
super, les européiste de Bruxelles n'avaient même pas osé le proposer
Réponse de le 20/03/2013 à 17:20 :
Le Smic est fixé par legouvernement en concertation avec les partenaires sociaux.L'avantage de la devaluation
partielle pour un salarié par exemple est: son loyer diminue d'autant ainsi que ses remboursements d'emprunts,
s'il en a un Ce n;est pas le cas actuellement si son employeur diminue son salaire;pire s'il perd son emploi
parce que son salaire est trop élevé du fait de l'Euro Fort!!!!Dans les deux cas il garde son epargne en Euro.OK?
a écrit le 19/03/2013 à 15:01 :
Belle analyse empirique, parfaitement schématisée mais c'est un modèle qui ne s'applique qu'à la théorie; quid de la sphère réelle? Jusqu'où ira t'on en Grèce? Faut-il attendre que la population féminine se prostitue et que les hommes vendent leurs organes pour qu'on se rende compte que ce n'est pas applicable? Quel est l'impact à long-terme pour les pays concernés sur l'échequier mondial? Le chômage se traduit par un accroissement de la compétitivité, mais également une stagnation/baisse de l'innovation et du niveau d'investissements; or aujourd'hui nous sommes en pleine révolution industrielle en Amérique et dans la zone ASEAN; quel sera notre place une fois que la crise sera passée? Si tentez qu'une explosion sociale n'est pas eu lieu d'ici là. Diriger une entreprise, un département, un pays, c'est pas tout à fait la même chose que de diriger 1/4 de la planète! Il faut que nos dirigeants et autres technocrates arrêtent de jouer à Sim City! On ne peut pas mettre la vie des citoyens en pause le temps de faire des réformes!
a écrit le 19/03/2013 à 13:15 :
Il serait pourtant si simple de supprimer le chômage en France, passons aux 32 heures, les bonnes vieilles recettes qui marchent sont toujours les meilleurs, je me demande pourquoi le gouvernement Hollande n'y a pas encore pensé ?
a écrit le 19/03/2013 à 12:57 :
Les populations ne sont pas de simples statistiques mais des êtres vivants qui comme tout être aspirent à vivre. L'espoir fait vivre dit-on. Sans espoir que reste-t-il ?
Réponse : Le désespoir et le populisme.
En Grèce des néo-nazis sont arrivés au pouvoir légalement ! Inimaginable à penser cela il y a 20 ans. Les mouvements indépendantistes s'envolent en Espagne, en Italie, en Belgique, en France. Le rejet de l'Europe est en hausse. Les dirigeants élus démocratiquement sont discrédités car impuissants face aux craintes et attentes de leurs populations.
Où va-t-on ?
Je pense que l'Europe va se désintégrer. Elle ne pourra pas continuer à être une machine à broyer les peuples, de les sacrifier sur l'autel des marchés, de la libre concurrence.
L'Europe de par ses institutions n'a pas de chef, de leader incontestable. Que nous ont amenés les traités européens ? Un président de l'Europe, la Commission européenne, le Conseil des ministres, le Conseil européen, le Parlement européen.
L'Europe ? Du Kafka dans toute sa splendeur.
a écrit le 19/03/2013 à 12:36 :
L'Allemagne crève de vieillesse. L'Allemagne importe sa main d'oeuvre qualifiée (sur la dette publique des autres pays) pour faire vivre son industrie. L'Allemagne enjoint tous les autres à se serrer la ceinture. Comme cela, les gentils chômeurs serviles pourront venir bosser en Allemagne. C'est ce que l'on appelle un parasite.
Et puis tout le pouillème que l'on peut gagner en compétitivité sur le salaire, on le perd en deux temps trois mouvements avec une dévaluation du dollars.
Réponse de le 19/03/2013 à 14:22 :
Absolument. L'Allemagne est fort contente de récupérer les jeunes diplômés de tous les autres pays européens pour couvrir son déficit de main d'oeuvre pour cause de vieillissement accéléré. Et certainement plus que de devoir procéder à des élargissements de son immigration hors zone Euro.
Réponse de le 19/03/2013 à 17:04 :
De plus en plus de vieillards allemands sont "délocalisés" dans des maisons de retraites à l'étranger (Slovaquie, rép.Tchèque, pologne) dont le coût est trois fois inférieur, ce qui qui pourrait préfigurer la façon de traiter le problème de leur population agée. Un représentant du parlement a proposé d'aller plus loin et de signer de véritables accords de coopération dans ce domaine avec un certain nombre de pays (de l'Est).
Réponse de le 04/04/2013 à 16:05 :
la solution finale a encore de beaux jours devant elle, quoiqu'on en pense c est l'Allemagne qui a gagné la guerre, et après avoir envoyé leurs vieux dans les pays de l'est , ils y enverront leurs malades, éradication des inutiles on y arrive
a écrit le 19/03/2013 à 12:00 :
Coquille "son peu d'entrain a entamé une vraie politique" entamer
a écrit le 19/03/2013 à 11:57 :
Pour certains, le chômage n'est pas un problème, c'est une solution. Grâce au chômage, l'oligarchie domine et s'enrichit sans limite. Il suffit d'un peu de chantage à l'emploi pour tout obtenir. Mais ils vont vite s'apercevoir qu'il ne fait pas bon d'être riche dans un pays sans vraie armée et désespéré.
a écrit le 19/03/2013 à 11:48 :
Merci car vos articles font de plus en plus preuve de lucidité. Je sens que votre conscience (la bonne) vous rattrape. Je sais que ce n'est pas facile de faire son job de journaliste objectif dans un journal de masse aujourd'hui mais comme vous le savez, vous journalistes, vous avez une responsabilités extraordinnaire (historique ?) de dire la vérité aux français sur cette arnaque qu représente l'UE.
a écrit le 19/03/2013 à 11:39 :
Grâce a "l'Europe", il y a une augmentation des adeptes de la décroissance et de la simplicité volontaire....
a écrit le 19/03/2013 à 11:37 :
Merci à Mr. Godin de ne pas faire comme les autres ... c'est à dire d'utiliser vos capacités intellectuelles pour nous réaliser des articles dignes d'un vrai journaliste, et pas comme beaucoup de vos confréres un simple "forward" de la bouillie AFP acquise à la pensée unique ... Merci et Re-Merci ...
a écrit le 19/03/2013 à 11:25 :
Impossible de réduire le chômage avec une taxation pareille. Plus personne ne veut entreprendre pour au final se faire plumer.
a écrit le 19/03/2013 à 11:12 :
Le chômage de masse est une volonté politique de notre oligarchie. Cela permet d'asservir le peuple aux profits de nos élites.
Réponse de le 26/03/2013 à 16:13 :
Effectivement ! +1
a écrit le 19/03/2013 à 11:06 :
Excellent article. Merci La Tribune !
Réponse de le 19/03/2013 à 14:50 :
+1 , ce point de vue est fort intéressant.
Réponse de le 26/03/2013 à 16:34 :
+1, je dirais même plus, cet article a le grand mérite de lever "le voile pudique" (ou "l'écran de fumée") qui sépare les discours politiques de la pratique politique actuellement.
C'est le noeud gordien, le point de départ d'une vaste réflexion sur "l'origine systémique" de nos problèmes actuels, et d'un grand débat au niveau des véritables enjeux politiques et de société; débat dont nous ne saurions rester les écartés puisque l'enjeu majeur est celui de notre propre dignité et de notre propre condition humaine...

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