Europe : le vain ultimatum de Londres de plus en plus isolé

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George Osborne, chancelier de l'Echiquier, a lancé un ultimatum à l'Europe
George Osborne, chancelier de l'Echiquier, a lancé un ultimatum à l'Europe (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
George Osborne a donné le choix à l'Union européenne: ou elle se réforme, ou elle verra le Royaume-Uni la quitter. Mais ces menaces risquent de ne faire peur à personne.

Le Royaume-Uni lance un ultimatum à l'Europe. Un an après le fameux discours sur l'Europe de David Cameron où le Premier ministre britannique annonçait un référendum en 2017 sur le maintien ou non du pays dans l'UE, le chancelier de l'échiquier (ministre des Finances) George Osborne a mis en garde : ou l'Europe se réforme, ou le Royaume-Uni quittera l'UE.

Réforme ou sortie

L'idée développée par George Osborne vise à obtenir une réforme en profondeur des traités européens pour définir la place des pays qui, comme le Royaume-Uni, ne souhaite pas entrer dans l'euro. Il s'agit de faire pendant au processus en cours d'intégration accélérée de la zone euro qui est en place depuis le début de la crise de la zone euro. « Si nous ne pouvons protéger les intérêts collectifs des pays non membres de la zone euro, alors ces derniers n'auront pas d'autres choix que d'entrer dans l'Union économique et monétaire… ou de quitter l'UE », a indiqué le chancelier de l'Echiquier.

Pression politique intérieure

Le contenu des réformes souhaitées par le gouvernement britannique reste assez flou. Cet ultimatum révèle surtout une double réalité : un isolement croissant de Londres sur la scène européenne et une pression constante des eurosceptiques sur la scène intérieure. Le dernier sondage de Yougov sur les prochaines élections européennes montrent ainsi des « Tories » en troisième position avec seulement 23 % des intentions de vote contre 32 % pour les travaillistes et 26 % pour le parti eurosceptique de Nigel Farage, le UKIP. Les Libéraux-démocrates n'obtiendraient que 9 % des voix. Logiquement, le gouvernement est pris de panique et tente de montrer à son opinion sa fermeté vis-à-vis de l'UE.

Londres isolée en Europe

Autre point déterminant : Londres perd progressivement ses alliés traditionnels dans l'UE. Le divorce est désormais consommé avec la Pologne depuis que Varsovie s'est alliée à Berlin et Paris sur le cas des travailleurs détachés. Le ministre des Affaires étrangères polonais, Radolsaw Sikorski a également montré de l'irritation face à la stigmatisation par le gouvernement de Londres de l'immigration intra-européenne et à la dénonciation du « tourisme social. » Bulgarie et Roumanie ne cachent pas non plus leur colère.

Le vent tourne également en République tchèque où le nouveau Premier ministre, qui dirige une coalition de centre-gauche, vient de faire de l'entrée de l'euro en 2020 une priorité, alors que le pays menait jusqu'ici une politique eurosceptique : en 2011, il avait été le seul, avec le Royaume-Uni, a rejeté le traité sur le MES et le pacte budgétaire. Enfin et surtout, Berlin, un temps tenté par l'alliance avec Londres et par un changement de traités, semblent moins enthousiaste. Londres est décidément de plus en plus seule. Et tente donc de peser en jouant sur le chantage : retenez-moi ou je fais un malheur…

Un chantage qui restera lettre morte ?

L'ennui, c'est que ce chantage risque de ne guère porter. En Europe, l'initiative est aujourd'hui clairement du côté de Berlin. Désormais assurée après le discours de François Hollande, de voir Paris ralliée à ses choix économiques pour la zone euro, l'Allemagne n'a guère besoin de s'appuyer sur un allié aussi encombrant que Londres. Elle a plutôt intérêt à poursuivre « l'intégration de la zone euro » à sa façon. L'ultimatum de George Osborne pourrait donc bien rester lettre morte…

