Austérité : un nouveau répit pour Lisbonne ?

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Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe - Copyright Reuters
Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe - Copyright Reuters (Crédits : c Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a indiqué lundi à Lisbonne que le Portugal pourra si nécessaire bénéficier de plus de temps pour redresser ses finances. Si aucune demande en ce sens n'a été formulée pour l'instant, le Premier ministre portugais en a toutefois évoqué l'éventualité.

L'Eurogroupe a évoqué lundi par la voix de son président Jeroen Djsselbloem que le Portugal pourra bénéficier d'un délai pour rentrer dans les clous budgétaires fixés par Bruxelles si nécessaire. Mais à condition que Lisbonne en fasse la demande. Ce qui n'est pas encore le cas selon le président de l'Eurogroupe.

Lisbonne tentait de reprendre le cap

Le Portugal a déjà bénéficié de deux révisions de ses objectifs budgétaires, en septembre puis en mars derniers. Il s'est engagé devant la troïka (UE-BCE-FMI) représentant ses créanciers à ramener cette année le déficit public à 5,5% du PIB puis à 4% l'année prochaine avant de revenir en 2015 dans les limites de 3% fixées par Bruxelles.

Maintenu sous perfusion par la troïka depuis 2011, le pays a été contraint début mai d'annoncer un nouveau tour de vis budgétaire après deux ans d'austérité drastique. La population a de plus en plus de mal à supporter les cures d'austérité successives réclamées par la troïka en échange de l'aide. Mais le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho ne souhaitait alors pas ralentir la marche pour le moment. "Hésiter maintenant porterait un coup à la crédibilité que nous avons déjà reconquise," avait-il expliqué début mai.  

L'éventualité d'un nouvel allégement des objectifs budgétaires du Portugal, a pris corps après que le Premier ministre en ait évoqué récemment la possibilité. Cette fois, "il n'est pas exclu qu'il soit nécessaire pour le gouvernement de demander un assouplissement supplémentaire pour 2014," a répondu le Premier ministre portugais à Jeroen Dijsselbloem.

L'économie portugaise souffre

Il faut dire que la situation du pays est très dure sur le plan économique. Son PIB doit encore reculer de 2,3% cette année tandis que le chômage doit atteindre le taux record de 18,2%, selon les prévisions officielles. Bruxelles, qui insiste toujours sur la nécessité de maîtriser les dépenses publiques et de mettre en place des réformes structurelles pour gagner en compétitivité a mis de l'eau dans son vin ces derniers mois.

Elle accepte désormais l'idée selon laquelle la priorité doit être donnée aux réformes structurelles pour rendre les économies européennes compétitives en se préoccupant de l'impact sur la croissance à court terme. En ce sens, elle veut bien accorder des délais pour rentrer dans les clous budgétaires. Un tel délai accordé au Portugal n'aurait toutefois pas pour effet de mettre fin à l'austérité qui a cours au Portugal.

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a écrit le 28/05/2013 à 10:57 :
À l'évidence, l'objectif de Bruxelles n'est pas la consolidation budgétaire, mais la destruction de la protection sociale (économique et juridique). Tant qu'ils poursuivent les "réformes", les déficits sont sans importance. Les déficits ne sont qu'un prétexte opportun : ce n'est pas un hasard que c'est pendant la crise qu'il faut s'attaquer aux dépenses de l'état, bien que ce soit exactement l'inverse de ce que l'on devrait faire (quand on est malade, on n'économise pas les soins médicaux !).
a écrit le 28/05/2013 à 10:52 :
L'Allemagne donne un bon Point au Portugal.... une somme en milliards d'euros est prevue pour son aide economique, la seule condition pou cela c'est de continuer a reformer le pays voila qui est au moins clair et pragmatique.
Réponse de le 28/05/2013 à 12:19 :
Continuer d'appliquer une solution qui marche mal n'est pas pragmatique mais idéologique. Ca fait 5 ans qu'on repete le même cycle : on fais une réforme sans penser aux conséquences, on donne une aide qui ne compense pas les conséquences, on demande une réforme pour rétablir le tir,... Au bout d'un moment, ca ne peut plus marcher ( ils viennent de passer à la retraite à 65 ans, ca va être dur d'aller plus loin, surtout en cassant le système de santé).
a écrit le 28/05/2013 à 9:25 :
le portucal a deux activites principale l agriculture et le tourisme il peuvent s en sortir si tout le retrousse ses manches est si tout le monde paye ses inpots est charges sociales
Réponse de le 28/05/2013 à 11:47 :
et c'est reparti pour les cliches: il manque plus que les moustaches et puis la morue ?!
pour info les 35h c'est pas au portugal ! Pour votre information aussi les impots sont retenus à la source - depuis bien longtemps - donc pour les salariés pas d'évasion fiscale possible.
Les sources des problèmes du portugal sont à chercher ailleurs.

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