Berlin révise sa croissance en forte baisse, mais tient à l'équilibre budgétaire

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Berlin n'attend plus que 1,2 % de croissance pour 2014.
Berlin n'attend plus que 1,2 % de croissance pour 2014. (Crédits : reuters.com)
Le gouvernement allemand ne prévoit plus pour 2014 qu'une croissance de 1,2 % contre 1,8 % jusqu'ici. Mais ni les Conservateurs, ni les Sociaux-démocrates ne veulent revenir sur le plan budgétaire.

Le gouvernement allemand revoit fortement à la baisse sa prévision officielle de croissance pour 2014. Désormais, le ministère fédéral de l'Economie ne prévoit plus que 1,2 % de croissance pour cette année, contre 1,8 % prévu jusqu'ici. Pour 2015, la prévision est abaissée de 2 % à 1,3 %. La raison en est claire : le ralentissement des exportations. « L'économie allemande se trouve dans une situation en termes extérieures difficile », a résumé le ministre de l'Economie social-démocrate Sigmar Gabriel. Les exportations ne devraient pas progresser cette année de plus de 3,7 %, autrement dit la croissance devrait être très faible au second semestre.

Ralentissement des investissements

La baisse des commandes à l'export - notamment en provenance de Chine et d'autres pays émergents - mais aussi les crises géopolitiques ont renforcé le sentiment d'incertitudes des agents économiques allemands, principalement dans l'industrie. Du coup, le mouvement de reprise des investissements après deux ans de lourde chute devrait être bien moins marqué qu'attendu. Les investissements d'équipement devraient ainsi croître en 2014 de 3 % seulement, après deux ans de recul de -2,7 % en 2013 et -2,9 % en 2014. Ce qui est particulièrement inquiétant, c'est que, les investissements ont progressé de 6,9 % au premier trimestre et de 2,1 % au deuxième. On attendait jusqu'ici une croissance de 6,3 %. On doit donc s'attendre non pas à un ralentissement, mais à une nouvelle période de désinvestissement au cours des deux prochains trimestres.

Consommation et construction : les deux moteurs qui fonctionnent

Plus que jamais, donc, l'Allemagne demeure très dépendante de sa consommation et, surtout, de la croissance de son marché de la construction. La bonne tenue du marché du travail, l'envolée des salaires réels (prévus à + 2,6 % cette année et +2,7 % l'an prochain) permettent de tabler sur une croissance de 1 % de la consommation en 2014. Une croissance somme toute très mesurée au regard d'une situation de quasi plein emploi et d'une forte hausse des revenus. En 2013, la consommation avait crû de 0,8 % et elle avait encore progressé de 1 % au cours des deux trimestres suivants.

Reste donc la construction. Les taux bas et l'effet richesse des ménages permettent à ces derniers d'accéder à l'achat de biens immobiliers, phénomène relativement nouveau outre-Rhin et qui est encore renforcé par l'absence de placement à fort rendement. En 2014, Berlin table sur une hausse de 3,7 ù%en 2014 et 2,9 % l'an prochain.

Effet du ralentissement sur la demande intérieure des ménages ?

Tout ceci suppose cependant un « trou d'air » temporaire du moteur extérieur. Mais qu'en sera-t-il réellement ? On peut imaginer, malgré le niveau faible des salaires, que les entreprises tentent, devant la baisse des commandes, de réduire l'impact sur les marges en demandant une modération salariale aux syndicats et en augmentant la part du salariat non soumise aux négociations collectives. Le revenu disponible croîtrait alors moins rapidement et la croissance allemande se réduirait encore.

La SPD s'aligne sur Wolfgang Schäuble

Cette possibilité n'est pas à écarter. Et Sigmar Gabriel a défendu l'idée qu'il fallait agir pour contrer la décélération de l'économie par « une amélioration du cadre des investissements privés », notamment dans l'énergie et l'Internet à haut niveau. Il a aussi demandé une augmentation des investissements dans les infrastructures. Mais à la différence de Carsten Schneider, un député social-démocrate qui a demandé la modification du plan budgétaire, Sigmar Gabriel s'est clairement rangé dans le camp du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble qui est aussi favorable à plus d'investissement, mais sans dette nouvelle. Sigmar Gabriel a même pris des tons proches de ceux de Wolfgang Schäuble : « plus de dettes ne fait pas plus de croissance en Italie, en France, en Espagne ou en Grèce. » Point final.

Le message de Sigmar Gabriel qui a appelé à ne pas sombrer dans la panique, c'est que la SPD ne proposera pas de changement du plan budgétaire. Il est vrai que, politiquement, elle n'en a guère la possibilité. La priorité de Berlin reste donc son équilibre budgétaire des finances fédérales. Or, moins de croissance signifie moins de recettes. Donc : moins d'investissement public, afin de maintenir le « Schwarze Null », le point d'équilibre budgétaire. Malgré le ralentissement de sa croissance, l'Allemagne ne relancera pas pour le moment, loin de là.

