Pourquoi l'économie de la zone euro reste désespérément faible

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L'économie de la zone euro ne parvient pas à retrouver un rythme de croissance suffisant
L'économie de la zone euro ne parvient pas à retrouver un rythme de croissance suffisant (Crédits : reuters.com)
Les prévisions de la Commission européenne l'ont encore prouvé : la zone euro peine à sortir de la nasse. Elle subit encore les erreurs politiques de ses dirigeants.

La réduction des prévisions de croissance de la Commission européenne ce mardi 4 novembre l'ont encore montré : la situation de la zone euro demeure désespérément déprimée. Bruxelles prévoit ainsi 0,8 % de croissance cette année, 1,1 % en 2015 et 1,7 % en 2016, mais on ne sait quel crédit donner à cette dernière prévision puisque celle de 2015 a été révisée de ce même 1,7 % à 1,1 %. Au mieux donc, la croissance européenne semble devoir patiner pendant plusieurs années. Au pire, l'union économique et monétaire n'évitera pas la spirale déflationniste. Dans les deux cas, des années difficiles sont à prévoir pour les 18 car une croissance molle n'est clairement suffisante ni pour faire baisser le chômage, ni pour financer le "welfare state", l'Etat Providence des Etats membres.

Le scénario optimiste : le moteur américain sort l'Europe de la nasse

Pourtant, certains avancent désormais un scénario plus optimiste. Sous l'impulsion des Etats-Unis, un cercle vertueux de la croissance serait sur le point de se remettre en marche. A mesure que la Fed durcit sa position, elle affaiblit l'euro et redonne de la compétitivité aux entreprises de la zone euro qui bénéficient également des effets positifs des matières premières bon marché. Ces entreprises européennes gagneraient ainsi des parts de marché, investiraient davantage et finiraient par alimenter à leur tour la croissance américaine, redonnant encore plus d'impulsion au commerce transatlantique et mondial. Parallèlement, dans sa grande sagesse, la Commission se montrerait magnanime sur les budgets, freinant ainsi la course à l'austérité et permettant à ce cercle vertueux de se mettre en place.

Les effets économiques de l'austérité

Ce scénario est possible. Mais il a quelques défauts. Le premier et le principal est de sous-estimer les effets de long terme des politiques menées dans la zone euro entre 2010 et 2013. L'austérité débridée qui a été mise en place en Grèce, au Portugal, en Irlande, en Espagne, en Slovénie, à Chypre et en Italie sous la pression des autorités européennes n'est pas une de ses politiques économiques que l'on peut rapidement inverser. Ces effets sont durables.

Economiquement, une partie du tissu économique a disparu dans les violentes récessions qui ont suivi cette politique. Le reconstituer nécessite des investissements massifs que ces pays n'ont plus les moyens de s'offrir. Par ailleurs, les revenus des ménages et des entreprises ont considérablement souffert de ces politiques. Une fois le « rattrapage » de certaines dépenses incontournables et longtemps repoussées à plus tard effectué, la capacité et la volonté de consommer et d'investir est durablement atteinte. Les niveaux de dépenses et d'investissement des pays périphériques restent donc nettement inférieurs au niveau d'avant crise. La demande de crédit reste en baisse. Bref, l'austérité a durablement traumatisé les agents économiques des pays concernés et fait craindre le pire à beaucoup d'autres, comme la France.

Les effets politiques durables de l'austérité

Mais les conséquences ne sont pas qu'économiques, elles sont aussi sociales et politiques. « L'ajustement » économique conduit à un chômage durablement élevé, tandis que les « réformes structurelles » alimentent souvent une précarisation de l'emploi et une fragilisation des revenus. Naturellement, les populations se sentent victimes de cette politique. Il en découle deux phénomènes : le refus d'une classe politique traditionnelle qui, après avoir conduit le pays où il est prétend le guérir des maux qu'elle a contribué à causer et la volonté de défendre ou de retrouver une protection sociale élevée. Ceci conduit à une redéfinition radicale des paysages politiques avec l'émergence de mouvements qui, se définissant principalement en opposition avec l'existant, ne peuvent s'inscrire dans le jeu politique des alliances et des coalitions. Les uns après les autres, les pays ayant subi une cure d'austérité connaissent ce phénomène. L'émergence de Podemos en Espagne, du Mouvement 5 Etoiles en Italie, du Sinn Fein en Irlande, de Syriza en Grèce en sont les preuves. La zone euro est entrée dans une phase de crise politique permanente.

