Coût du travail : la France réduit l'écart face à l'Allemagne

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L'Allemagne dispose d'un coût du travail industriel inférieur de 1 % à celui de la France
L'Allemagne dispose d'un coût du travail industriel inférieur de 1 % à celui de la France (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le coût du travail est resté stable en France en 2013, il a progressé de 2,12 % en Allemagne. L'avance allemande se réduit notamment dans l'industrie...

Le coût du travail en Allemagne reste inférieur à celui de la France, mais l'écart se réduit. Selon les chiffres rendus publics ce lundi 12 mai par Destatis, l'office fédéral allemand des statistiques, une heure de travail dans l'économie privée coûte 31,70 euros en Allemagne contre 35 euros en France. C'est donc 9,4 % de moins. Néanmoins, la tendance est plutôt à la convergence puisque, par rapport à 2012, le coût du travail moyen a progressé de 2,1 % outre-Rhin contre 0,2 % en France. L'écart était alors de 11,2 % en faveur de l'Allemagne. La réduction de cet écart s'explique principalement par les situations sur le marché du travail. L'Allemagne connaît une décrue du chômage et des pénuries dans certains secteurs, tandis que la France voit son chômage progresser. Logiquement, la mise en place du salaire minimum devrait encore confirmer la tendance, même si le patronat allemand va tenter de limiter les hausses de salaire outre-Rhin pour réduire ses effets. Tout ceci commence à inquiéter certains analystes. Ceux de Credit Suisse par exemple, estiment dans une étude publiée ce lundi que « la compétitivité allemande recule. »

L'Allemagne conserve l'avance acquise entre 2003 et 2010

On notera néanmoins que l'écart reste important, notamment parce que le coût du travail a progressé beaucoup plus vite en France qu'en Allemagne entre 2003 et 2010. Durant cette période, la croissance annuelle moyenne de ce coût a été de 3,4 % par an, soit 2,5 fois plus qu'outre-Rhin. Depuis 2011, la tendance s'est inversée : le coût du travail a progressé en moyenne annuelle de 2,7 % en Allemagne contre 1,9 % en France. Si elle se réduit, l'avance allemande conserve encore une marge de sécurité importante.

L'écart se réduit dans l'industrie

Cette compétitivité de l'Allemagne ne repose cependant pas sur l'industrie manufacturière. Dans ce domaine, l'avance de l'Allemagne n'est que de 1 % par rapport à la France (36,20 euros par heure contre 36,70 euros), et elle se réduit rapidement : elle était de 3,4 % en 2012. L'avance allemande se situe donc dans le domaine des services, moins confronté à la concurrence internationale. Néanmoins, ce faible coût du travail dans les services aux entreprises, ajouté à la capacité d'innovation allemande, constitue un élément clé de la compétitivité externe des entreprises allemandes.

L'Italie perd du terrain

Cette statistique révèle un autre élément, à contre-courant du sentiment si souvent répandu en France : la France ne perd pas pied en terme de compétitivité prix. On remarque ainsi que le coût du travail italien, malgré l'austérité et la crise, a encore progressé de 2,2 % en 2013, soit plus vite que l'Allemagne et 2 points plus vite que la France. Dans le secteur manufacturier, la hausse est certes plus modeste (+0,7 %), mais elle est supérieure à celle de la France (+0,2 %). L'Italie reste nettement moins chère que la France (l'heure de travail y coûte 28 euros en moyenne et 27,5 euros dans l'industrie), mais elle perd de la compétitivité coût vis-à-vis de l'Hexagone.

L'Espagne améliore son coût dans l'industrie

Face à l'Espagne, autre pays en « ajustement » concurrent de la France, notre pays fait également bonne figure. Le coût du travail espagnol progresse en effet plus vite en 2013 (+0,3 %). Dans l'industrie manufacturière, en revanche, le coût du travail a reculé de 0,9 %. Dans ce cas, face a l'Espagne, la France a perdu de la compétitivité.

