Réactions à la victoire de Merkel : du "Triomphe" à "Thatcher d'Allemagne" en passant par "4 ans de casse"

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La chérie de l'Allemagne, Le triomphe de Merkel,  leader rayonnant : les journaux européens et la classe politique ne tarissent pas d'éloges ce matin après le troisième succès consécutif d'Angela Merkel aux élections allemandes. Mais certains se posent également beaucoup de questions concernant sa future coalition.
"La chérie de l'Allemagne", "Le triomphe de Merkel", " leader rayonnant" : les journaux européens et la classe politique ne tarissent pas d'éloges ce matin après le troisième succès consécutif d'Angela Merkel aux élections allemandes. Mais certains se posent également beaucoup de questions concernant sa future coalition. (Crédits : Reuters)
"La chérie de l'Allemagne", "Le triomphe de Merkel", " leader rayonnant" : les journaux européens et la classe politique ne tarissent pas d'éloges ce matin après le troisième succès consécutif d'Angela Merkel aux élections allemandes. Mais certains se posent également beaucoup de questions concernant sa future coalition.

Tout un symbole. Le premier chef d'Etat à avoir félicité Angela Merkel pour son troisième succès de rang aux élections allemandes a été François Hollande. Lors d'un échange téléphonique, les deux dirigeants "ont exprimé leur volonté de continuer à travailler inlassablement au rapprochement de la France et de l'Allemagne et de poursuivre leur coopération étroite pour relever les nouveaux défis de la constructions européenne ", selon la présidence française qui s'est exprimée via un communiqué.

Pour Bayrou, l'Europe "va se trouver avec un leader rayonnant"

A droite, le président de l'UMP, Jean-François Copé, a souligné le fait que " le langage de vérité que la chancelière a tenu tout au long de la campagne a séduit des électeurs conscients que seules les réformes structurelles permettent la prospérité économique", rapporte Libération. De son côté, François Fillon a affirmé que " son succès incontestable récompense le parcours d'une femme d'Etat tenace dans ses convictions et d'une chancelière efficace dans son action."

Le président du Modem, François Bayrou, s'est lui montré flatteur :

L'Europe va se trouver avec un leader rayonnant et particulièrement soutenu. Les responsables français doivent prendre la mesure de cette situation nouvelle qui doit les obliger à une pensée ferme et à une vision plus entraînante. Autrement, il est à craindre que l'Allemagne soit la seule locomotive de l'Union européenne.

"Triomphale" titre Les Echos

En France, Le Figaro salue "le triomphe de Merkel" : "plébiscitée avec plus de 42% des suffrages, la chancelière d'Allemagne était tout près d'obtenir hier soir la majorité absolue en sièges au Bundestag", écrit le journal conservateur français. "Triomphale", titre simplement le quotidien économique Les Echos. De son côté, Le Parisien titre "Et de trois", et parle d'un "score quasiment historique."

"Encore 4 ans de casse avec Merkel", se désole en revanche L'Humanité, qui constate qu'en perdant son allié libéral, elle "devrait former une coalition avec les sociaux-démocrates du SPD".

"La chérie de l'Allemagne"

"La chérie de l'Allemagne", titre le quotidien Berliner Morgenpost, exhibant une photo d'Angela Merkel tout sourire, après avoir recueilli plus de 40% des suffrages. Le parti conservateur CDU "doit son succès avant tout à la très forte popularité personnelle de la chancelière", souligne le journal,

Pour le Handelsblatt, journal des milieux d'affaires, ce succès est la conséquence directe de la politique européenne menée ces dernières années. "La stratégie du donnant-donnant (de l'aide aux pays européens contre des réformes, NDLR) a manifestement plu aux électeurs allemands", selon le quotidien.

Le quotidien conservateur Die Welt évoque le "triomphe de Merkel" et va même jusqu'à dire qu'elle a gagné "sans son parti". "Si elle plaît tellement aux Allemands, c'est parce qu'elle fait son travail discrètement, apparemment sans aucun narcissisme et qu'elle n'énerve ni ne dérange les citoyens", explique-t-il.