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a écrit le 15/10/2014 à 11:51 :
Malgré ce que disent les "experts atlantistes", revenons plutôt aux faits, à la réalité. Il y a l'ancien monde et le nouveau monde. L'ancien monde, c'est la vision héritée de l'époque de la Guerre froide. Elle reste bien ancrée dans la conscience des faucons américains, dans les pays baltes et en Pologne. Il est clair que l'expansion de l'OTAN vers l'Est après la chute du mur de Berlin est un exemple typique de l'inertie de la pensée dans l'esprit de la Guerre froide, peu importe les termes employés. Dans l'ancien monde, l'Allemagne jouait plutôt un rôle de modérateur, d'élément rationnel préconisant une solution pacifique aux problèmes et favorable au partenariat économique. Mais un nouveau monde est apparu et il n'est plus contrôlé par les Américains.

L'Europe a aujourd'hui sa propre dynamique. Elle n'a pas d'armée, mais elle est dirigée par l'Allemagne. Et tout se complique, car cette dernière est forte, mais elle est instable dans ses concepts géopolitiques. A travers l'histoire, le pendule géopolitique allemand a oscillé entre une approche raisonnable et des élans mégalomanes qui ont conduit, rappelons-le, à la Première Guerre mondiale. C'est la "dualité" de l'Allemagne. Par exemple, Bismarck cherchait la paix universelle et l'harmonie avec la Russie, alors que Guillaume II, dans l'esprit "l'Allemagne est au-dessus de tous", s'est brouillé avec tout le monde, à commencer par la Russie. Je crains que nous retrouvions aujourd'hui cette dualité.
D'une part, l'ancien chancelier Schröder a prôné l'expansion des relations avec Moscou et il a maintenant beaucoup de partisans. D'autre part, on constate une position étonnamment ferme de Merkel dans les affaires ukrainiennes. L'agressivité du monde occidental envers la Russie ne s'explique donc pas uniquement par la pression des Etats-Unis. L'Allemagne de Madame Merkel y joue un rôle non négligeable, croyez-moi.
a écrit le 15/10/2014 à 7:24 :
Font rire ces gens qui annoncent le déclin de l'Allemagne. Bientôt les voitures françaises seront meilleures que les allemandes. "On les aura car on est les plus forts" disait-on en 1939 ! On a vu la suite. La France est cuite car elle est rongée par le marxisme. Il est trop tard. La guerre aux profits, aux actionnaires, aux patrons, c'est la destruction des emplois. Qui comprend ça en France ?
Réponse de le 15/10/2014 à 10:25 :
Polo comme Volkswagen?
Le classement de la voiture européenne de l'année a été bidouillé pendant au moins 10 ans par l'Allemagne, au détriment des françaises, cette époque est terminée!...... Comme l'Allemagne est finie! désolé.
Le pragmatisme est allemand, mais la création et l'innovation est française!
Et a une époque ou tout va très vite, les ringards comme les allemands seront largués!
Alain d
Réponse de le 15/10/2014 à 11:54 :
Alain, n'allez pas trop vite à la source, pour que les voitures françaises aient la même qualité que les allemandes ce n'est pas pour demain. Soyons plus réalistes et moins cocardiers. Bonne journée. (Pat de M)
a écrit le 14/10/2014 à 19:41 :
achetez français !!!!!!!
Réponse de le 15/10/2014 à 13:23 :
achetez américain !!!
a écrit le 14/10/2014 à 17:56 :
L'Allemagne avec Schaüble fait une gestion de "bon père de famille", comme on disait dans le droit français. Ce n'est pas en s'endettant que l'on s'enrichit. Car à ce compte,la France qui règle un tiers de ses dépenses budgétaires grâce à l'emprunt ( c'est fou) et cela tous les ans ,devrait être un pays florissant.
Réponse de le 14/10/2014 à 23:36 :
Très précisément si, c'est en s'endettant qu'on s'enrichit.
a écrit le 14/10/2014 à 17:28 :
Déclin de l’Allemagne:
Refaites vos jeux, rien ne va plus!
Que vont pouvoir trouvez certains les patrons, journalistes, experts, politique, économistes, technocrates et débiles de tous poils, qui depuis des mois voir des années nous gonfle avec la supposée réussite et l’exemple allemand?
Lorsque je déposais des post, en juin ou juillet à ce sujet, nombreux me dézinguaient!
Je ne fais pas parti des catégories professionnelles citées ci-dessus, je ne suis qu’un simple citoyen, qui suis de près l’économie française et mondiale avec un tout petit peu de jugeote!
Certains des catégories citées font donc très mal leur job et ont pour beaucoup des titres et des salaires qu’il ne mérite pas! Ils participent au french bashing qui semble devenu sport national, ce sont des nuisible!
