Athènes n'a "pas besoin de troisième plan d'aide" (Premier ministre grec)

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La Grèce atteint déjà ses objectifs avec le deuxième plan d'aide, explique Antonis Samaras, le Premier ministre. (Reuters/Christian Hartmann)
La Grèce atteint déjà ses objectifs avec le deuxième plan d'aide, explique Antonis Samaras, le Premier ministre. (Reuters/Christian Hartmann) (Crédits : Reuters/Christian Hartmann)
Le plan d'aide actuel "fonctionne", et la Grèce n'a pas besoin d'en demander un nouveau, assure son Premier ministre Antonis Samaras dans un entretien au tabloïd allemand Bild, qui paraît ce lundi.

Conviction ou méthode Coué? Dans un entretien au tabloïd Bild, le Premier ministre grec Antonis Samaras a assuré que son pays n'avait pas besoin d'un nouveau plan de sauvetage, qui serait en préparation à Berlin.

10 à 20 milliards d'euros

La semaine dernière, l'hebdomadaire Der Spiegel assurait que le ministère des Finances allemand travaillait à la réalisation d'un troisième plan d'aide à Athènes, sans réduction de la dette.

Cette aide, accordée selon le journal avant les élections européennes de mai, comporterait soit une nouvelle restructuration de la dette, soit un nouveau programme de soutien. Le montant de cette nouvelle aide serait de 10 à 20 milliards d'euros.

>> Lire : Berlin prépare un troisième plan d'aide pour la Grèce

L'actuel plan d'aide "fonctionne"

La réponse d'Athènes, par l'intérmédiaire du Premier ministre Antonis Samaras, ne s'est pas faite attendre :

Nous n'avons pas besoin d'un troisième plan d'aide. Nous atteignons notre objectif avec l'actuel plan d'aide, et cela fonctionne.

La Grèce a été le premier pays européen placé en 2010 sous assistance financière de la Troïka UE-BCE-FMI qui lui a accordé deux programmes de prêts d'un montant total de 240 milliards d'euros pour éviter la faillite, en échange de mesures drastiques d'économies qui pèsent lourdement sur le quotidien de la population.

Allègement de la dette

Face à une opinion très critique envers l'austérité, le gouvernement grec répète ne pas avoir besoin d'une nouvelle aide. Athènes rejette ainsi tout nouveau "mémorandum" sur un soutien financier mais demande l'allègement du poids de sa dette, en vertu d'engagements pris par ses partenaires européens en 2012. Ce qu'a rappelé Antonis Samaras dans l'interview à Bild :

Il y a un accord avec l'UE qui prévoit que si nous atteignons nos objectifs parmi lesquels un excédent budgétaire primaire, nous pouvons compter sur un allègement de notre dette, par exemple sous la forme de maturités plus longues et de taux plus bas.

Athènes table sur un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) pour 2013, qui sera "significatif", a insisté le premier ministre grec. "Avec nos progrès, nous dépassons dès maintenant toutes les attentes", a-t-il estimé.

"Pas de chiffres fiables"

"Il n'y a pas encore de chiffres fiables sur le déficit et le niveau de la dette pour 2013", a toutefois souligné ce week-end dans la presse allemande le directeur général d'Eurostat, Walter Radermacher. En attendant que l'office européen des statistiques livre ces données fin mars, "tous les autres chiffres qui sont annoncés ne sont que pure spéculation", a-t-il mis en garde.

La question de l'allongement de la maturité des emprunts grecs et d'une éventuelle baisse de leur taux "devra être abordée dans le détail en milieu d'année", a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble dans une interview diffusée dimanche soir sur la chaîne de la télévision publique allemande ARD.

"Gros progrès" de la Grèce

Le ministre a salué les "gros progrès" faits par la Grèce, tout en estimant qu'elle n'était pas tirée d'affaires.

Vers la fin du deuxième plan d'aide, qui se termine "à la fin de l'année, s'il y a un besoin financier particulier, et je suppose qu'il y a un certain besoin financier, nous serons prêts à parler de mesures supplémentaires si la Grèce a d'ici là répondu aux exigences", a-t-il dit.

Avant de poursuivre: "Concernant les réformes structurelles, la Grèce n'a pas encore fait tout ce que le Troïka estime nécessaire". D'où la volonté de l'Allemagne, notamment, de faire adopter un troisième plan d'aide.

Baisse du niveau de vie

Le Premier ministre grec, se son côté, a réfuté auprès du journal une information relayée une semaine plus tôt dans ses colonnes. Le Bild avait en effet expliqué que les Grecs possèdent en moyenne un patrimoine plus important que les Allemands.

>> Lire : Grèce : Bild Zeitung sort l'arme du mensonge pour sauver le contribuable allemand...

Les statistiques de la banque centrale allemande, la Bundesbank, sont "basée(s) sur des données de 2009 et ne reflète(nt) pas les conditions de vie réelles", a-t-il fait valoir, évoquant un taux de chômage passé à 27% de la population active et le recul de 40% en six ans du niveau de vie des Grecs.

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Commentaires
a écrit le 10/02/2014 à 15:47 :
Ce ne sont pas aux grecs de decider de leur politique mais comme pour nous aux allemands
a écrit le 10/02/2014 à 11:08 :
Il dit qu' il n a besoin de rien , mais les allemands veulent leur refiler 10 ou 20 mds. A cela 2 possibilités . La première est bancaire , la seconde c est pour endetter davantage les pays contributeurs . Ne pas s en mêler pour nos dirigeants est une démission ou une capitulation .
Réponse de le 10/02/2014 à 12:16 :
de nombreuses raisons dont la principale des élections à venir où il pourrait disparaître des écrans tant les grecs ont été spoliés. Oui les européens sont toujours prêts pour ne pas faire l'expérience d'une sortie d'un pays de l'Europe car qui pourrait alors envisager l'avenir radieux comme la prière le diffuse?

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