"Chancelière cherche partenaire"

Mais les journaux allemands n'oublient pas que la chancelière doit encore trouver une coalition pour gouverner, avec le choix entre une alliance avec le grand rival social-démocrate SPD (25,7%) ou les Verts (8,3%). "Chancelière cherche partenaire", titre le journal de centre droit Berliner Zeitung, alors que celui de centre gauche Süddeutsche Zeitung écrit en une : "Maintenant Merkel n'a plus qu'à choisir".

Dans le reste de l'Europe, on s'enthousiasme...

"Merkel frôle la majorité absolue", titre le quotidien espagnol de centre gauche El Pais, qui parle d'un "résultat sans précédent depuis l'époque du chancelier Konrad Adenauer (CDU) il y a 50 ans". Le journal de centre droit El Mundo évoque quant à lui une "victoire historique". "Triomphe retentissant de Merkel, qui espère gouverner en solitaire", explique encore le quotidien conservateur ABC.

Pour le grand quotidien italien Corriere della Sera, la victoire d'Angela Merkel est "historique". La Stampa affirme quant à elle que l'Allemagne a "couronné Angela Merkel". La Repubblica souligne elle que "le triomphe de Merkel" s'accompagne aussi d'un "exit (pour) les anti-euro et les libéraux".

Au Royaume-Uni, le quotidien conservateur Daily Mail juge de son côté qu'en remportant un troisième mandat, Mme Merkel "est devenue la (Margaret) Thatcher d'Allemagne".

... mais on s'interroge

Pour le quotidien autrichien Der Standard de centre-gauche, "ce triomphe est un désastre pour son partenaire libéral au gouvernement, le FDP, qui est tombé dans un puits sans fond",

En Grèce, où règne une stricte politique d'austérité, la réélection de la chancelière n'est pas de bon augure. Le quotidien libéral Kathimerini estime que "le meilleur que peut espérer la Grèce c'est qu' (...) Angela Merkel ne remette pas à plus tard des décisions économiques cruciales pour Athènes". Sur la chaîne Star, un commentateur économique constate amèrement que "la situation pour la Grèce ne va pas changer".

Un "triomphe qui pourrait se terminer amèrement"

Le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore précise que "pour rester chancelière (...) Mutt pourrait avoir besoin d'une grande coalition en s'alliant à l'opposition social-démocrate qui a obtenu 26%".

C'est un "un triomphe qui pourrait se terminer amèrement", avertit de son côté le quotidien autrichien Die Presse (conservateur). "Le triomphe de Merkel intervient sur le dos de son partenaire de coalition au gouvernement, le Parti libéral s'est effondré (...). Et si Angela Merkel ne peut gouverner seule, son espace de liberté se rétrécira".

