Chine : les Maisons Sud Ouest France pourront servir du jambon de Bayonne !

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Depuis son lancement à l'occasion du Salon international de l'agriculture par les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, la bannière Sud Ouest France a pour objectif de promouvoir, en France et à l'international, les produits du Sud-Ouest à travers une marque unique. Une promotion à l'export pilotée en Aquitaine par l'Aapra (Agence aquitaine de promotion agroalimentaire) et qui passe notamment depuis 2013 par la création, en partenariat avec des investisseurs locaux, de Maisons Sud Ouest France en Chine.
Le concept fait florès à Wuhan (province de Hubei) où deux maisons ont vu le jour depuis juillet 2013, et surtout dans la province du Sichuan, à Chengdu, où cinq nouvelles Maisons Sud Ouest ont vu le jour et où cinq sont actuellement en préparation. D'ici la fin de l'année, une ouverture de Maison Sud Ouest devrait même intervenir à Pékin cette fois.
Le principe est simple. Ces "maisons" sont des lieux de vente et de dégustation de la gastronomie et de la production viticole des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées. L'appétit des consommateurs des classes moyenne et supérieure chinoises pour des produits dont la qualité est garantie se traduit par du business à l'export pour l'agroalimentaire des deux régions concernées. Un business à l'export vers la Chine qui devrait même connaître une véritable accélération avec le partenariat conclu le 22 octobre dernier par la société bordelaise Chen Di Partners avec le site de e-commerce chinois Beexi souhaitant proposer les mêmes produits que ceux des Maisons Sud Ouest à des consommateurs chinois éloignés de ces points de vente.
En attendant, les Maisons Sud Ouest semblent bien fonctionner. Depuis l'ouverture de la première d'entre elles, sept commandes de produits (160 entreprises du Sud-Ouest proposent 532 produits dans ces Maisons) sélectionnés par Sud Ouest France, soit plus d'une dizaine de containers, ont été passées par leurs gestionnaires. Le tout pour un montant de 1,3 M€ à ce jour. Le hic, c'est que cela concerne quasi uniquement des vins.
En effet, le dispositif pourrait faire beaucoup mieux pour l'agroalimentaire du Sud-Ouest. Il lui manque, notamment, un lieu de stockage avancé sur le territoire chinois.
Pour faire mieux encore, le dispositif avait surtout besoin d'un coup de pouce administratif du gouvernement chinois.
En effet, en mars 2014, à l'occasion d'une visite d'Etat du président chinois Xi Jinping, trois entreprises françaises, dont la société Haraguy (70 salariés, 29 M€ de CA, production de jambon de Bayonne), filiale du groupe Delpeyrat (groupe coopératif Maïsadour), située à Aïcirits (64), et la société midi-pyrénéenne Bastide Salaisons (Villefranche-de-Rouergue. Aveyron) avaient obtenu les premiers agréments sanitaires permettant d'exporter leurs charcuteries en Chine et donc de pouvoir figurer dans l'offre des Maisons Sud Ouest.
Finalement, il aura fallu attendre un an presque jour pour jour pour que le gouvernement chinois (c'est la direction de Delpeyrat qui nous l'a révélé hier soir), signe la certification sanitaire qui lèvera, le 1er mars, la barrière douanière, mais uniquement pour quelques transformateurs, dont Delpeyrat... barrière douanière que nos voisins italiens et espagnols avait déjà fait sauter depuis longtemps à l'ensemble de leurs charcuteries et fromages.
Ce qui sous-entend clairement que si ces restaurants proposent une carte des vins 100 % Sud-Ouest, pour ce qui est du menu, il s'élabore, en cuisine, à partir de produits locaux ou importés... d'ailleurs.
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"Résultat : jusque-là, ces lieux de vente et de consommation, en dehors du vin, proposaient uniquement des produits dits secs", regrette Jean-Pierre Raynaud.
Il est vrai que même s'il est un best-seller depuis l'ouverture des Maisons Sud Ouest, le pruneau d'Agen, au même titre que l'huile de noix, ne peut à lui seul porter l'activité export chinoise de l'agroalimentaire des deux régions...
Des régions qui, avec le cahier des charges qu'elles se sont imposé via Sud Ouest France, ne se sont peut-être pas facilité la vie.
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En effet, ce cahier des charges actuel ne rend pas éligible une grande partie des produits sucrés, des desserts ou des chocolats produits dans les deux régions. Jusqu'à preuve du contraire, les fèves de cacao, le rhum, qui sont parfois utiles à l'élaboration des recettes, ne font pas partie des matières premières produites en Aquitaine ou en Midi-Pyrénées. Résultat : les consommateurs chinois sont privés, par exemple, du chocolat de Bayonne, ou encore du cannelé bordelais.
Pascal Rabiller
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