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L'annonce du plan d'austérité sonne la rentrée politique

latribune.fr

Publié le 25 août 2011 à 07:17

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Projet "insuffisant" pour Dominique de Villepin, risque de récession pointé par Martine Aubry ou "budget de bonne gestion" loué par Valérie Pécresse : les responsables politiques se mettent en ordre de bataille pour critiquer ou défendre le dernier budget du quinquennat Sarkozy.

Coup d?envoi de la campagne électorale pour 2012 ? Au lendemain de l?annonce par François Fillon du dernier budget d?austérité avec ses hausses d?impôt et ses coups de rabots, les commentaires politiques continuent de fuser.

A gauche, Martine Aubry craint les conséquences de ce budget pour la création de richesses en France. ?On réduit les déficits, mais on accroît les risques d'une récession", a expliqué la candidate aux primaires socialistes. Proposant un mode de financement pour la relance, l?ancienne première secrétaire du PS rappelle que dans le programme de son parti pour 2012 figure une hausse de l?impôt sur les sociétés qui devrait atteindre 20% à 40% selon les bénéfices réinvestis.

Comme mesure symbolique, Martine Aubry a part ailleurs proposé de baisser le salaire du président de la République. "Je pense aussi qu'aussitôt arrivée, je reverrai à la baisse le salaire du président et des ministres", a-t-elle affirmé dans Le Parisien/ Aujourd'hui en France. Concernant la contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus, la candidate à l?élection présidentielle estime que "C'est l'arbre qui cache la forêt". Elle regrette que l?Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ne soit pas rehaussé et rappelle son opposition à la "Règle d'or" sur l'équilibre du budget.

L'autre candidate aux primaires socialistes Ségolène Royal a indiqué son point de vue par communiqué. "Le gouvernement avait la possibilité d'améliorer l'état des finances publiques en rétablissant de la justice fiscale. Il a malheureusement choisi le matraquage fiscal des Français en multipliant les hausses d'impôts et réduisant encore les marges d'action des services publics. Cet effort ne vaut pas pour tout le monde. 'L'effort exceptionnel' des plus grandes fortunes représente seulement 2% des économies et recettes nouvelles décidées par le gouvernement" y écrit-elle.

François Hollande, lui aussi candidats aux primaires PS avait pris les devant, mercredi en organisant un débat sur la crise de la dette.

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Mercredi toujours, Harlem Désir, successeur par intérim de Martine Aubry à la tête du PS avait déjà jugé ce budget. ?Sur 11 milliards d'économies, l'essentiel sera supporté par les Français, par la poursuite de la casse de la protection sociale et des services publics et de nouvelles taxes qui abîmeront leur pouvoir d'achat. La seule mesure pour faire contribuer les plus riches sera la taxe sur les hauts revenus, qui n'est en fait qu'une microtaxe pour les mégariches", a-t-il critiqué

A droite, Jean-Louis Borloo pointe un manque d'ambition. Ces engagements du gouvernement "ne sont pas à la hauteur des enjeux soulevés par la crise financière de cet été", écrit le président du Parti radical dans un communiqué. Aux yeux de l'ancien ministre de l'Economie, ces mesures "demeurent conjoncturelle" et n'assurent pas "le nécessaire rééquilibrage entre taxation du travail et taxation du capital". Jean-Louis Borloo souhaite également plus de détails afin de "mesurer réellement l'impact sur les ménages, le pouvoir d'achat et la croissance", des coups de rabot sur les niches fiscales prévues.

Dominique de Villepin regrette, lui,  un plan d?austérité ?insuffisant?. "C'est un début une prise de conscience: après quatre années d'une politique dispendieuse, le gouvernement revient sur terre", a toutefois concédé l?ancien Premier ministre.  Au sujet de la taxe de 3% sur les revenus supérieurs à 500.000 euros, il "regrette que la contribution des plus riches ne soit que très symbolique" et préfère une " nouvelle tranche de l'impôt sur les revenus".