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Commentaires
a écrit le 24/09/2013 à 16:39 :
Les accords de l'UE et de l'Union Monétaire Européenne ont étés voulus, pondus et imposés aux autres pays membres, auquels en fait ils ne convenaient pas vraiment puisque imposant la loi du plus fort, précisement par l'axe franco-allemand qui avant chaque réunion se mettait d'accord et décidait de la marche à suivre. Alors que maintenant justement en France on vienne critiquer le comportement de l'Allemagne me parait un comble! À qui la faute de la situation économique actuelle de la Zone Euro sinon à l'axe franco-allemand
a écrit le 23/09/2013 à 16:50 :
Mine de rien, une coalition qui regrouperait 78% des suffrages exprimés de 76% des votants c'est -en théorie- le meilleur moyen de mécontenter le moins de monde possible.
a écrit le 23/09/2013 à 16:33 :
Traiter Madame MERKEL de tas d'chair: ce n'est pas bien. Plus sérieusement, pour parler d'Angela, rares sont les personnes qui arrivent à ce niveau d'un Etat en gardant autant de simplicité et de charisme à la fois.Je crois que cela s'appelle la grande classe.Son peuple ne s'y est pas trompé.
a écrit le 23/09/2013 à 13:02 :
tout comme les français se complaisent dansle bashing tatcher, ils aiment aussi critiquer Merkel. maisles anglais ont ré-élus deux fois tacther, et les allemands ont fait le bon choix du courage, des réformes, du progrès : pas de déficit, peu de chomage, gros excédent, quand en france on a 5 millions de chomeurs, 2000 milliards de dette, 10 milliards de déficit extérieur, le record de mauvaise dépense publique improductive... oui mais en allemagne il y a de la précarité ! et pas en france ? et il faut mieux un petit salaire et avoir du travail qu'être au chomage certes bien payé en france, mais sur le dos de la dépense publique donc des impôts, charges.. qui tuent l'emploi !!! il y a ceux qui gérent bien et ceux qui s'enfoncent dans l?immobilisme, l'état providence, le déni de réalité ...
a écrit le 23/09/2013 à 10:29 :
Ce qui est le plus frappant quand on compare les élections en Allemagne et et France, c'est la maturité des electeurs et politiciens outre Rhin. Bien qu'ils se soit opposé pendant des semaines, les perdants on tous félicité Merkel et attendent maintenant son initiative pour former une coalition. En Allemagne on ne frole pas la guerre civile (voir le marriage gay par ex.), on accepte les regles de la démocratie. Faut dire qu'ils ont une sacré expérience avec un autre systeme. En Allemagne il n'y apas vraiment de pla ce pour les raciste et les cocos au parlement. Et c'est bien comme ca.
a écrit le 23/09/2013 à 9:37 :
Merkel ne s'est pas élue toute seule que je sache ! Pour la presse française et celle des pigs, le peuple allemand a mal voté, il faut donc le changer ! Merkel n'a pas oublié d'où elle vient, sait ce qu'est le socialisme et ce qu'il advient de tout pays qui flirte avec ! Bonne chance à la république socialiste de François Hollande !
a écrit le 23/09/2013 à 9:23 :
En Aout, Kai A. Konrad, conseiller en chef du ministre allemand des Finances, qui s?attend à l?effondrement de la zone euro disait que désormais la priorité n'est plus de sauver l'euro mais l'europe. Maintenant que Merkel est encore plus renforcée, alors nous allons voir ce qui va se passer ... http://www.les-crises.fr/enorme-lallemagne-ne-peut-pas-sauver-la-zone-euro-par-kai-a-konrad/
a écrit le 23/09/2013 à 9:01 :
francais devraient en prendre de la graine , voila une dirigeante politique qui ne se met jamais en avant, qui bosse beaucoup et ne s attele qu a l interet general .
on a plus vu un tel homme d Etat en France depuis raymond barre .
les allemands aiment beaucoup ce style,les francais sont en demande mais n ont que des petits colbert autoproclamés qui veuent regir nos vies et le moindre pan de l économie , qui passent leur temps a soigner leur ego et a preparer leur reelection .
Réponse de le 23/09/2013 à 9:34 :
Ah ! Pourvu que Merkel nous débarrasse de flanby, vite fait !
a écrit le 23/09/2013 à 8:59 :
Comme quoi un dirigeant qui fait bien son travail sans promettre n importe quoi pour se faire elire arrive a se faire elire et reelire. Le FDP qui avait la derniere fois promis des baisses massives d impots a paye le prix de ses mensonges et a ete raye du parlement.
Lecon a mediter par notre classe politique francaise, qui croit se faire leire en disant n importe quoi et en capitalisant sur le rejet du titulaire actuel du poste). Ca ete vrai pour Sarkozy, puis manintenant Hollande et bientot Cope (qui promet des baisse d impotsa la FDP mais en se gardant bien de dire ou il va sabrer dans les depenses)
a écrit le 23/09/2013 à 8:38 :
notre normal président va paraitre encore plus petit meme si déja il est ras du bitume

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