Or, ces deux conséquences de l'austérité, économiques et politiques, autoalimentent la déprime des demandes intérieures en zone euro. La perspective de voir émerger des gouvernements instables, à la majorité étroites et peu populaires, ne facilitent guère les investissements, particulièrement étrangers. Elles conduisent à des réflexes de précaution dont l'économie n'a guère besoin. Or, dans un contexte où les déficits doivent toujours se réduire - voire où les excédents primaires doivent être de plus en plus élevés - panser les plaies sociales de l'austérité est une gageure et prendra des années. Autrement dit : les conséquences politiques de cette politique sont là pour durer, voire s'étendre à des pays comme la France ou les Pays-Bas. C'est une formidable force qui tire l'économie de la zone euro vers le bas.

Un environnement international peu porteur

Deuxième défaut du scénario optimiste : le contexte international. Si les Etats-Unis et le Royaume-Uni retrouve un rythme de croissance soutenu, les pays émergents demeurent à l'arrêt. Le « grand tournant » chinois d'une économie tournée vers l'export à une économie plus équilibrée ne se contente pas de réduire temporairement la demande de ce pays en produits étrangers, il crée des conditions moins favorables aux exportations en mettant l'accent sur le secteur des services. Il n'y a, pour le moment rien à attendre de l'Amérique latine, particulièrement du Brésil, de l'Afrique du sud ou de l'Inde. Quant à la Russie, la crise ukrainienne a fait son œuvre et réduira inexorablement la contribution de ce pays à la croissance mondiale. De ce point de vue, comme dans les années 1990 avec le cas yougoslave, force est de constater que l'UE a joué avec le feu en Ukraine et n'a pas su mener une politique d'apaisement à ses frontières. Dans le cas ukrainien, les conséquences sont bien plus graves car la Russie est directement impliquée. Les conséquences économiques, notamment sur l'Allemagne, ont été très négatives. Là, comme sur l'austérité, l'amateurisme politique de l'UE a été fort dangereux.

Une économie américaine moteur de la croissance européenne ?

De fait, on ne peut donc pas exclure le scénario que le resserrement monétaire de la Fed soit contre-productif. Comme le note les analystes crédit d'Aurel BGC, « l'économie américaine ne peut compter que sur la demande intérieure. » Aucune impulsion extérieure n'est à attendre, d'autant que le renchérissement du dollar ne jouera pas en sa faveur. Or, avec une Fed moins accommodante, cette demande intérieure pourrait encore s'affaiblir. Et la croissance américaine avec elle. Le monde et la zone euro perdrait alors un de ses derniers moteurs.

Quant à l'effet positif de la baisse de l'euro, il pourrait être fort limité. Comme on l'a vu, les marchés extérieurs se réduisent et limite la capacité d'exportation des entreprises européennes. Ensuite parce que le moteur extérieur n'est pas suffisant pour relancer vivement la machine économique dans toute la zone euro. L'effet négatif de la demande intérieure dans plusieurs pays est trop fort. L'incapacité des entreprises à imposer leurs prix - reflétée par la baisse constante du taux d'inflation - pèse sur les marges et l'investissement. Or, sans investissement, profiter à plein de la baisse de l'euro pour répondre à la demande mondiale ne sera pas possible. Or, là aussi, l'effet positif sur l'inflation de la baisse de l'euro est compensé par la baisse du prix des matières premières induites par la décélération chinoise. Or, on sait désormais que la baisse du prix de l'énergie n'est pas une simple donnée volatile, elle conduit à un recul des anticipations d'inflation et joue négativement sur l'ensemble des prix. Bref, le risque déflationniste reste bel et bien présent, malgré la Fed.

