Fromagers et cuisiniers reconnus artisans : qu’est-ce que cela change ?

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Aussi surprenant que cela puisse paraître, jusqu'à ces dernières semaines, les fromagers et les cuisiniers ne pouvaient pas être artisans. Mieux, ils n'étaient pas recensés parmi les métiers de bouche...
Il y a quelques semaines, Carole Delga, secrétaire d'Etat en charge de l'Artisanat, a souhaité corrigé cela. Depuis le mois de décembre dernier, les cuisiniers et crémiers-fromagers peuvent aspirer au statut d'artisan et rentrent donc dans la grande famille des métiers de bouche aux côtés des poissonniers, glaciers et autres bouchers.
"Il y a deux ans que nous nous battons pour cela" expliquait hier soir à Bordeaux Stéphane Vergne, ancien fromager de Nîmes, actuel président de la Fédération des fromagers de France qui répondait à l'invitation d'Yves Petitjean, président de la Chambre de métiers et de l'artisanat de la région Aquitaine, qui a beaucoup milité au sein de l'APCMA pour ces professions.
La Fédération nationale des détaillants en produits laitiers (FNDPL), qui a piloté ce dossier, avait sondé, en 2013, les 3.200 crémiers-fromagers chefs d'entreprise (165 en Aquitaine) recensés en France pour savoir s'ils étaient sensibles à une immatriculation au répertoire des métiers. Le résultat était sans appel : 94 % des sondés soutenaient la démarche de la FNDPL. La mission est donc accomplie.
Mais qu'est-ce que cette décision gouvernementale change fondamentalement ?
Un accompagnement qui passe par un renforcement des formations. Aujourd'hui, seule une Certification de qualification professionnelle (CQP) de vendeur conseil en crémerie-fromagerie, créée en 2001, complète des formations plutôt généralistes dédiées au commerce de l'alimentation. Désormais, via l'enregistrement au registre des métiers, avec l'aide des chambres de métiers et de l'artisanat, la profession va pouvoir travailler, avec l'Education nationale, à la mise en place de formations : CAP, Bac pro, spécifiques au métier.
Autre profession concernée par cette reconnaissance en tant que métier de bouche, et pouvant, désormais, accéder à l'enregistrement au registre des métiers : cuisinier. Une profession qui compte, en Aquitaine, 15.000 salariés à plein temps, plus de 21.000 personnes supplémentaires en saison estivale et plus de 4.000 de plus en saison hivernale. Un métier qui, lui, n'attend rien de ce changement de statut en matière de formation.
"Nos centres de formation sont remplis..." soulignait, hier soir, Laurent Barthélémy, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie de la région Aquitaine. Ce que la filière attend du label artisan tient plus à la reconnaissance du métier par les consommateurs.
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Pascal Rabiller