Wall Street : secouée par des soupçons de fraude liés à son IPO, Jumia réagit

Jumia
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Que s'est-il réellement passé chez Jumia ? La startup a-t-elle réellement manqué d'éthique dans la constitution du dossier qui a permis la validation de sa spectaculaire IPO du 12 avril dernier à Wall Street ? C'est ce que vont désormais tenter de confirmer ou d'infirmer près d'une dizaine de cabinets spécialisés américains qui, à la demande des investisseurs, enquêtent pour fraude présumée contre Jumia. Parmi eux : Rosen Law Firm qui représente les investisseurs à travers le monde, mais aussi Bragar Eagel & Squire ou encore le très rigoureux Holzer & Holzer.
Tout est parti du rapport de Citron Research -un spécialiste des rapports sur des entreprises qu'il prétend être surévaluées ou se livrant à la fraude- publié vendredi dernier. Se basant sur l'étude du document confidentiel présenté aux investisseurs en octobre 2018 et celle du rapport présenté pour son IPO à Wall Street en avril dernier, Citron Research révèle une surestimation de 20 à 30% du nombre des consommateurs et des marchands actifs, ainsi que la dissimulation du nombre de produits retournés, non livrés ou annulés qui serait de 41%.
Entre autres révélations, le rapport fait également état de « transactions douteuses » entre l'entreprise et l'un des cofondateurs, Jeremy Hodara, relatives à certaines activités du groupe. Citron Research évoque notamment la vente en 2016 pour 1 euro symbolique de quatre filiales à Hodara, mais reprises en 2018 par Jumia pour des « prix non divulgués ».
Ces accusations résonnent telle une bombe sur les marchés. En deux jours, le cours de l'action de Jumia avait dégringolé de 40%, selon Real Money. Lors de son IPO début avril pourtant, la startup réalisait l'une des IPO les plus performantes de 2019, en réussissant à lever plus de 196 millions de dollars.
Mais Sacha Poignonnec, co-fondateur, balaie toutes ces allégations du revers de la main. Pour lui, ce rapport aurait pour but de court-circuiter l'envol de Jumia.
D'après lui, Jeremy Hodara n'a pas tiré profit des transactions sur quatre filiales comme indiqué par le rapport. « Jumia a vendu ces entités à Jeremy pour environ 3 € et les a rachetées pour environ 22 000 €. Cependant, Jeremy n'a jamais réclamé le paiement [pour ces entreprises] ».
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Comme pour tirer un trait sur les supputations, il déclare au Financial Times :
Hier, lundi 13 mai, Jumia a présenté ses résultats du premier trimestre 2019, mettant en avant la hausse de 58% la valeur de ses marchandises, entraînant une augmentation de 102% des revenus du marché, ainsi qu'un partenariat stratégique avec Mastercard de 50 millions d'euros pour booster sa plateforme de paiement JumiaPay. Cependant, la hausse permanente de ses pertes qui se chiffrent désormais à 45,8 millions d'euros contre 34,1 millions d'euros au premier trimestre 2018, ne laisse pas indifférent.
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Si les enquêtes commandées les investisseurs confirment les allégations de fraude, la U.S. Securities and Exchange Commission (SEC) pourrait effectivement se saisir de l'affaire. Ce qui n'augurerait pas, pour Jumia, un avenir paisible, du moins à court et moyen terme.
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