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a écrit le 22/01/2014 à 13:55 :
Londres ne fait pas un chantage. Un nombre grandissant d'anglais veut sortir de l'UE tout simplement. Les raisons en sont nombreuses, mais la principale est la perte de souveraineté devant une bureaucratie non élue de plus en plus omnipotente. Le présenter comme une tentative de chantage, alors que le pouvoir en place est contraint par son calendrier politique à fait jour à cette demande légitime, est douteux.
a écrit le 17/01/2014 à 6:23 :
il y a un seul modèle économique viable: le libéralisme. Dans son spectre le libéralisme peut être franchement social, comme la France (trop car nous en crevons) ou franchement libéral comme le USA ou Hong Kong. Le royaume uni a place son curseur social au centre La CEE avec ses politiques d'austérité, recentré le curseur vers un équilibre plus viable. Ainsi donc la demande du Royaume uni est vidé de sa substance. Il s'agit d'une gesticulation de Cameron car c'est aujourd'hui l'Allemagne qui noyaute la CEE et qui a pris la place au lobby anglais.
Réponse de le 17/01/2014 à 14:29 :
Pas CEE mais UE.
a écrit le 16/01/2014 à 20:12 :
Le chantage n'aura aucun effet sur une Europe qui veut avancer. La plupart des pays de l'UE restent unis par les idéaux européens, malgré la crise. L'union est notre unique espoir, pour pouvoir parler d'une seule voix à travers le monde. Si Thatcher avait réussi à tordre la main aux Européens à l'époque, aujourd'hui le Royaume-Uni n'a plus du tout cette influence - il devra accepter l'intégration ou quitter l'UE.
Réponse de le 16/01/2014 à 22:19 :
"la plupart des pays de l'ue restent unis par les idéaux européens" c'est très bisounours
a écrit le 16/01/2014 à 19:56 :
Je ne m'inquiète pas pour le Royaume-uni qui pense déjà à s'adapter à la prochaine crise financière pour survivre au dégâts sur le continent( le conseiller de l'échiquier a proposé un ratio plus élevé de fonds propres que celui que l'euroland va suivre) et profiter pour acheter pas cher.
Mais certains Anglais veulent sortir ou garder une porte de sortie avant que la prochaine crise ne force l'Europe ruinée à muter brutalement pour devenir un super-état social et taxeur, voir une dictature pour le dire clairement.
Qui comprend le mieux les problèmes engendrés par la dette et la finance internationale ? les banquiers, déjà avant l'Euro les banquiers de la city expliquaient tout ce qui allait se passer, et cela s'est passé, ils ont des siècles d'expérience et c'est leur boulot d'anticiper.
Réponse de le 17/01/2014 à 0:22 :
Je pense que vous inversez le pb. Ils n'ont rien "prévu" avant les autres nos amis financiers de la city, ils n'ont fait qu'annoncer avec un peu d'avance la catastrophe qu'ils ont contribuée à créer !!! La city était, avec wall street, l'épicentre de la crise des subprimes. Ils en ont tirés des enseignements avec les scandales de manipulation de taux de changes, de saisies abusives de biens portés en garantie et j'en passe. Les banquiers de la city ne prévoit pas les catastrophes, ils les génèrent car grâce à elles, ils palpent un Max comme on dit...
a écrit le 16/01/2014 à 19:31 :
Ils ont bien raison et la France devrait faire de même!
a écrit le 16/01/2014 à 18:04 :
le royaume uni fait toujours soit du chantage soit du french bashing. Mais ils ont raison de ne pas tomber dans le piège de l'euro et rentrer dan la sphère de l'allemagne. Mais ils ne sont pas fou : ils ne sortiront pas de l'ue et garderont leur monnaie.
a écrit le 16/01/2014 à 17:49 :
Il est mal Cameron !!! Quand les Brits sont dans le pétrin, ils font du French bashing, ça les rassure !!! Mais avec la perspective d'un référendum catastrophique en 2015 sur l'UE, l'indépendance de l'Ecosse (?), un déficit budgétaire de 6%, une dette supérieure à celle de la France, un déséquilibre profond du commerce extérieur.... Ils ont du pain sur la planche... Bien mal en point le lion britannique !!!!
a écrit le 16/01/2014 à 17:49 :
Un conseil aux Angles: Prenez des rames, ramez tous très fort pour traverser l'Atlantique, accostez aux USA et devenez un nouvel état américain...Et cela bien sûr avec un statut spécial comme vous les aimez, genre Puerto Rico, par exemple...Tchüss, Adios, Tchao, Adeus, Bye, Bye and have a nice stay...
a écrit le 16/01/2014 à 17:17 :
Allez y chers "cousins" insulaires, sortez de l'UE. Vous avez été menacés de désinvestissement par les patrons de Ford, Renault Nissan, Airbus et j'en passe...la city est la première place "européenne" pour le trading de l'Euro, ça aussi, ce sera perdu ! Sûrement que les autorités françaises laisseront passer plus de candidats à l'immigration illégale sur vos terres également...
On croit rêver, un max d'avantages sans les contraintes, ça c'est un raisonnement anglo-saxon.
Au fait, ce serait fandar que l'écosse vote son indépendance et demande à adhérer à l'UE...la boucle serait bouclée, vous seriez vraiment seuls les anglais !!
Réponse de le 19/01/2014 à 11:12 :
Les Anglais sont les plus forts, ils ne sont pas dans l'Euro, leur pays est capitaliste contrairement à la France, et ils ne pâtiront pas de leur sortie.

