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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

Chine : les Maisons Sud Ouest France pourront servir du jambon de Bayonne !

Photo de Pascal Rabiller

Pascal Rabiller

Publié le 19 février 2015 à 09:00 - Mis à jour le 20 février 2015 à 11:37

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le déploiement en Chine des Maisons Sud Ouest France, magasins-restaurants-caves dédiés à la diffusion des produits de la gastronomie du Sud-Ouest, bat son plein et le premier bilan commercial est correct... mais pourrait être meilleur. Si le vin cartonne, des fleurons gastronomiques locaux sont absents des rayons et des cartes des Maisons Sud Ouest chinoises. Jusqu'au 1er mars prochain, c’était encore le cas du jambon de Bayonne, mais la Chine, après un an d'instruction du dossier, vient d'entrouvrir...

Depuis son lancement à l'occasion du Salon international de l'agriculture par les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, la bannière Sud Ouest France a pour objectif de promouvoir, en France et à l'international, les produits du Sud-Ouest à travers une marque unique. Une promotion à l'export pilotée en Aquitaine par l'Aapra (Agence aquitaine de promotion agroalimentaire) et qui passe notamment depuis 2013 par la création, en partenariat avec des investisseurs locaux, de Maisons Sud Ouest France en Chine.

Le concept fait florès à Wuhan (province de Hubei) où deux maisons ont vu le jour depuis juillet 2013, et surtout dans la province du Sichuan, à Chengdu, où cinq nouvelles Maisons Sud Ouest ont vu le jour et où cinq sont actuellement en préparation. D'ici la fin de l'année, une ouverture de Maison Sud Ouest devrait même intervenir à Pékin cette fois.

Pour l'instant, ces "maisons" sont surtout des caves...

Le principe est simple. Ces "maisons" sont des lieux de vente et de dégustation de la gastronomie et de la production viticole des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées. L'appétit des consommateurs des classes moyenne et supérieure chinoises pour des produits dont la qualité est garantie se traduit par du business à l'export pour l'agroalimentaire des deux régions concernées. Un business à l'export vers la Chine qui devrait même connaître une véritable accélération avec le partenariat conclu le 22 octobre dernier par la société bordelaise Chen Di Partners avec le site de e-commerce chinois Beexi souhaitant proposer les mêmes produits que ceux des Maisons Sud Ouest à des consommateurs chinois éloignés de ces points de vente.

En attendant, les Maisons Sud Ouest semblent bien fonctionner. Depuis l'ouverture de la première d'entre elles, sept commandes de produits (160 entreprises du Sud-Ouest proposent 532 produits dans ces Maisons) sélectionnés par Sud Ouest France, soit plus d'une dizaine de containers, ont été passées par leurs gestionnaires. Le tout pour un montant de 1,3 M€ à ce jour. Le hic, c'est que cela concerne quasi uniquement des vins.

Un lieu de stockage avancé à l'étude

En effet, le dispositif pourrait faire beaucoup mieux pour l'agroalimentaire du Sud-Ouest. Il lui manque, notamment, un lieu de stockage avancé sur le territoire chinois.

"La logistique d'expédition est très lourde. Il faut trois mois en moyenne entre la commande et la livraison sur place" expliquait hier Jean-Pierre Raynaud, vice-président du Conseil régional en charge de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Nous sommes en train d'étudier cette possibilité de stock avancé qui est très importante pour accélérer le déploiement des maisons et donc faciliter encore l'accès à la demande chinoise de nos produits régionaux."

Pour faire mieux encore, le dispositif avait surtout besoin d'un coup de pouce administratif du gouvernement chinois.
En effet, en mars 2014, à l'occasion d'une visite d'Etat du président chinois Xi Jinping, trois entreprises françaises, dont la société Haraguy (70 salariés, 29 M€ de CA, production de jambon de Bayonne), filiale du groupe Delpeyrat (groupe coopératif Maïsadour), située à Aïcirits (64), et la société midi-pyrénéenne Bastide Salaisons (Villefranche-de-Rouergue. Aveyron) avaient obtenu les premiers agréments sanitaires permettant d'exporter leurs charcuteries en Chine et donc de pouvoir figurer dans l'offre des Maisons Sud Ouest.

L'heure du jambon et de la charcuterie a sonné, celle du foie gras, non

Finalement, il aura fallu attendre un an presque jour pour jour pour que le gouvernement chinois (c'est la direction de Delpeyrat qui nous l'a révélé hier soir), signe la certification sanitaire qui lèvera, le 1er mars, la barrière douanière, mais uniquement pour quelques transformateurs, dont Delpeyrat... barrière douanière que nos voisins italiens et espagnols avait déjà fait sauter depuis longtemps à l'ensemble de leurs charcuteries et fromages.

"Pour nous, c'est compliqué, concédait Sud Ouest France avant l'annonce gouvernementale chinoise. Il existe trois restaurants dans ces Maisons Sud Ouest  France qui ne peuvent pas, de fait, travailler l'essentiel des productions de nos régions..."

Ce qui sous-entend clairement que si ces restaurants proposent une carte des vins 100 % Sud-Ouest, pour ce qui est du menu, il s'élabore, en cuisine, à partir de produits locaux ou importés... d'ailleurs.

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"Nous attendons beaucoup de ces certificats sanitaires pour la charcuterie. Ils conditionnent une partie de la réussite du projet. Nous les attendions depuis janvier... Le foie gras est toujours en stand-by, mais la situation semble encore plus compliquée car là, le dossier, qui devait se décanter en 2014 reste, côté chinois, un chantier dont on ne sait pas grand-chose à ce jour", rappelle Sud Ouest France.

"Résultat : jusque-là, ces lieux de vente et de consommation, en dehors du vin, proposaient uniquement des produits dits secs", regrette Jean-Pierre Raynaud.

Pâtisseries, chocolat, confiserie... si le cahier des charges est révisé

Il est vrai que même s'il est un best-seller depuis l'ouverture des Maisons Sud Ouest, le pruneau d'Agen, au même titre que l'huile de noix, ne peut à lui seul porter l'activité export chinoise de l'agroalimentaire des deux régions...
Des régions qui, avec le cahier des charges qu'elles se sont imposé via Sud Ouest France, ne se sont peut-être pas facilité la vie.

"Nous avons sans doute été trop loin dans un premier temps, en ne limitant la sélection des produits labellisés Sud Ouest France qu'à des produits 100 % aquitains. Nous devons revoir notre cahier des charges", affirme Jean-Pierre Raynaud.

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En effet, ce cahier des charges actuel ne rend pas éligible une grande partie des produits sucrés, des desserts ou des chocolats produits dans les deux régions. Jusqu'à preuve du contraire, les fèves de cacao, le rhum, qui sont parfois utiles à l'élaboration des recettes, ne font pas partie des matières premières produites en Aquitaine ou en Midi-Pyrénées. Résultat : les consommateurs chinois sont privés, par exemple, du chocolat de Bayonne, ou encore du cannelé bordelais.

Pascal Rabiller

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