57% des Français opposés à la stratégie Sarkozy vis-à-vis des fonctionnaires
Ivan Best
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Stratégie de communication mûrement réfléchie ou pas de la part du gouvernement, la situation des fonctionnaires fait l'objet d'annonces concomitantes sur la possibilité de les "licencier" ou sur leurs retraites. Ces annonces n'ont pas été accueillies favorablement par les Français, si l'on en croit le sondage BVA-Avanquest, réalisé les 5 et 6 février pour La Tribune et BFM. Interrogés sur la politique "menée par Nicolas Sarkozy à l'égard de la fonction publique et des fonctionnaires", 57% sondés la jugent "mauvaise" (dont 22% "très mauvaise" et 35% "plutôt mauvaise"). Seuls 35% des Français l'approuvent.
Cette désapprobation est "largement consensuelle", affirme Gaël Sliman, directeur de BVA Opinion. "A l'exception des sympathisants de droite et des chefs d'entreprise et professions libérales, toutes les catégories de la population s'accordent à juger "mauvaise" la politique menée par le président dans ce domaine", souligne-t-il. Des sympathisants de droite l'approuvent, mais, au sein de cet électorat soutenant la majorité, 30% s'opposent aux mesures prises concernant les fonctionnaires.
En outre, si, sans surprise, 72% des salariés du secteur public s'opposent à la stratégie Sarkozy, c'est le cas aussi la moitié des salariés du privé, qui ne bénéficient pas, par définition, des protections dont jouissent les fonctionnaires, mais se montrent solidaires avec ces derniers. "On aurait pu imaginer que ces salariés de plus en plus précarisés par la crise souhaitent plus d'équité avec un rééquilibrage de public privé", commente Bruno Vanryb, PDG d'Avanquest.
Par ailleurs, une majorité de retraités (57%), traditionnellement favorables à Nicolas Sarkozy - ils lui ont massivement apporté leurs suffrages en 2007, contribuant à son élection à la tête de l'Etat - contestent la politique menée vis-à-vis de la fonction publique.
Ce rejet d'une politique n'est pas synonyme de remise en cause systématique. Ainsi, interrogés sur la question des chômeurs en fin de droits, 55% des sondés attribuent la montée de cette problématique à la crise économique. Seule une minorité (40%) en rend responsable l'exécutif, estimant que la politique actuelle conduit à exclure de plus en plus de Français.
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