Le rôle des institutions européennes

Dernier défaut de ce scénario positif : le rôle des institutions européennes. Certes, Bruxelles s'est montré magnanime avec la France et l'Italie. Mais dans la situation actuelle, cette magnanimité est-elle suffisante ? Le semestre européen impose de fait une politique procylique qui, en réclamant la réduction des déficits, rajoute une force négative pesant sur l'économie européenne. Cette « gouvernance européenne » limitée aux finances publiques crée aussi de l'incertitude en menaçant les pays en déficit d'une nouvelle vague d'austérité qui semble à beaucoup d'agents économiques inévitable. On peut certes en réduire le rythme, mais la direction demeure la même. Au mieux, on réduit un peu les effets négatifs. Mais il n'y a pas d'effets positifs à cette magnanimité. Car le semestre européen, avec ses rendez-vous réguliers et ses dates butoirs, pèse sur les anticipations des agents économiques qui considèrent que, tôt ou tard, « l'ajustement » viendra. Il obère donc la confiance et les perspectives d'investissement et de dépenses.

D'autant que Berlin ne manque jamais d'une occasion pour jeter de l'huile sur le feu. A peine la Commission semble-t-elle baisser la garde, que le gouvernement allemand demande une « amélioration », comprenez un durcissement, du semestre européen. L'effet sur les anticipations économiques et la confiance de ce type de discours est désastreux pour des pays comme la France ou l'Italie. Mais c'est la nouvelle gouvernance de la zone euro et elle maintient une chape de plomb sur une économie européenne qui, comme on l'a vu, est encore convalescente du régime d'austérité imposé à partir de 2010.

Forces négatives considérables

Les forces qui tirent l'économie européenne vers le bas sont donc encore considérables. La stratégie de la Fed et de la Commission peuvent certes - comme les mesures prises par la BCE - compenser une partie de ces forces. Mais une partie fort limitée. Elles n'empêcheront pas un enlisement de l'économie de la zone euro qui, en persistant, devient très dangereux. La persistance d'une inflation très faible, d'une confiance réduite dans l'avenir et d'un manque d'investissement peut non seulement faire chuter la zone euro dans une spirale déflationniste, mais aussi lui faire perdre sa capacité à créer de la croissance à l'avenir. Or, on l'a vu, ces forces trouvent leur origine dans des erreurs considérables commises par les dirigeants de la zone euro. Il est donc urgent de modifier les politiques économiques et la gouvernance européenne. Mais rien ne laisse présager que l'on s'y dirige.

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Commentaires
a écrit le 05/11/2014 à 9:43 :
UN CONSEIL? LIRE LE LIVRE DE ALBERT EINTEIN. COMMEMT JE VOIS LE MONDE? DE CHEZ FLAMANRION? UN GRAND PENSEUR DE L HUMANITE???
a écrit le 05/11/2014 à 3:17 :
y a pas de crise !! c'est juste une excuse pour que les pauvres deviennent plus pauvres sans se plaindre et les riches deviennent plus riches.
Réponse de le 18/11/2014 à 12:46 :
ta trop raison mec
a écrit le 04/11/2014 à 21:24 :
Comment peut-on parler de crise dans la zone euro alors que l'Europe concentre le plus grand nombre de milliardaires. Soit 775 milliardaires et que la valeur de leur patrimoine s'est accrue de 12 %, atteignant 2 375 milliards de dollars. Et sachez que le nombre des milliardaires dans le monde a atteint un niveau record en 2014, avec 155 nouveaux entrants dans le club des personnes dont la fortune personnelle dépasse le milliard de dollars.
a écrit le 04/11/2014 à 17:34 :
trop d'impots. trop de regulation, trop d'emprunts.

