Nigel Farage, le porte-drapeau des eurosceptiques britanniques

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ingt ans après sa création, l'Ukip revendique quelque 36.000 adhérents, majoritairement masculins et âgés de plus de 50 ans. REUTERS/Luke MacGregor.
ingt ans après sa création, l'Ukip revendique quelque 36.000 adhérents, majoritairement masculins et âgés de plus de 50 ans. REUTERS/Luke MacGregor. (Crédits : Reuters)
À la tête de l'eurosceptiquee Ukip depuis 2012, ce Britannique de 50 ans remarié à une Allemande est le grand vainqueur des élections européennes au Royaume-Uni avec 27,5% des voix pour son parti.

"Vous n'avez pas fini d'entendre parler de nous", a lancé triomphalement Nigel Farage après la victoire de l'Ukip (pour UK Independence Party) eurosceptique aux Européennes, à un an des élections législatives. Son parti arrive en tête des élections au Royaume-Uni avec 29% des voix, devançant les travaillistes du Labour et les conservateurs, respectivement à 25,4% et 23,8% des suffrages.

 

Le FN jugé "antisémite"

Réélu après son mandat européen de 2009, le dirigeant du parti britannique (entre 2006 et 2009 puis de nouveau à partir de 2012) partage notamment le même désamour que le Front national pour l'Union européenne.

"Je ne veux pas seulement que la Grande-Bretagne quitte l'Union européenne, je veux que l'Europe abandonne l'Union européenne. [....] Je ne crois pas que ce drapeau, cet hymne, et ce président dont personne ne connaît vraiment le nom représentent ce que l'Europe devrait être."

Mais a jusqu'ici refusé toute alliance, jugeant le parti frontiste "antisémite". Marine le Pen multiplie "les demandes en mariage, comme dans ces romans classiques", mais "nous ne sommes pas de la même famille", assure-t-il.
 

Rendre respectable l'Ukip

Si son parti populiste et eurosceptique a longtemps assimilé à la droite extrême, Nigel Farage fait tout son possible pour le rendre respectable, désavouant voire limogeant ceux qui sapent ses efforts.

Exit tel ou tel candidat ayant invité les Africains "à s'entretuer"; dénoncé "l'islam diabolique"; qualifié des inondations de "châtiment divin" après la légalisation du mariage gay.
 

Le patron de l'Ukip âgé de 50 a pourtant récemment commis lui-même un faux pas. Ses commentaires élogieux en pleine crise ukrainienne sur le président russe Vladimir Poutine -"le dirigeant, pas l'être humain"- ont été diversement appréciés. Un dérapage qui rappelle celui de Marine Le Pen qui a qualifié le dirigeant russe de "patriote", "attaché à la souveraineté de son peuple".

 

Il "parle vrai" pour ses adeptes

 

Les rangs de "son armée populaire" grossissent pourtant à vue d'œil, avec l'afflux d'électeurs conservateurs et travaillistes déçus. Vingt ans après sa création, l'Ukip revendique quelque 36.000 adhérents, majoritairement masculins et âgés de plus de 50 ans. Nigel Farage séduit les classes inférieures et moyennes. "Lui, parle vrai", disent ses adeptes.

 

Père de quatre enfants, remarié à une Allemande, il se définit comme libéral. Dans un ouvrage sur "la Révolte au sein de la droite", Matthew Goodwin et Robert Ford décortiquent "une véritable insurrection menée en dehors du système des partis établis".

 

"Nous sommes sur le bon chemin", jubile l'ex-trader qui a miraculeusement survécu à un gravissime accident de la route, à un cancer des testicules et à l'accident de son avion biplace empêtré dans la bannière électorale qu'il tractait, en 2010.

 

>> Retrouvez tous les résultats des élections européennes, pays par pays

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Commentaires
a écrit le 27/05/2014 à 10:22 :
Trop facile la critique quand on a un pied dehors et un pied dedans.Ne devrez avoir droit au chapitre à Bruxelles que les pays ayant l'euro et toutes ses contraintes.La politique à géométrie variable trop facile.Soit dit en passant la verve de Nigel Farage vaut le détour,y a des chevaux.
a écrit le 26/05/2014 à 21:16 :
Présenter l'UKIP et Farage, tout comme les autres eurosceptiques, comme des europhobes est un peu fort.
Ce n'est pas de l'Europe qu'ils ne veulent pas. C'est de cette Europe.
a écrit le 26/05/2014 à 14:05 :
Toute l'Europe, France en tête, pointait du doigt l'Autriche pour avoir donné 26, 9% des voix au parti d'extrême-droite de Jörg Hayder. L'éternelle histoire de l'arroseur arrosé, qui fait toujours rire ...
Réponse de le 26/05/2014 à 16:04 :
Excellent rappel.
a écrit le 26/05/2014 à 8:57 :
Pour info il y a l'équivalent en France : l'UPR quatrième parti en France ayant le plus d'adhérents ... mais totalement inconnu et censuré ... à bon entendeur !
a écrit le 26/05/2014 à 8:17 :
si les anglais veulent quitter l'Europe qu'ils le fassent , déjà qu'ils ne sont pas dans l'euro , que la city est le dernier fleuron de leur économie qui reste encore debout , que l'union européenne fait des cheques pour payer ce qui ne va plus .. alors en dehors .. les hordes de pauvres viendront se plaindre d'une situation bien pire en fait .. mais cela fait plaisir de se défouler sur l'infirmière ..
Réponse de le 26/05/2014 à 18:50 :
Quand le dépit se mélange avec la jalousie la résultante s'appele toujours mauvaise foi. A bon entendeur...

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