1 milliard d'euros: valeur des tableaux volés à des Juifs par les nazis et retrouvés dans un appartement

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Un milliard d'euros. C'est la valeur estimée de 1.500 toiles de maitres découvertes en 2011 dans un vieil appartement insalubre de Munich, selon l'hebdomadaire allemand Focus. Et l'histoire ne s'arrête pas là. Après deux ans d'expertise dans le plus grand secret, les enquêteurs ont découvert qu'il s'agissait d'œuvres confisquées ou rachetées à bas prix à des Juifs durant la période nazie en Allemagne.
L'octogénaire chez qui ces œuvres ont été retrouvées les cachait là depuis 50 ans après les avoir reçues de son père. Parmi elles, on compte des toiles de Matisse, Picasso, Chagal, ou encore les peintres allemands Emil Nolde, Franz Marc, ou encore Max Beckmann. Durant toutes ces années, elles ont servi de bas de laine à cet héritier peu regardant, qui en vendait régulièrement pour vivre. Il a fini par être repéré par le fisc allemand suite à des agissements suspects lors d'un voyage en Suisse.
Juste avant la perquisition de son appartement, il avait d'ailleurs vendu aux enchères une peinture de Max Beckmann pour 864.000 euros, selon le Spiegel. Meike Hoffman, l'historien qui s'est chargé de l'estimation de cette collection totalement inédite, tente depuis 2011 de retrouver les anciens propriétaires de ces œuvres.
Au cours de son enquête, le magazine Focus a découvert que Hildebrand Gurlitt, le père du solitaire octogénaire, avait en fait travaillé pour les nazis à la recherche des œuvres d'art détenues par les Juifs.
Au départ peu apprécié des nazis notamment à cause d'une grand-mère juive, sut grâce à ses innombrables contacts et à ses immenses connaissances artistiques se rendre indispensable auprès des dignitaires du IIIe Reich. Il fut ainsi notamment chargé par le ministre de la Propagande, Joseph Goebbels, de vendre dans des pays étrangers des tableaux d'"art dégénéré", comme l'appelaient les nazis, exposés dans des musées allemands.
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Après la seconde guerre mondiale, il avait réussi à s'en sortir en expliquant avec succès aux autorités que sa grand-mère était elle même juive, et que s'il a bien travaillé en partie pour les nazis, il avait aussi aidé certains Juifs à financer leur fuite en leur rachetant leurs œuvres. Ses détracteurs, eux, l'accusaient d'avoir profité de l'état de faiblesse des Juifs concernés pour les avoir sur le prix.
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