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ÉconomieUnion européenne

La flambée du chômage en Europe? C'est à cause du SMIC pense Angela Merkel

Romain Renier

Publié le 18 avril 2013 à 09:43

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En difficulté dans les sondages à quelques mois des élections, Angela Merkel a considéré jeudi que le salaire minimum était la cause d'un taux de chômage élevé en Europe, alors qu'elle y était encore ouverte il y a quelques mois.

Angela Merkel tente de se défaire d'une patate chaude dont elle s'était emparée à pleine main en octobre dernier : le salaire minimum. Favorable à l'introduction d'une limite salariale inférieure branche par branche après une première volte-face à l'automne dernier, la chancelière a considéré dans un entretien accordé au Bild que le salaire minimum est la raison pour laquelle de nombreux pays européens ont un taux de chômage bien plus élevé que l'Allemagne, en raison de l'inadéquation entre salaires et rendements. Ainsi la candidate conservatrice s'oppose-t-elle désormais fermement à "un salaire minimum généralisé imposé par les politiques".

Angela Merkel mise en difficulté par le jeu des alliances...

A l'époque, lorsqu'Angela Merkel s'était dite favorable à l'introduction de ce salaire minimum, c'était pour couper l'herbe sous le pied de Peer Steinbrück, son opposant social démocrate qui avait alors le vent en poupe dans les sondages avec des propositions très à gauche. Une position qui aujourd'hui embarasse la chancelière. C'est en effet le SPD de Peer Steinbrück qui est à l'initiative du projet de loi pour l'introduction d'un salaire minimum au Bundesrat, la chambre des Länder, où il est majoritaire. Et, contrairement à une idée reçue, Angela Merkel n'a pas encore gagné l'élection de l'automne prochain.

Si elle avait lieu aujourd'hui, une éventuelle alliance de gauche l'emporterait. Selon un sondage publié mercredi, l'alliance CDU-CSU et FDP ne recueillerait au total que 43,5% des voix dans la course au Bundestag, contre 50% pour une alliance de gauche formée par le SPD, les verts et le parti de gauche. De quoi inciter Peer Steinbrück à mettre toujours plus la barre à gauche pour séduire un parti de gauche et des verts encore maîtres de leurs décisions, alors qu'il a lui-même été ministre de la chancelière lors de son premier mandat dans le cadre de la coalition CDU-SPD.

... doit jouer sur sa popularité pour décrédibiliser l'opposition

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En difficulté potentielle, Angela Merkel doit jouer sur sa propre crédibilité en marquant sa différence face à un SPD qui a abandonné l'héritage de Gerhard Schröder. Car si son camp est à la traîne, ce n'est pas le cas de la chancelière qui bénéficie toujours de 58% d'opinions favorables dans un pays où le chômage reste en dessous des 7%. Alors que l'impopulaire Peer Steinbrück ne recueille la confiance que de 17% des sondés. Affirmer que la mise en place d'un salaire minimum plongerait l'Allemagne dans le même marasme que les pays d'Europe en difficulté, alors qu'elle et son camp y étaient ouverts il y a encore quelques mois, fait donc partie du jeu politique. Bref... Angela Merkel est en campagne.

Romain Renier

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