Quand le monde syndical dialogue avec François Hollande....

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L'un des six candidats à la primaire socialiste, François Hollande, a débattu pendant deux heures, lundi 19 septembre, avec des syndicalistes. Une première, organisée par Jacky Bontems, ex-numéro deux de la CFDT, qui a fait carton plein.

C'est un public très inhabituel que la salle Barbara, de la mairie de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), a accueilli lundi soir. Quelque 240 syndicalistes ont répondu présent à l'invitation de Jacky Bontems, ex-numéro deux de la CFDT, pour dialoguer avec François Hollande, candidat à la primaire socialiste. Une première, saluée par un député de la Corrèze, très en forme devant "les camarades". Des membres de la CFDT, de l'Unsa, mais également de la CFE-CGC, de FO, de la CGT, d'organisations étudiantes et lycéennes ou du syndicat de la magistrature.

Une rencontre "naturelle"

"Une telle rencontre serait tout à faire naturelle, normale, presque banale dans la plupart des grandes démocraties occidentales. En France, c'est encore quelque chose qui relève de l'exception, en raison de l'histoire de notre pays et de l'état actuel de nos relations sociales", a souligné François Hollande dans son discours, avant de rappeler que "tous les combats de la gauche s'inscrivent dans l'histoire des luttes du monde du travail".

"Une nouvelle page des relations sociales"

Le ton est donné. François Hollande est là pour livrer son son analyse de la situation économique et sociale du pays et les grandes orientations de son projet. Mais également pour rallier à sa cause ces acteurs de la démocratie sociale. Pour lui, "il est temps aujourd'hui d'écrire ensemble une nouvelle page des relations sociales, d'inventer un partenariat nouveau pour mieux protéger les Français face aux défis actuels et pour garantir la survie de notre système de protection sociale. Il y a là une urgence sociale, car après dix ans de gouvernements de droite et bientôt cinq ans de sarkozysme : la France est exsangue, à bout de souffle", a-t-il martelé.

Pour un syndicalisme efficace

Le candidat, accompagné de son fidèle soutien Marisol Touraine, député d'Indre-et-Loire, a proposé un nouveau partenariat avec les acteurs sociaux. Pour lui "si l'Etat est garant de la cohésion sociale et de l'ordre public, il n'a rien à redouter à laisser une plus grande place aux partenaires sociaux dans l'élaboration de la norme sociale. C'est pourquoi j'ai proposé de mieux reconnaître et garantir leur rôle en la matière. J'ai suggéré que cela soit inséré dans la constitution. C'est pour moi marquer l'importance que j'accorde à une démocratie sociale vivante", a-t-il rappelé. Selon lui, "le syndicalisme a besoin d'être efficace pour être fort et respecté. Il doit marcher sur ses deux jambes : la contestation et la critique sociale, mais aussi la négociation et la proposition". Majoritairement composé de syndicalistes, dits "réformistes", l'auditoire approuve. Même si dans les rangs, beaucoup s'interrogent sur la place qui sera concrètement réservée à la loi et au contrat, dans un contexte de faible taux de syndicalisation.

La jeunesse, une priorité

Au coeur de ses priorités, la jeunesse "qui permet de fédérer toutes les priorités". C'est le premier élément du pacte social qu'il souhaite proposer aux Français. Il veut en faire "une grande cause nationale". L'évoquer lui a également permis de revenir sur l'une de ses propositions-phare, à savoir le "contrat de génération". Son principe est simple : l'employeur qui gardera un senior jusqu'à l'âge de sa retraite et qui embauchera en CDI un jeune de moins de 25 ans bénéficiera d'une exonération totale de cotisations sociales sur ces deux emplois pendant deux ans

Pas de promesses budgétaires intenables

Très applaudi, à l'issue de son discours centré sur la critique du quinquennat de Nicolas Sarkozy, François Hollande - qui s'est bien gardé, dans le contexte budgétaire actuel, de faire des promesses qu'il sait ne pas pouvoir tenir s'il sort vainqueur de la primaire en octobre et s'il accède à l'Elysée en 2012 - s'est ensuite prêté au jeu des questions/réponses avec la salle.

Il n'a pas été déçu. Dans l'auditoire, installés en arc de cercle autour de lui, nombreux étaient les militants qui souhaitaient l'interpeller. Très convoités, les micros baladeurs sont passés de main en main. Créant parfois l'agacement de certains participants qui ne voulaient pas se faire passer devant par les autres Des questions et des témoignages il y en a eu.... Et dans tous les registres.

Comme ce militant qui décrit les conditions de travail dégradées des fonctionnaires et le stress qui se généralise dans la fonction publique. Ou cette déléguée de Pôle emploi qui l'a alerté sur les difficultés au quotidien de Pôle emploi et des problèmes de gouvernance au sein du service public de l'emploi... Ou bien encore ce syndicaliste qui rappelle la "nécessaire réforme de la représentativité patronale".

Eviter le "redoublement" de Nicolas Sarkozy

Questionné sur le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite, François Hollande a également rappelé sa proposition de créer 12.000 postes par dans l'Education nationale "alors qu'on a supprimé 100.000 depuis dix ans", a-t-il souligné. Il a aussi épinglé le trop grand nombre de redoublements des élèves qui représente selon lui un coût de 2 milliards d'euros par an. "Je ne suis pas contre le redoublement, a-t-il indiqué avant d'ajouter malicieusement : "d'ailleurs j'en connais un qui veut redoubler son quinquennat et je fais attention", déclenchant des rires dans la salle.

Le candidat à la primaire socialiste a également été très applaudi lorsqu'il a déclaré que "ceux qui auront cotisé 41 ans et demi pourront partir à 60 ans en retraite". De jeunes militants d'organisations étudiantes et lycéennes, pas impressionnés pour un sou n'ont pas hésité à interpeller le candidat en l'appelant par son prénom et en le tutoyant sur le militantisme étudiants. Une jeune militant a même plaidé pour un rapprochement entre les entreprises et les lycées. "Il y a trente ans, on m'aurait dit qu'il faut que l'entreprise entre dans les lycées, eh bien...", s'est-il exclamé.

Deux heures d'échanges avec les militants

La réforme de la dépendance des personnes âgées, repoussée sine die par le gouvernement, a également été source de questions. Réponse de l'intéressé qui n'a pas botté en touche : "il faudra se poser du recours sur succession"... Au sortir de la rencontre, qui aura duré deux heures au final, les militants se montraient plutôt enthousiastes. "Il a la stature pour affronter Nicolas Sarkozy", estime l'un d'eux. "Il a bien bossé les sujets", enchaîne un autre.

Côté organisateur, la satisfaction était de mise. "Le débat a eu un formidable impact au sein des organisations syndicales. Et l'événement a eu un effet boule de neige en province", s'est félicité par Jacky Bontems, ex-numéro 2 de la CFDT, qui présidait le débat. Celui-ci espère maintenant que cette initiative débouchera sur un engagement fort des militants en faveur de François Hollande, lors des primaires socialistes des 9 et 16 octobre. A suivre....

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Commentaires
a écrit le 27/09/2011 à 19:17 :
Des mansonges, rien que des monsonges pour nous faire couler plus profon encore!!!

Dans l'etat actuel des finances publiques, je trouve ce genre de discours irresponsable et anti national!
a écrit le 27/09/2011 à 17:59 :
Après avoir lu cet autre article, on a un point de vue légèrement différent :

http://www.marianne2.fr/Le-pacte-generationnel-de-Francois-Hollande-divise-les-syndicats_a210636.html

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