Dans les rangs de la majorité, Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement fait de la pédagogie. "Ce n'est ni un budget de facilité, ni un budget de rigueur", a défendu a ministre du Budget sur France Inter. A propos des mesures sur la fiscalité, elle explique : « Il y a les niches sociales (?) les niches de croissance (?) et puis il y a les niches inefficaces, c'est celles auxquelles nous nous attaquons." Je crois que c'est un budget de bonne gestion et je crois que les efforts que nous présentons sont des efforts qui sont équitablement répartis pour réduire les déficits et aussi pour protéger la croissance et l'emploi?, a-t-elle ajouté.

Pour l?UMP encore, Gérard Larcher, président du Sénat a loué mercredi des mesures ?économiquement adaptées à la conjoncture et réparties de la manière la plus équitable possible afin de préserver notre pacte social, qu'il s'agisse de l'augmentation de la taxation sur les hauts revenus ou de celle sur les plus-values des placements financiers".

La présidente du FN, Marine Le Pen, voit dans ces restrictions budgétaires comme une  "nouvelle charge contre les classes moyennes".  "Dans la précipitation, pour complaire aux marchés, le gouvernement annonce des mesures qui accableront les Français à qui on ne cesse déjà de demander des sacrifices: les classes moyennes. La hausse des prix de certains produits de grande consommation est particulièrement mal venue", a jugé mercredi la candidate à la présidentielle de 2012. Marine Le Pen appelle aussi à "annuler le vote en septembre du plan de renflouement de la Grèce, victime de la monnaie unique, qui alourdira notre dette de 15 milliards d'euros" et propose "un plan d'élimination de la mauvaise dépense publique, en ciblant prioritairement le coût de l'immigration, la fraude sociale, les dérives de la décentralisation et l'argent versé aux très grandes entreprises sous forme de niche fiscale, comme la niche Copé".

Du côté des syndicats, Jean-Claude Mailly, pour Force ouvrière, estime que le plan annoncé par François Fillon "aurait pu être pire".  "Il n'y a pas de remise en cause de droits sociaux collectifs", a ajouté Le secrétaire général de FO qui s'exprimait sur France Inter ce jeudi matin. "Il y a des mesures sur les mutuelles qui risquent de se traduire par une augmentation du coût pour les assurés, ça c'est évident", a-t-il toutefois noté. Plus généralement, le secrétaire général de FO, qui doit s'entretenir avec le Premier ministre vendredi, regrette que la "logique" de la restriction budgétaire, "ne permet pas de sortir des difficultés".

Quant à la CFDT, son secrétaire général, François Chérèque considère que ce plan n'est "pas le bon parce qu'il est inégal". Lui aussi doit s'entretenir avec François Fillon ce jeudi dans le cadre de rencontres avec les partenaires sociaux. "Les salariés sont mis à contribution", regrette François Chérèque, qui évoque la taxation sur les mutuelles "à hauteur d'1,2 milliard d'euros, ce qui est six fois plus que ce qu'on demande aux plus riches dans notre pays." Avec sa taxe exceptionnelle sur les très hauts revenus l'Etat compte en effet gagner 200 millions d'euros.

Le secrétaire général de la CFDT, faisant état d'une probable nouvelle hausse du chômage, s'interroge sur les heures supplémentaires. "Je ne comprends pas comment on continue à faire des heures supplémentaires comme on n'en a jamais faites dans notre pays", a-t-il ainsi lancé.

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Enfin François Chérèque annonce que son organisation fera "des propositions pour dégager des moyens et soutenir les salariés des entreprises en difficulté, et des propositions de financement pour réduire la dette". Il parle notamment d' "une nouvelle tranche d'imposition pour les hauts revenus, qui rapportera celle-là".

Une rencontre intersyndicale doit avoir lieu le 1e septembre entre la CGT, la CFDT, FSU, Solidaires et l'Unsa a propos des mesures anti-déficits annoncées mercredi par François Fillon.

latribune.fr

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