Programmes économiques d'Aubry et Hollande : le jeu des 7 différences
Ivan Best
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Ils s'opposent à coup de petites phrases, mais plus le temps passe, plus grand apparaît leur accord profond sur la ligne économique à suivre. Martine Aubry et François Hollande, les deux candidats à la primaire socialiste qui mènent la course en tête, tentent par tous les moyens de se différencier. Mais, à La Rochelle, où se tenait ce week-end l'université d'été du PS, leurs positionnements sont apparus très proches sur les questions économiques, surtout face aux oppositions venues de la droite et de la gauche du PS.
À droite sur l'échiquier socialiste, Manuel Valls joue la surenchère dans la rigueur, estimant que toute les marges de manoeuvre d'un futur gouvernement devront être consacrées au désendettement. À gauche, Arnaud Montebourg dénonce, quand il voit Aubry et Hollande partisans d'un retour à 3 % de déficit dès 2013, « un concours d'austérité que la gauche voudrait faire avec la droite ». Ailleurs, Ségolène Royal se prononce contre des hausses d'impôts pourtant bel et bien prévues par le projet socialiste adopté ce printemps : s'il n'est fait mention dans ce texte que de recettes nouvelles issues de l'annulation des cadeaux fiscaux de la période Sarkozy, il s'agira bien, pour les contribuables concernés, d'impôts à payer en plus par rapport à la situation actuelle.
Du coup, François Hollande et Martine Aubry peinent à se différencier. Le premier insiste sur la réforme fiscale, qui promet d'être longue et particulièrement complexe à mettre en oeuvre, à entendre les économistes du PS (fusionner la CSG et l'impôt sur le revenu pose de redoutables problèmes). La seconde évoque 10 milliards d'euros d'économies à réaliser rapidement sur les niches fiscales dont profitent les gros contribuables, mais sans plus de précisions. Et si l'ex premier secrétaire du PS parle surtout d'un « redéploiement des niches », il veut aussi en supprimer certaines.
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Cette absence de différence sur le fond, entre les deux candiats leaders, est-elle gênante ? Oui, assurent certains observateurs, qui entrevoient une conséquence redoutable pour le PS, à court terme : un risque de désintérêt pour la primaire, dont le premier tour est prévu le 9 octobre. Si l'opération ne mobilise pas, le futur candidat PS à la présidentielle risque d'en être fragilisé.
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