PRIMAIRE SOCIALISTE Ségolène Royal, l'écolo-socialo-gaullienne

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Copyright Reuters (Crédits : Julien VASQUEZ)

Sur le plan économique, la présidente de la région Poitou-Charentes est certes une keynésienne, partisane d'une relance par la consommation grâce à une politique volontariste de revalorisation des bas salaires. Pour autant, elle emprunte aussi au social-libéralisme en prônant une France d'entrepreneurs. Conseillère à l'Élysée au temps de François Mitterrand, elle a hérité de l'ancien chef de l'État son sens de l'opportunisme et, surtout, un réel flair politique. C'est ainsi qu'elle a déboulé dans la primaire socialiste de 2006 et emporté le morceau à la barbe de deux éléphants, DSK et Laurent Fabius... tel Mitterrand arrachant une victoire inattendue au congrès d'Épinay en 1971. Ségolène Royal est aussi la candidate qui a le plus coloré en vert son discours : sortie du nucléaire, défense de l'éolien, développement de l'économie verte font partie de ses credo. Particularité de la seule femme a avoir atteint le deuxième tour d'une élection présidentielle en France : elle sait aussi prendre des accents gaulliens en cherchant à se situer au-dessus des partis. Elle fût ainsi la première au PS à briser un tabou en appelant à une alliance avec le Modem de François Bayrou. Royal se déclare aussi ouverte à un rapprochement avec les autres centristes et les gaullistes sociaux. Cependant, après avoir voulu (ou dû) mener la campagne de 2007 indépendamment du PS, elle est ensuite rentrée dans le rang, briguant même le poste de premier secrétaire... qu'elle rata de peu. Une sorte d'ovni idéologique.

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Commentaires
a écrit le 08/10/2011 à 14:50 :
Le keynésianisme porte l'accent sur la nécessité d'une demande forte pour créer des débouchés pour les entreprises nationales. Limiter cette école de pensée économique à la seule augmentation des salaires, alors qu'elle s'attache au développement de toutes les catégories de revenus et à l'investissement qui crée de la demande de biens d'équipement, c'est ne pas en comprendre l'esprit. Aujourd'hui, être keynésien, c'est produire en France pour créer des emplois et des revenus en France. Les salaires restent une base de réflexion mais la réflexion keynésienne ne se limite pas aux bas salaires et elle n'oublie pas que la mondialisation -voulue aussi par les socialistes- peut transformer une politique de la demande mal conduite en Bérézina nationale et en victoire des produits importés. Il faut plus de compétence que n'en a Ségolène Royal pour être keynésien.

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