Suède en tête, Bulgarie en queue

Globalement, la Suède est le pays le plus « cher » de l'UE avec une heure de travail à 43 euros (44,8 euros dans l'industrie), suivie par la Belgique et le Danemark. En bas de classement, on trouve la Lituanie, la Roumanie et la Bulgarie (où l'heure de travail s'élève à 3,70 euros, 3 euros dans l'industrie). Ces chiffres ne doivent cependant pas être pris comme des indicateurs de compétitivité et de croissance. D'abord parce qu'ils doivent être corrigés du coût de la vie. Ensuite, parce que le coût du travail n'est qu'une partie de la compétitivité d'un pays. La productivité, l'innovation, la structure de la production, l'implantation sur les marchés extérieurs sont également des éléments importants. Aussi peut-on ainsi souligner que, depuis 2011, les deux pays les « moins chers » d'Europe, Roumanie et Bulgarie, n'ont guère connu de croissance, tandis que l'économie suédoise reste dynamique.

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Commentaires
a écrit le 30/08/2015 à 18:41 :
Encore une fois le coût du travail est mis en avant dans le manque de compétitivité des entreprises industrielles françaises en oubliant quelques paramètres: vieillissement des dirigeants français, positionnement sur de vieux marchés avec des produits "has been",émiettement des entreprises trop petites pour exporter, manque d'ETIC, peu d'investissement des entreprises industrielles privées qui comptent sur l'Etat tout en condamnant son intervention, frilosité des banques dans le capital risque, fatuité dune caste de dirigeants d'entreprises qui les condamne à l'incompétence. Et pendant ce temps une croissance forte dans les zones amérique asie, afrique. Et le travailleur français est la cause majeure du manque de compétitivité de l'économie française?
a écrit le 16/05/2014 à 14:09 :
Le cout du travail n´ est un facteur. Ce qui compte en fin c´est la productivité, l efficiacité et l´innovation. Pour rattraper l´ Allemagne il faudra se lever tôt, très tôt !!
Voyez le degré d´automation des PME allemandes et vous aurez compris.
a écrit le 14/05/2014 à 16:44 :
Un autre billet fallacieux comme d'hab.
a écrit le 13/05/2014 à 11:42 :
même si le coût du travail éait inférieur en France à celui de l'Allemagne, celà ne changerait rien car nous n'avons pas les entreprises performantes qu'il nous faut, notamment en exportation, pire le différentiel que vous soulignez de plus de 2% provient des augmentations de salaires largement distribuées en Allemagne, alors qu'en France GATTAZ prône 1% au mieux cette année et encore pour celles qui le peuvent.
a écrit le 13/05/2014 à 11:02 :
Est ce la France qui réduit l'écart ou l'Allemagne. Il semble pourtant évident qu'en ce moment la France attend tout des autres pays Européens . A part bloquer les retraites et les salaires et augmenter les impôts nos dirigeants ont peu d'idées.
a écrit le 13/05/2014 à 7:30 :
On se demande si dans l'article il vaut mieux être du coté de la Suède ou de la Bulgarie. Apparemment pour les salariés c'est la Suède et pour les entreprises la Bulgarie. Mais pourquoi n' y a t-il pas de disparités aussi importantes dans les rémunérations des parlementaires européens, qui vivent normalement dans leur pays d'origine ?
a écrit le 13/05/2014 à 0:55 :
Toujours la course au moins disant tout en négligeant la qualité de la main d'oeuvre...
a écrit le 12/05/2014 à 20:06 :
L'Europe, le rêve : tout ces peuples qui se font la course au meilleur coût du travail, c'est génial, le grand capital gagne à chaque coup !
En plus avec l'Euro, plus d’ajustement monétaire possible, donc obligation de jouer ce jeu pervers du moins disant - que vous le vouliez ou non, c'est la course à échalote perpétuelle.
Et attendez, peut être bientôt de nouveaux joueurs, et pas des moindres, avec l'Ukraine...
a écrit le 12/05/2014 à 18:52 :
Et si on parlait du smic espagnol, les français en tomberaient de leur chaise ! Les gens ne peuvent plus vivre et certains salaires allemands sont pires ! Merci l'Europe
a écrit le 12/05/2014 à 18:27 :
Le cout du travail d'un français appelé Pierre Gattaz nuit gravement à la statistique française.
