Bordeaux : la filière vin menacée par le dépérissement des vignes

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Ce matin à Bordeaux, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) organisait le 8e forum environnemental de la filière. Conformément à un engagement pris l'an dernier par son président, Bernard Farges, l'interprofession présentait son deuxième rapport de développement durable. L'occasion de présenter sa méthode de travail pour accélérer sa démarche d'amélioration en matière environnementale.
Devant 300 acteurs de la filière bordelaise, Bernard Farges et les équipes techniques du CIVB de rappeler les efforts entrepris pour l'objectif plan climat 2020 (lancé dès 2008) des vins de Bordeaux d'une réduction de 20 % des gaz à effet de serre, d'économie d'énergie et d'eau ainsi que la production, dopée de 20 %, de la production d'énergies renouvelables.
Pendant la matinée, où la parole des opposants à l'utilisation anarchique des produits phytosanitaires a été écoutée, Bernard Farges a notamment pris position pour une limite maximale de résidus (LMR) dans les vins.
"On dit ici et là que nous freinons des deux pieds sur une mise en place de LMR. C'est faux, nous demandons à l'Etat, à l'Europe de mettre en place une LMR sur nos vins... mais on nous répond que cela n'est applicable que sur les produits non transformés... Mais sachez que nous avons envie que cela change et que cela soit appliqué sur nos vins !"
En attendant, la filière qui s'organise pour la durabilité de sa production s'inquiète d'un phénomène qui remet en cause sa productivité, voire sa compétitivité : le dépérissement des pieds de vigne.
Un phénomène qui s'est accéléré ses dernières années.
Depuis 15 ans au moins les rendements déclarés s'érodent. Un recul qui s'établit, pour la seule période située entre 2008 et 2014, à 4,6 hl perdus par hectare, soit un manque à produire de 2,1 millions d'hectolitres en France, ou près de 900 millions à 1 milliards d'euros de manque à gagner pour la production viticole française, toutes appellations d'origine confondues. Une somme qui ne tient pas compte des dépréciations foncières, des coûts de main d'œuvre, coûts de production impactés par ce dépérissement
Mandaté par FranceAGriMer et le comité national des interprofessions, un cabinet d'étude a été chargé d'établir le bilan des connaissances sur le phénomène du dépérissement du vignoble... son constat est sans appel : en l'état actuel des choses, il n'existe pas vraiment de réponse au phénomène, et donc pas de solution non plus.
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Une cause que la filière bordelaise fait sienne en lançant localement un plan d'actions anti dépérissement qui passe notamment par la recherche et la mise en place d'un observatoire du vignoble et de son état sanitaire ainsi que des outils d'analyse des conduites du travail de la vigne et de la gestion des vignobles et la remise à plat de l'approvisionnement en matériel végétal via un partenariat entre production et pépiniéristes.
Bordeaux n'avance pas seul sur le sujet. Un plan national de lutte va voir le jour.
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