Région ALPC : colosse agricole aux pieds d'argile ?

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
En chiffre d'affaires, en nombre d'exploitations et en surface agricole, la nouvelle grande région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, qui vient tout juste d'élire son nouveau président, Alain Rousset (PS), est sans conteste la première région agricole française. Mieux, elle est même la plus puissante des régions agricoles d'Europe devant la Bavière et l'Andalousie.
Le vin, à lui seul, pèse pour 18 % de ce chiffre d'affaires qui va de 9 à 11 Md€ selon les années, les autres alcools comme le cognac et les eaux-de-vie représentent 10 % de ce même chiffre d'affaires. Un quart de la production de bois, grâce aux Landes en particulier, mais aussi au Limousin, partira désormais de la grande région ALPC. Idem pour près de 60 % de la production nationale de canards gras et 35 % des chèvres. De fait, l'ensemble constitué des anciennes trois régions représente 15 % du chiffre d'affaires total de l'agriculture nationale quand, avant ce 1er janvier 2016, l'Aquitaine ne pesait "que" 8 %.
Reste que le colosse agricole pourrait bien avoir des pieds d'argile au regard de l'âge moyen et des revenus de ses agriculteurs et éleveurs.
En effet, le revenu des agriculteurs de cette grande région, qui concentre pourtant le plus grand nombre de productions sous appellation d'origine contrôlée ou label, est inférieur (15.500 euros/an en Limousin, 33.000 euros/an en Poitou-Charentes) à la moyenne des revenus agricoles français (38.300 euros/an) et les chefs d'exploitation y sont, toujours en moyenne, un peu plus âgés qu'en France (48,4 ans). Les exploitants de plus de 55 ans sont plus nombreux que ceux de moins de 40 ans (une pyramide des âges qui est toutefois moins déséquilibrée dans les zones d'élevage).
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Les difficultés récurrentes rencontrées par le secteur ces dernières années pour assurer les transmissions d'entreprises font craindre au mieux, des phénomènes de concentrations d'exploitations, ou pire, une érosion de ce qui fait la force économique de la nouvelle grande région : son agriculture, et par extension, son agroalimentaire qui compte 4.500 entreprises employant 49.000 personnes en équivalent temps plein et réalisent 28 Md€ de CA annuel, dont près de 8 Md€ à l'export.
Pascal Rabiller