Quant à l'indépendance de l'Ecosse, c'est risible. On parle de dévolution depuis des lustres mais ce serait comme une Corse indépendante!
a écrit le 16/01/2014 à 16:52 :
Notre chère onéreuse Albion a déjà prouvé son attachement à un "allié" outre-atlantique. En nous coulant, nous Européens, de façon toute aussi claire. Aucune besoin de perfides.
a écrit le 16/01/2014 à 16:51 :
D'un côté les Anglais qui ont eu raison de ne pas rejoindre l'Euro (trop de différences macro économiques entre les pays)

D'un autre les Allemands qui veulent imposer un modèle de rigueur budgétaire qui marche chez eux à des peuples qui sont encore à l'âge de la pierre en terme de finances publiques et corruption

Enfin d'un troisième côté la foule des laissés-pour-compte de l'Europe qui se laissent tenter par les sirènes de l'isolationisme et xénophobie (et on sait sur quoi cela déboucherai : misère et dictature)

Je ne blâmerai ni les uns ni les autres, j'espère juste que l'Europe sortira grandie de cette crise et unie avec le bon modèle de gouvernance
a écrit le 16/01/2014 à 16:08 :
Georges Osborne connait pas.Facile de ce la joué matamore quand on a un pied de chaque coté.Finalement cette situation intermédiaire plait beaucoup à Cameron.
a écrit le 16/01/2014 à 16:01 :
Tout ca c est evidemment du chantage pour conserver voire obtenir encore plus d exemptions .
Londres se détournerait de Berlin ? La bonne blague, n oublions jamais que la famille royale britannique est de sang germanique.
L alliance germanoanglaise est vieille de plusieurs siècles,soit la France se soumet encore soit elle arrete de baisser les yeux.
Mais avec les hollande,copé et cie on a guère de doutes ..
Réponse de le 19/01/2014 à 9:09 :
l'alliance germanoanglaise... c'est vrai qu'en 14, en 39, ou depuis l'UE ca marche du tonnerre
a écrit le 16/01/2014 à 15:49 :
Pas du tout isole, les peuples n'en peuvent plus de cette europe qui les tirent vers le bas dans tout les domaines et ils attendent que le premier pas soit fait alors allons y ! et pour debuter quittons cette monnaie d'escroc, l'euro
a écrit le 16/01/2014 à 15:03 :
Qu ils partent ,bon débarras .
a écrit le 16/01/2014 à 14:54 :
Pauvre peuple britannique, pilier européen, père de la démocratie et de la liberté en Europe, prit dans la défense forcenée de la city et du blanchiment de la finance mondiale. Une démonstration parfaite de ce qu il peut se passer quand une mafia devient trop puissante.moi je ne leur tournerai pas le dos et ce peuple à toute sa place dans le projet européen. Je pense qu il n y aura pas de référendum et espère que les travaillistes seront capables de revenir dans le jeu pour apporter le point de vue utile des britanniques.
a écrit le 16/01/2014 à 14:06 :
Il faut que la France soit flasque et passive depuis le début, pour que le Royaume Uni ait obtenu depuis longtemps un statut si particulier et qu'il ne cesse d'être centrifuge. Mais que "fout-on" avachis dans pareille galère saturée dans l'obésité délétère de ses gonflements ? On est masochistes ?
Réponse de le 16/01/2014 à 14:58 :
On pointe les britanniques du doigt, non sans raison, mais tous les pays européens défendent leurs propres intérêts et nous ou les allemands les premiers. C est le problème de l UE pour moi car qui des lors s occupe de l intérêt de tous les européens? Il faudra en finir avec ces égoïsmes et se faire confiance.
Réponse de le 17/01/2014 à 16:16 :
Kevin J'ai pleinement confiance dans le peuple européen qui est plein de bon sens,n'en doutons pas un seul instant,mais de là à ouvrir tout grand le porte monnaie pour arroser les pays soit défaillants soit sous dimensionné économiquement il y a là vous en conviendrez une limite économique à la bien séance.Nous aussi nous avons nos pauvres.
a écrit le 16/01/2014 à 14:01 :
Je trouve anormal pour un journaliste de faire autant de fautes dans un article de même pas 600 mots ! Faites-vous relire au moins !!!
Réponse de le 16/01/2014 à 16:52 :
cé vré, cé intolayrable
a écrit le 16/01/2014 à 13:45 :
Eh oui les anglais c'est l'allemagne qui commmande en Europe. En tout cas je vous conseile de ne pas rentrer dans le mark et de vous rapprocher des anglosaxons.
Réponse de le 16/01/2014 à 15:11 :
Marco, les allemands sont également des anglo-saxons.
Réponse de le 16/01/2014 à 15:18 :
Des Saxons en Allemagne sans aucun doute(mais pas seulement) par contre des Angles non
Réponse de le 19/01/2014 à 0:58 :
Pas évident:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anglo-Saxons

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