Je me marre!
Ce qui ne veut pas dire que la France ne doit pas être réformée!
Mais pas n’importe comment, dans l’urgence, et pas en prenant pour exemple l’Allemagne ou l’Angleterre, la France est la France, avec ces défauts, ses qualités, et ses atouts.
Même si la situation est difficile, voir dramatique pour de nombreux citoyens, c’est pas une raisons pour faire des choix à court terme que nous regretterons plus tard.
Ca fait des dizaines d’années que les politiques, patrons, syndicats et presses ne font pas le job parce que la France à une capacité hors norme à encaisser!
Tout ne va pas se résoudre d’un coup de baguette magique, il faut bossé, chacun doit s’y mettre!
Et merde aux connard adeptes du french bashing!!!
Réponse de le 14/10/2014 à 17:44 :
bravo pour votre commentaire, le jour ou certains français arrêteront de s'auto-dénigrer, nous serons dans la bonne direction.
Et achetons français en priorité!!
Réponse de le 14/10/2014 à 17:55 :
Merci pour votre avis. Il nous montre que vous êtes un représentant typique d'une France qui coule déjà tandis que l'Allemagne fleurit.
Bien sûr que vous ignorez et vous êtes sûr de ce que vous dites. Mais le Francais moyen ne se remet jamais en question.
Réponse de le 15/10/2014 à 7:28 :
Etes-vous sérieux? Achetez-vous français? Quoi donc? Il n'y a plus d'industrie en France. Même dans le secteur d'avenir bio de l'agriculture, l'Allemagne domine. Circulez, il n'y a plus rien à voir.....
Réponse de le 15/10/2014 à 10:16 :
Bâtiment, dans les 8 premiers mondiaux, 5 chinois et 3 français (Vinci Bouygues et Eiffage).
Horlogerie françaises, nos produits, et de plus, la majorité des pièces des montres suisses sont fabriquées en France.
Parfums, cosmétiques, haute-couture,....
Spatial, aéronautique et défense, qui même le bal en Europe?
Thalès, DCNS, Safran (Sagem, Hispano-Suiza, Snecma, Turboméca, Heraklès, Aircelle, Labinal, messier Bugatti Dowty) fait mieux que l’ex-EADS.
Et qui ramène des contrats qui profitent aussi aux coopérations européennes?
Systèmes, les BE allemands, notament auto et aéro bossent majoritairement avec des systèmes Dassault, Catia, etc...
Produit laitiers (3 français dans les 10 premiers, dont Danone 1er)
Bouffe, distribution, Carrefour, au niveau de Lidl, services Sodexo, n°1.
Cinéma, musique, jeux vidéos, cirque, danse, festivals, une grosse claque à nos voisins.
Sports d’hiver et techniques de la neige.
Tourisme et hôtellerie, parc d’attractions,......
Nucléaire
Jet d’affaire, Dassault n°1
Matériel agricole, oui, ClaasTractor est allemand (ex-Renault) mais la majorité de ses emplois sont en France.
Ferroviaire, métro, trams, ca semble se valoir.
Energies, globalement, 50/50
Air France, Lufthansa, petit avantage outre Rhin.
Naval: l’Allemagne larguée, STX, DCNS, Beneteau, .....
Machines-outils, Allemagne en perte de vitesse.
Agricole, élevage, 50/50, FR avantage sur céréales, AL avantage sur lait
Vins
Automobile, grosse avance pour l’Allemagne, mais qui va fondre comme neige au soleil!
Métaux, minéraux, plastiques, 50/50
Equipementiers auto, 50/50
Pneumatiques, Michelin + tous les constructeurs étrangers installés dans l’hexagone.
Cloud, à la traine il y a 2 ans, on est maintenant en tête.
Les start up qui avaient jusqu’à maintenant des difficultés pour se financer devaient se faire racheter, majoritairement par les américains, cette période semble se terminer.
Drones, exo-squelettes, robots individuels, on est au top.
Robotisation de nos usines, nous avons du retard que nous sommes en train de combler.
Bureaux d’Ingénierie, les allemands sont totalement largués.
J'ai certainement du oublié des secteurs
Alain d
Réponse de le 17/10/2014 à 20:03 :
a Alain D: je suis tout a fait d accord avec vous que pour la bouffe, les parfums et les techniques de la neige, ls danse et festivals la France est imbattable.
Pour le reste je suis assez sceptique ...
Réponse de le 19/10/2014 à 20:18 :
Sauf votre respect, aucune pièce horlogère de fabricant suisse n'est fabriquée en France. Par contre, il y a bcp de frontaliers Français travaillant pour l'industrie horlogère suisse.
Réponse de le 20/10/2014 à 9:22 :
Il n'y a aucune pièce d'horlogerie suisse fabriquée en France. Par contre, il y a beaucoup de frontalier Français qui travaillent en Suisse dans l'horlogerie
a écrit le 14/10/2014 à 16:29 :
que la France était le seul pays au monde à avoir revu ses prévisions de PIB 2014 à la baisse.

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