Débat sur l'identité nationale : Français et responsables politiques divisés

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le débat lancé par Nicolas Sarkozy et par le ministre de l'Immigration Eric besson relève-t-il de la simple tactique électorale avant les régionales ? Le sujet divise les Français selon un sondage du Parisien Aujourd'hui en France.

Nicolas Sarkozy a -t-il fait un bon "coup" en lançant un débat sur l'identité nationale à quelques semaines des élections régionales ou risque-t-il de provoquer des réactions réacistes et même de permettre au Front national de remonter dans les intentions de vote ? La réponse est loin d'être évidente.

Selon un sondage paru ce lundi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, 25% des Français se disent satisfaits (dont 5% très satisfaits) par la façon dont se déroule le débat contre 50% pas satisfaits (32% pas du tout). Mais ils sont 34% à considérer qu'il faut poursuivre ce débat contre 29% qui estiment qu'il faut l'arrêter et 21% qu'il faut le suspendre.

Le ministre de l'Immigration Eric Besson répond que le débat sera poursuivi "jusqu'à fin 2010. Dès le 4 janvier 2010, je présenterai publiquement la synthèse qualitative des 50.000 premières contributions et des 100 premières réunions locales. (...) Je détaillerai le nouveau calendrier du débat, qui s'étalera jusqu'à fin 2010, bien au-delà des élections régionales. J'annoncerai de nouvelles initiatives".

"Le 4 janvier, je montrerai que les Français s'intéressent à la lutte contre les discriminations, à l'égalité des chances, mais aussi à la culture et à la langue française, et aux fondements de notre solidarité nationale, en particulier dans le domaine social".

Le débat doit initialement se dérouler jusqu'au 31 janvier 2010 avec un colloque de synthèse le 4 février.

Eric Besson dénonce une certaine focalisation médiatique "sur quelques dérapages xénophobes, ultra-minoritaires" qui montre à ses yeux que le e débat a été "partiellement victime de son immense succès".

De son côté, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre estime que "ce débat était attendu par les Français de gauche et de droite. Il l'ont d'ailleurs montré à l'élection présidentielle. C'était un engagement de Nicolas Sarkozy pendant la campagne. Les hommes politiques de gauche et de droite ont des choses à dire sur le sujet. Ceux qui malheureusement (...) adoptent la politique de l'autruche seraient bien inspirés, s'ils considèrent que le débat n'est pas assez élevé, d'assumer leur mission et de participer à élever ce débat".

Il a souligné que la dicsussion"dépasserait très largement la période des élections régionales, c'est une réponse à tous ceux qui veulent y voir des stratégies électorales". Interrogé sur les réserves de l'ancien premier ministre Alain Juppé sur le sujet, le porte-parole du parti présidentiel a répondu qu'en exposant sa position "il y contribue à sa manière. Qu'il considère que ce sujet n'est pas essentiel c'est son droit mais il ne faut pas imposer son avis à tous les Français". "Je veux retenir, a-t-il ajouté, le courage d'intellectuels comme (le philosophe) Michel Onfray, ou d'hommes politiques y compris de gauche comme Julien Dray qui disent +ce débat se pose (...) on doit y participer+ ".

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Commentaires
a écrit le 19/01/2010 à 11:33 :
Le débat sur l'identité nationale, présenté de la sorte par le gouvernement est sa majorité,nie l'essence même de notre identité nationale au profit d'un certain Ordre nationaliste!
a écrit le 17/01/2010 à 10:00 :
Il me semble évident que ce débat s'inscrit dans une tactique électorale. Ce qui m'a beaucoup étonné est que personne ne s'interroge sur la coïncidence du lancement du débat avec l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne.
Juste au moment où on aurait pu s'attendre à un débat sur l'identité européenne, où le gouvernement aurait dû mettre en avant l'Europe, il y a ce débat franco-français qui réhabilité les catégories de pensée et la terminologie linguo-nationalistes d'antan.
Les aspects européens de notre identité ne sont point mentionnés, et je suis convaincu que ça fait partie d'une stratégie politique bien calculée. Si le but était d'enterrer le projet d'une Europe politique et citoyenne on ne ferait pas autrement.
Pour moi ça prouve que notre gouvernement a clairement choisi son camp, celui des adversaires de l'Europe citoyenne et politiquement unie telle que l'aspiraient Delors, Mitterrand, Chirac?
a écrit le 09/01/2010 à 12:25 :
"Le ministre de l'Immigration Eric Besson répond que le débat sera poursuivi "jusqu'à fin 2010"

A quoi ca sert de faire un débat sur plus d'un an sur un sujet tel que l'immigration??....

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