a écrit le 12/05/2014 à 18:24 :
Avec le traité transatlantique le cout du travail va baisser partout en Europe.
a écrit le 12/05/2014 à 16:44 :
Oui mais nous sommes bien plus chere que le Soudan (a cause de la gauche)
Réponse de le 12/05/2014 à 21:56 :
??? Pourquoi la gauche? Ils ont gardé les salaires figés... La dernière "augmentation" est celle faite par Sarkozy (beaucoup pour les riches et peu pour les pauvre) quand il a fait perdre du pouvoir d'achat avec ! Et ce pour un coût du travail toujours plus élevé et des produits toujours plus cher.
a écrit le 12/05/2014 à 16:31 :
Question existe-t'il le meme genre d'analyse pour comparer le cout de l'heure vendue entre les pays?
Manière aussi interessante de comparer si le pays continue à creér de la valeur.
Merci d'avance
a écrit le 12/05/2014 à 15:56 :
celui qui gagnera le match sera celui qui paie le moins ses salariés. ALLEZ LA FRANCE !
Réponse de le 12/05/2014 à 18:20 :
St c'est l’humour, soit vous n'avez pas lu la fin de l'article où il est dit que la Suède paie bien et ne connais pas la crise.
Réponse de le 12/05/2014 à 20:09 :
Merci pour la précision, la Suède n'est pas dans l'Euro, exemple à suivre ?
Réponse de le 12/05/2014 à 22:30 :
ils ont raison les suèdois.
a écrit le 12/05/2014 à 15:07 :
contrairement à Gattaz, je ne suis pas favorable à une baisse du smic, ni à un smic jeunes ! Par contre, il faut désindexer les revenus sociaux qui encourage l'oisiveté.
Il faut aussi que, lorsqu'un employeur donne sa chance à un jeune (ou moins jeunes, d'ailleurs), il puisse mettre fin au contrat s'il le juge préférable... je rappelerais juste à ceux qui considèreraient que les patrons en profiterait, que lorsqu'on embauche quelqu'un, qu'on le forme à un poste, on a qu'une envie : le garder !! (mais s'il ne convient pas, c'est un boulet dont l'entreprise doit pouvoir se séparer !)
Réponse de le 12/05/2014 à 15:38 :
il y a quand même un paquet d'outils et d'aides en France pour recruter, évaluer les gens et éventuellement ne pas donner suite.
c'est sûr que recruter cela doit faire peur dans la société de défiance française. j'avoue que je ne l'ai jamais fait. mais je pense qu'à un moment, il faut savoir faire confiance et savoir faire en sorte que le collaborateur ait envie de donner le meilleur.
Réponse de le 12/05/2014 à 16:15 :
Effectivement vous n'avez pas eu besoin d'employer. Le problème n'a rien à voir avec une société de "défiance" mais est beaucoup plus terre à terre.
Réponse de le 13/05/2014 à 0:09 :
tu peux être un peu plus explicite l'ami ?
si toi tu embauches et/ou diriges une boîte, tu dois aimer le concret, la clarté, l'efficacité. alors sois précis.
il est avéré que recruter fait peur, notamment chez les dirigeants de PME. Il est avéré aussi que la France est une société de défiance, que les français n'ont pas confiance en eux et ne se font pas confiance. cela doit amplifier la peur d'embaucher.
donc, expliques ce que tu contestes. c'est clair ?
tu veux dire que tous les outils français ne donnent pas encore assez de flexibilité ?
a écrit le 12/05/2014 à 15:02 :
Perso, en tant que petit employeur (9salariés), le cout du travail n'est pas en soit un problème, à condition que les salariés soient conscient de leur rémunération réelle, c'est à dire charges incluses (puisque correspondant à une rémunération différée !)
Par contre, ce qui tue l'emploi, c'est la complexité administrative, notamment pour mettre fin à un CDI...il faut que le départ conventionnel soit possible à l'initiative de l'employeur.
Il faut également mettre fin aux seuils sociaux qui empêchent les créations d'emplois.
Enfin, il faut simplifier le codé du travail !!
Réponse de le 12/05/2014 à 15:21 :
la loi dispose déjà que la rupture conventionnelle peut être à l'initiative de l'employeur.
Réponse de le 12/05/2014 à 16:17 :
il faut surtout supprimer les prud'hommes
Réponse de le 12/05/2014 à 17:40 :
Plus de droit, plus de tribunaux...vive le totalitarisme!
a écrit le 12/05/2014 à 14:59 :
les entreprises françaises n'auront plus de raisons pour se plaindre .

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