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ÉconomieUnion européenne

La Banque d'Angleterre contre une union monétaire avec une Écosse indépendante

Photo de Romaric Godin

Romaric Godin

Publié le 30 janvier 2014 à 14:13 - Mis à jour le 30 janvier 2014 à 16:06

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En cas d'indépendance, le Premier ministre écossais veut conserver la livre. Mais le gouverneur de la banque d'Angleterre prévient : il faudra accepter des abandons de souveraineté pour éviter un scénario à la zone euro

L'idée d'une union monétaire entre l'Écosse et ce qui restera du Royaume-Uni en cas de séparation n'est guère du goût de la banque d'Angleterre. Mercredi à Edimbourg, son gouverneur, le Canadien Mark Carney, tout en insistant sur sa « neutralité » dans cette affaire, a mis en garde contre un scénario à la « zone euro. »

Les indépendantistes pour une union monétaire

En cause, le « pacte sterling » (Sterling Pact) proposé par Alex Salmond, le premier ministre écossais leader du parti nationaliste SNP et ancien économiste de la Royal Bank of Scotland (RBS). Alex Salmond propose que l'Ecosse indépendante conserve la livre sterling comme monnaie et que la Bank d'Angleterre demeure la banque centrale de l'Ecosse indépendante. Ce « pacte » est un élément clé de la rhétorique du SNP qui vise à ne pas trop effrayer les Ecossais sur les conséquences d'une indépendance.

Comparaisons avec la zone euro

Pour Mark Carney, cette union monétaire ressemble furieusement à la zone euro compte tenu de la divergence des performances économiques entre l'Ecosse et l'Angleterre. L'Ecosse aura bien du mal à se financer et à devenir compétitive sans disposer de la souveraineté monétaire. En cas d'union monétaire, elle pourrait donc développer des déséquilibres débouchant sur une crise de la dette. Le Royaume-Uni se verra alors obligé pour conserver la « zone livre » de renflouer l'Ecosse. Et l'Ecosse devra, en retour, renoncer à une partie de sa souveraineté économique.

Un nécessaire contrôle sur le budget écossais

Pour que le Royaume-Uni résiduel accepte cette union monétaire, il faudrait donc que l'Ecosse accepte un contrôle sévère sur sa politique économique et budgétaire. C'est ce qui se met en place dans la zone euro. Or, précisément, un des arguments d'Alex Salmond est qu'une Ecosse indépendante pourra reprendre le contrôle de son budget. Pour Mark Carney, « une union durable et réussie requiert de céder de la souveraineté nationale. » Un peu contradictoire, donc, avec la volonté de liberté nationale avancée par le SNP.

Les arguments des indépendantistes « démolis » ?

Les propos de Mark Carney ne sont pas étonnants. Ils sont en ligne avec la position du Trésor britannique. « Ce sont les raisons pour lesquelles le gouvernement britannique a constamment dit que, dans le cas d'une indépendance écossaise, une union monétaire est très pu probable », a indiqué un porte-parole du Trésor. Allistair Darling, ancien chancelier de l'Echiquier travailliste et figure de proue des « non » à l'indépendance estime de son côté que Mark Carney a « démoli » les arguments d'Alex Salmond.

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Argument à double tranchant

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Reste à savoir si cet aspect monétaire de la question de l'indépendance pèsera sur le référendum prévu le 18 septembre prochain, alors que le dernier sondage a montré une forte poussée des « oui. » Le Guardian estime, ce jeudi, que cette question « n'est pas ce qui intéresse l'électeur écossais. » Mieux même, estime la quotidien, l'argument de Mark Carney peut être « à double tranchant », beaucoup d'électeurs se disant que, le refus de Londres de former une union monétaire montre combien les Anglais méprisent les Ecossais. Pourquoi, alors, ne pas se séparer et.. créer sa propre monnaie ?

Romaric Godin

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