Remaniement imminent du gouvernement : les dernières rumeurs

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Le remaniement gouvernemental est désormais attendu lundi prochain, le 15 novembre. Tour d'horizon des mouvements attendus.

Elles courent, elles courent les rumeurs. Quoi de plus normal à l'approche d'un remaniement ministériel ? Sur la date d'abord. Celle du 15 novembre circulait avec insistance depuis plusieurs jours mais avait ensuite perdu du terrain au profit du 18 ou du 22 novembre. Mais l'annonce d'une intervention télévisée de Nicolas Sarkozy le 18 novembre au soir et la nécessité d'être en ordre de marche pour un conseil des ministres, traditionnellement programmé le mercredi, ont précisé la donne. Et il semble bien que c'est lundi prochain, le 15 novembre donc, que le remaniement interviendra, tout du moins la démission du gouvernement Fillon actuel. Le scerétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, Hubert Falco, l'a d'ailleurs déclaré officiellement.

Qui va occuper Matignon ? Là encore, les rumeurs ont paru contradictoire mais François Fillon est donné ultra favori, surtout depuis qu'il a affiché son envie de continuer, poussé en cela par des proches de Nicolas Sarkozy voire par ce dernier lui-même. L'entourage présidentiel a d'ailleurs tenté depuis plusieurs jours de consoler le grand concurrent pour le poste, le ministre centriste de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo. Ce dernier ne s'avoue pas officiellement vaincu. "Aucun d'entre nous n'a la moindre information" lançait-il mercredi. Il a démenti avoir confié mardi à des parlementaires de la majorité que Nicolas Sarkozy lui avait confirmé qu'il n'irait pas à Matignon. "J'ai l'impression d'avoir assisté à une autre réunion", a plaisanté Jean-Louis Borloo, avant d'estimer qu'on lui avait prêté des propos "qu'aucun d'entre nous n'a tenus ou entendus".

Des participants à la réunion hebdomadaire des parlementaires radicaux avaient pourtant dressé mardi le portrait d'un Jean-Louis Borloo "déçu, découragé, abattu". Pour le député Franck Reynier, responsable du cercle des parlementaires radicaux, Jean-Louis Borloo demeure toutefois "le plus à même de porter ce nouvel élan voulu par le président de la République et ainsi d'ouvrir une nouvelle séquence". Les partisans du ministre de l'Environnement laissent déjà entendre que si leur champion n'était pas choisi pour Matignon, il leur faudrait "s'organiser", allusion transparente à une possible candidature de Jean-Louis Borloo à la présidentielle de 2012, au nom d'une famille centriste aujourd'hui dispersée.

Le maintien de Jean-Louis Borloo dans un gouvernement Fillon n'est pas avéré. Mais dans le cas d'un départ, l'Elysée pourrait souhaiter le maintien d'un autre important centriste au gouvernement, Hervé Morin, le ministre de la Défense, pourtant donné partant depuis de longues semaines. Son sort dépendra sans doute de celui du ministre de l'Ecologie.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, va-t-elle quitter Bercy pour un ministère des Affaires étrangères élargi au Commerce extérieur, ce qui lui permettrait de garder un oeil sur le G20 ? Possible mais pas certain. Elle annonce ainsi un projet de réforme du PEL, plan épargne logement, qui doit être présenté mercredi prochain en conseil des ministres. Par elle ou par son successeur ?

Autre rumeur qui circule toujours : Valérie Pécresse pourrait quitter l'Enseignement supérieur pour la Justice. Mais il faudrait trouver un point de chute honorable à l'actuel Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, l'une des ministres les plus solides des gouvernements de Jacques Chirac puis de Nicolas Sarkozy . Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Economie numérique, succèderait à Roselyne Bachelot, proche de François Fillon mais désavouée sur sa gestion de la crise de la grippe A, à la Santé. Autre départ attendu, celui de la secrétaire d'Etat chargée des Sports, Rama Yade, populaire mais trop insolente avec l'Elysée. Le maintien ou nom d'Eric Woerth, le ministre du Travail, venu à bout de la réforme des retraites malgré le fort mouvement social contre le texte mais toujours fragilisé par l'affaire Bettencourt, est loin d'être assuré. Mais s'il devait devoir quitter son poste, il lui serait proposé une porte de sortie honorable eu égard à son travail gouvernemental.

L'une des rumeurs fait état d'une éventuelle création d'un ministère des Entreprises à Bercy. Ce ministère microéconomique coexisterait avec un ministère Macroéconomique reprenant l'Economie et les Finances Publiques

Ce ministère de l'Entreprise chapeauterait une série de secrétariats d'Etat, des PME au Commerce extérieur en passant par le Commerce et l'Industrie. C'est sur ce point que les inquiétudes sont les plus vives, notamment du côté des acteurs de la nouvelle stratégie industrielle initiée par les Etats généraux de l'industrie. D'une part, un départ de Christian Estrosi, l'actuel ministre chargé de l'Industrie dont l'implication est saluée, les chagrinerait.

Mais ses nombreuses prises de position sur le thème de la sécurité indiquent que le ministère de l'Intérieur l'attire. S'il devait quitter Bercy pour la place Beauvau, sa succession pourrait se jouer entre Eric Besson, le ministre de l'immigration qui fut déjà en charge de questions économiques au PS en tant que secrétaire national à l'économie puis dans le premier gouvernement Fillon en tant que secrétaire d'Etat à la Prospective, et Jean-Marie Bockel. La légitimité du secrétaire d'Etat à la Justice ? Il fut le président de la Fédération des industries ferroviaires.

«Au regard des efforts déployés ces derniers mois, l'industrie ne peut être réduite à la portion congrue», se rassure René Ricol, le Commissaire général à l'investissement qui ne voit pas le ministère se transformer en secrétariat d'Etat. «Dénigrée depuis 20 ans car polluante et bruyante, l'industrie retrouve ses lettres de noblesse, il ne faut pas briser cet élan », estime Jean-Claude Volot, le médiateur national de la sous-traitance. Pour certains, ce remaniement serait utile s'il n'était pas cosmétique. «L'énergie, l'innovation, les transports, la pharmacie ne sont pas dans le champ de compétences du ministère actuel. Il faut que ces secteurs soient regroupés au sein d'un ministère unique», plaide Yvon Jacob, l'ambassadeur de l'Industrie française auprès de l'Union européenne.

Reste à savoir si un chantier de cette envergure est réellement envisageable et si ses effets seraient rapidement perceptibles, tout du moins avant l'échéance présidentielle de 2012. "Le risque de désorganisation de l'appareil de Bercy est réel. Cette stratégie pourrait s'avérer payante, mais pas à court terme", estime une source proche du dossier

Dans l'ensemble, on évoque une équipe un peu resserrée - éternel pari de toute composition de gouvernement, pari souvent perdu - avec le passage de 20 à 15 ministres et la mise en avant de quadras - avec le maintien voire le renforcement du rôle du "jeune" chiraquien François Baroin (qui pourrait remplacer Christine Lagarde si elle part au Quai d'Orsay).

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