le jockey est beaucoup trop lourd pour sa monture, comme ironait un commentateur..
Réponse de le 04/11/2014 à 20:09 :
Nous connaissons MAINTENANT le montant total des dérivés. Je ne connais effectivement pas un PIB mondial qui saurait tenir cela en selle...
a écrit le 04/11/2014 à 17:15 :
excellente analyse de l'existant, tant politique qu'économique, l'une et l'autre étant étroitement imbriquées, bien argumentée et très explicite au final. Elle met aussi en évidence l'extrême complexité à changer le cours des choses, du fait de la mondialisation de l'économie et de la disparité des situations des grands pôles économiques.Ainsi telle mesure prise dans un pays (ex USA) peut avoir des effets induits sur l'Europe, et en retour peut avoir , à terme, des conséquences négatives pour l'un et l'autre. Il apparait très clair cependant que l'UE, telle qu'elle fonctionne actuellement, est beaucoup trop rigide dans ses structures pour répondre efficacement au problème de l'austérité dans la zone euro, et le fait même que la monnaie ne puisse jouer comme variable d'ajustement (USA, Royaume uni) est un frein supplémentaire.
a écrit le 04/11/2014 à 14:46 :
"le moteur américain sort l'Europe de la nasse". Le moteur américain fait illusion, il avance sur l'inertie et ne tardera pas à tousser lui aussi. Je ne comprends pas que personne ne voit, ne se rend compte que l'économie mondiale telle qu'elle fonctionne actuellement n'est pas durable. Un fonctionnement basé sur les transports, la mondialisation financière de l'économie, la gabegie des matières premières, la consommation et la croissance à tout prix, ce n'est pas durable. Rien ne changera tant que nous ne changerons pas de système économique.
Réponse de le 04/11/2014 à 17:05 :
Oui, il faut changer de système économique en associant l'énergie au travail et au capital. Il faudra bien en reparler un jour.
Réponse de le 04/11/2014 à 18:24 :
@JB38 : Si vous attendez après le monde pour changer, c'est pas demain la veille ! Pour changer de système économique, comme vous dites, il faudrait déjà reprendre les rênes du cheval France. Or, ce ne sont plus les élus français qui les tiennent mais les technocrates de la BCE et de la commission européenne, grands prêtres du dogme libre-échangiste.
a écrit le 04/11/2014 à 14:45 :
le m'enfoutisme qui a prevalu dans la gestion des deficits avant crise a effectivement oblige une politique contracyclique pas terrible....on finit tjs par payer les pots casses
ft se rassurer en se disant que pour une fois, ceux qui ont jete l'argent par la fenetre en pensant ne jamais regler l'addition vont passer a la caisse comme tout le monde...
Réponse de le 05/11/2014 à 3:44 :
La morale est sauve et les cigales vont se faire griller. Manque de chance, c'est nous les cigales.
a écrit le 04/11/2014 à 14:18 :
De tout façon on n'en veut pas de cette Europe, et vous pensez que l'économie Nippone Chinoise ou Américaine vont nous sortir de là. C'est une plaisanterie.
Réponse de le 04/11/2014 à 14:39 :
Et une plaisanterie du plus mauvais goût.
a écrit le 04/11/2014 à 14:08 :
C'est de la faute aux politiques achats! et au supply chain management qui ne la jouent pas très "MADE IN EUROPE"... ah bon entendeur...
Réponse de le 05/11/2014 à 5:41 :
Plus une voiture est low-cost et plus elle a de succes. Voir le succes de Dacia en France. Les supply chain manager ne sont pas des philantropes. Ils n'acheteront local que lorsqu'il y aura un interet objectif a le faire.
a écrit le 04/11/2014 à 14:02 :
tout simplement parce que les grandes multinationales choississent des fournisseurs qui ne sont pas européens. Et donc délocalisent le PIB. Il faut une politique de l'offre localisée! Et en Europe!
Bravo les achats! Et autres voyoux qui délocalisent pour des économies de bout de chandelle pour faire du BNA sur des actions à la con
a écrit le 04/11/2014 à 13:56 :
Comment pouvez vous poser cette question alors que la majorité des journalistes passent leur temps à écrire ou à dire qu'il faut baisser les salaires sauf les leurs à trouver que les français sont des fainéants ..........La France est dans l'état où les élus et les journalistes qui passent leur temps à dire ce qu'il faudrait faire l'ont mises.
a écrit le 04/11/2014 à 13:46 :
Avis de non spécialiste.On reste faible,parcequ'il n'y a pas d'Europe et que l'on compte sur l'économie americaine pour essayer de s'en sortir chacun pour soi.Il suffit de voir la bourse:quand WS est en hausse,on prend des couleurs,quand il baisse c'est la panique.
a écrit le 04/11/2014 à 13:12 :
L'austérité telle qu'on la connait actuellement génère la croissance du chômage avec en plus tous les risques et les conséquences : les troubles sociaux. "Quand des millions de personnes se rendront compte que l'on ne peut plus vivre comme par le passé, la Révolution sera logique et inévitable " Suivant récit idéaliste d'une jeunesse laissée pour compte "les corps indécents". Alors à quand un million de personnes en colère sur les Champs Elysées ?
Réponse de le 04/11/2014 à 14:00 :
Il faut injecter de la joie libertaire dans l’horreur francisant, voilà ce qu'il faut faire !
a écrit le 04/11/2014 à 12:56 :
"Le 29 octobre 2014, « Magic Greenspan » a donc montré qu’il n’a plus rien de « magique ». C’est un homme vieilli qui commence à voir lucidement le monstre qu’il a contribué à enfanter. Il s’est d’ailleurs déclaré si inquiet pour l’avenir qu’il a conseillé aux investisseurs d’acheter en priorité de l’or comme valeur refuge…
Et il s’est en outre montré très pessimiste sur la survie de l’euro.
Découvrant à son tour ce que les meilleurs experts disent depuis 20 ans, il a déclaré que la seule façon pour que la monnaie européenne survive serait de réaliser une « intégration politique complète des pays membres de la zone euro ». À défaut de cette intégration, les déséquilibres augmenteront et conduiront en fin de compte à un effondrement de l’euro », a-t-il conclu.
Certes. Mais les 57 ans écoulés depuis le traité de Rome ont montré que l’intégration politique, déjà impossible à 6 États, est une farce à 28 États.
Chaque semaine qui passe montre au contraire que la plupart des États commencent à regarder du côté de la sortie de secours. Je l’ai souligné, au cours des deux derniers jours, avec les déclarations de Laszlo Kövér, le président du parlement hongrois, puis celles d’Angela Merkel au sujet d’une possible sortie du Royaume-Uni de l’UE.
En d’autres termes, Alan Greenspan vient à son tour de rejoindre la cohorte des économistes, dont 8 Prix Nobel d’Économie, qui concluent que l’euro est voué, tôt ou tard, à l’explosion. " François ASSELINEAU président de l' UPR.
Réponse de le 04/11/2014 à 19:21 :
Aucune confiance en Greenspan:sa sortie sur l'or était probablement commanditée par des amis a lui de la finance.Espérons qu'il aura touché son du
a écrit le 04/11/2014 à 12:35 :
Cet article se trompe en décrivant l'austérité comme un mal extérieur qui résulterait de décisions irréfléchies.

