Sabine Lautenschläger : « Je me ferai ma propre opinion » sur la BCE

Sabine Lautenschläger, pressentie pour entrer au directoire de la BCE, a répondu aux questions des parlementaires européens chargés d’examiner sa candidature. Avec une grande prudence.
Sabien Lautenschläger n'a pas encore sa propre opinion sur la politique monétaire de la BCE...
Sabien Lautenschläger n'a pas encore "sa propre opinion" sur la politique monétaire de la BCE... (Crédits : Reuters)

Sabine Lautenschläger, l'actuelle vice-présidente de la Bundesbank, pressentie pour entrer dans le directoire de la BCE a avancé prudemment lors de son audition devant la commission économique et monétaire du parlement européen. Une audition au cours de laquelle lui a été posée la seule question qui vaille : se sent-elle proche de son ancien patron, le président de la Buba, Jens Weidmann, ou de son futur patron, l'Italien Mario Draghi, qui a régulièrement droit aux foudres du précédent ?

Pas d'opinion pour la vice-présidente de la Buba…

« Je me ferai ma propre opinion », a répondu Sabine Lautenschläger. Réponse étonnante pour une banquière centrale d'expérience qui dispose de toutes les compétences pour entrer dans le directoire de l'une des principales banques centrales du monde, mais qui n'aurait pas encore d'idées sur la politique monétaire de l'Eurosystème dont la Bundesbank, rappelons-le, est une part importante…

Prudence, prudence

En réalité, Sabine Lautenschläger refuse de se dévoiler. Elle sait que le parlement s'est souvent montré critique avec les « faucons » monétaires. Même si l'avis du parlement n'est que consultatif, elle ne veut pas être contestée comme l'a été avant elle le Luxembourgeois Yves Mersch. Elle a donc donné quelques gages de sa nouvelle allégeance à Mario Draghi, notamment en admettant, à la différence de Jens Weidmann, que le programme de rachat d'obligations souveraines de la BCE jouait un rôle dans la meilleure transmission de la politique monétaire. Mais comme la Bundesbank, elle a mis en garde contre le fameux « aléa moral » qui conduirait les pays périphériques bénéficiant de cette protection de la BCE à ne pas se réformer.

L'anti-Draghi ?

Même position sur les taux bas. La Bundesbank a voté contre les deux dernières baisses de taux. Sabine Lautenschläger ne conteste pas le bien fondée de ces baisses de taux, mais met en garde contre les effets à long terme des taux bas. Bref, une prudence toute diplomatique. Mais qui ne peut tromper : en tant qu'ex-bras droit de Jens Weidmann, Sabine Lautenschläger aura une fonction politique au sein du directoire de la BCE. Berlin a proposé sa candidature pour envoyer un signe à son opinion publique très critique vis-à-vis de Mario Draghi.

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Commentaire 1
à écrit le 15/01/2014 à 15:14
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Mme Lautenschläger a droit à "sa propre opinion" qu'elle exposera librement au sein de la BCE. Mais elle sera tenue par les règles internes actuelles de la BCE à ne pas les rendre publiques et à accepter la règle du consensus qui - comme il se doit -...

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