L'austérité consiste simplement à essayer de ne pas trop aggraver le déficit, c'est à dire à ne pas vivre trop au-dessus de ses moyens, ce qui relève du bon sens.

Quand une zone géographique n'arrive pas à générer de croissance, l'austérité est une option raisonnable, sinon le déficit file, ce qui appelle à terme la création monétaire, l'inflation et la dévaluation.

Or la dévaluation, qui est l'alternative à l'austérité, n'apporte de bénéfices à une économie que dans des circonstances bien particulières (appareil productif sous exploité, société jeune qui a envie d'entreprendre, possibilité de débouchés en cas de redémarrage de l'économie, stock de normes raisonnable qui ne bride pas l'initiative ...).

Ces conditions ne sont pas réunies en Europe. En arrêtant l'austérité et en créant une dévaluation, il arriverait la même chose qu'au Japon, société âgée et verrouillée : inflation avec perte de pouvoir d'achat, renchérissement des achats extérieurs, et pas de croissance économique.

En réalité dans le contexte européen actuel la rigueur est le moindre mal. Il faut simplement l'accompagner par des réformes internes les plus judicieuses et les moins douloureuses possibles.
Réponse de le 04/11/2014 à 13:48 :
"Cet article se trompe en décrivant l'austérité comme un mal extérieur qui résulterait de décisions irréfléchies."

* C'est vrai, mais il s'agit d'une ligne de raisonnement inadaptée qui est souvent adoptée par le journal, qu'en peut-on faire?

"L'austérité consiste simplement à essayer de ne pas trop aggraver le déficit, c'est à dire à ne pas vivre trop au-dessus de ses moyens, ce qui relève du bon sens."

* Tout à fait d'accord avec vous.

"Quand une zone géographique n'arrive pas à générer de croissance, l'austérité est une option raisonnable, sinon le déficit file, ce qui appelle à terme la création monétaire, l'inflation et la dévaluation."

* Un raisonnement juste, toutefois qui s'avère difficile à expliquer dès qu'on a une ligne éditoriale fondée sur la mentalité du "la faute c'est toujours aux autres".

"Or la dévaluation, qui est l'alternative à l'austérité, n'apporte de bénéfices à une économie que dans des circonstances bien particulières (appareil productif sous exploité, société jeune qui a envie d'entreprendre, possibilité de débouchés en cas de redémarrage de l'économie, stock de normes raisonnable qui ne bride pas l'initiative …)."

* Le redémarrage d'une économie est la conséquence logique d'une politique d'austérité si celle-ci est bien menée et gérée, cependant, comme je l'ai expliqué ci-dessus, en France c'est toujours la faute aux autres, en l'occurrence, à l'Allemagne.


"Ces conditions ne sont pas réunies en Europe. En arrêtant l'austérité et en créant une dévaluation, il arriverait la même chose qu'au Japon, société âgée et verrouillée : inflation avec perte de pouvoir d'achat, renchérissement des achats extérieurs, et pas de croissance économique."

*Nous avons en France ce même genre de problème qu'au Japon toutefois il est "maquillée" par les médias et manipulé par le pouvoir. De rien ne sert avoir une population plutôt jeune si elle porte déjà depuis sa naissance une dette publique colossale et qui pourra encore s'étendre par plusieurs générations à venir. Ce dysfonctionnement de l'État va continuer à générer des conjonctures semblables à l'actuelle à ces générations, donc le problème ne sera réglé que par l'austérité dès maintenant !

"En réalité dans le contexte européen actuel la rigueur est le moindre mal. Il faut simplement l'accompagner par des réformes internes les plus judicieuses et les moins douloureuses possibles."

* Encore une fois je suis tout à fait en accord avec votre pensée, l'histoire c'est que la France est un pays à la vocation de cigale et pas de fourmi. Les cigales veulent chanter toute l'année même si les conditions climatériques ne le rendent pas possible. Alors que vont-elles les cigales ? elles râlent, et râlent, et râlent….

Bonne après-midi et bravo pour le commentaire. (Jeanne)
Réponse de le 04/11/2014 à 15:02 :
Il est long votre commentaire! .... mais:
- la France des cigales: faux! les français ont plus en assurance vie que la dette du pays; les américains sont des cigales, pas nous; suivez d'ailleurs les essais du pouvoir pour rogner cette cassette.
- la dette du Japon est japonaise, celle de la France est majoritairement détenue par des étrangers (des japonais!!); devinez ce que via se passer si on change de monnaie.... avant même de penser dévaluation.
Réponse de le 04/11/2014 à 21:43 :
En effet, je ne dirais pas non plus que les français sont des cigales, disons…. pas tout à fait. Plutôt des fourmis désorganisées. Un peu irresponsables aussi.
a écrit le 04/11/2014 à 12:29 :
Toujours à propos d'Union Européenne, la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, l'Italienne Federica Mogherini, vient de dire qu'elle n’est pas sûre de l'efficacité politique des sanctions européennes contre la Russie. Ah bon et qu'est-ce qu'il en faut alors pour que celles-ci soient vraiment efficaces ? une guerre ouverte manu militari avec la Russie ?
a écrit le 04/11/2014 à 12:18 :
Pas possible de lire ça... Regardez les pays qui ont fait des "qe". Cela n'a fait QUE gonfler artificiellement les PIB sans vraiment relancer votre croissance. Et coté DETTES, là, explosion complète car c'est du transvasement d'endettement privé vers le public, et en plus, amplifié. On finirait par croire qu'il y a une crise économique mondiale à cause d'une trop forte concentration de richesse. Mince, ça devient trop visible...

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