CIVB : Allan Sichel, le nouveau "patron" du vin de Bordeaux

Mikaël Lozano

Allan Sichel, président CIVB
LTB / Mikaël Lozano

Mikaël Lozano

Allan Sichel, président CIVB
LTB / Mikaël Lozano
Comme toujours, Bernard Farges fait sobre, direct et efficace. Il faut dire que le dynamique désormais ex-président du CIVB, viticulteur à Mauriac en Gironde, avait fait quelque peu sensation il y a quelques semaines, en ouvrant pour la première fois la porte à une sortie à terme des pesticides, sujet qui empoisonne l'image de la filière - et les consommateurs aussi, au passage.
Bernard Farges lors de son discours de passation de pouvoir
De ce sujet des pesticides, il en a naturellement - sans jeu de mots - été question lors du discours prononcé hier, juste avant que le nom de son successeur soit annoncé officiellement, lors de l'assemblée générale du CIVB à la Cité du vin. Immédiatement après avoir félicité les dirigeants de cette dernière, Sylvie Cazes et Philippe Massol, Bernard Farges a embrayé, soulignant "quelques points très positifs" et au premier rang "la fin d'une omerta" :
Pas question de changer de direction, "nous ne cesserons pas notre action et avec le même objectif, la diminution forte voire même la sortie de l'usage des pesticides". Mais il faut donner du temps au temps : "La pression Mildiou de ce début d'été nous rappelle aussi que cet objectif est très ambitieux et inatteignable par des solutions simplistes." Bernard Farges a aussi tendu une perche : "D'autres régions semblent s'inquiéter enfin du sujet pesticides. Nous serons à leurs côtés quand elles souhaiteront une coordination nationale."
Soulignant la reconnaissance de 45 AOC bordelaises par la Chine ainsi que le mois de juin très chargé entre l'inauguration de la Cité du vin et le succès public de Bordeaux Fête le vin, Bernard Farges a aussi survolé l'activité économique de la filière :
Ceux qui songent déjà à profiter du millésime 2015 pour faire s'envoler de nouveaux les prix sont prévenus...
La règle de l'alternance est en vigueur au CIVB : tous les trois ans, un négociant succède à un viticulteur et ainsi de suite. Vice-président du Conseil depuis 2013 et seul candidat en lice, Allan Sichel a été élu sans surprise par les 50 votants : 48 voix pour, un bulletin blanc, un bulletin nul. PDG de la société familiale de négoce Maison Sichel depuis 19998, il est également depuis 2011 administrateur de l'UMVIN, la fédération nationale du négoce et fut par le passé président de la fédération de Bordeaux et Libourne ainsi que de l'Union des maisons de Bordeaux.
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Passation de pouvoir entre Bernard Farges et Allan Sichel
Prenant la tête d'une interprofession disposant d'un budget de 37 M€ (en 2015), Allan Sichel a annoncé une réflexion en profondeur liée au "Plan Bordeaux demain" dont la réactualisation a déjà été initiée, et a fixé quelques priorités lors de son discours introductif :
- Regagner des parts de marché : "Nos armes ne doivent pas être le prix le plus bas mais plutôt l'attractivité, le goût, le plaisir, la découverte, la curiosité, le sens, l'intérêt pour nos vins." Objectif chiffré : renouer rapidement avec des volumes de commercialisation supérieurs à 5,5 millions d'hectolitres (contre 5,3 Mhl en 2015).
- Intensifier les relations entre acteurs : le nouveau président du CIVB veut ainsi rapprocher les familles des négociants et des viticulteurs pour mettre en place "des fonctionnements cohérents et synchronisés" mais aussi "consolider les efforts entre institutions locales, entre opérateurs et institutions comme entre producteurs et commercialisateurs".
- Répondre aux attentes sociétales : évoquant "la réduction du recours aux produits chimiques" et estimant que des progrès ont été faits avec le Système de management environnemental, cadre proposé par le CIVB depuis 6 ans, Allan Sichel estime que "la prise de conscience s'est fortement accélérée cette année et nous devons y répondre avec détermination à travers la recherche, la pédagogie et la communication". Trois autres enjeux sont listés : "La protection de l'environnement pour un développement durable, le bien-vivre ensemble pour permettre la cohabitation apaisée et sereine de la vigne et des riverains, et la consommation nocive des produits alcoolisés que nous devons contribuer à combattre."
- Renforcer la fierté autour de la filière : tous sont concernés selon Allan Sichel, du producteur au consommateur en passant par la population régionale : "La fierté est un ingrédient décisif dans la réussite."
- Fédérer tous les efforts autour du thème "Bordeaux capitale mondiale du vin" : "Je ne connais aucune autre ville qui aurait plus de légitimité que Bordeaux à revendiquer le titre de capitale mondiale du vin. Ce titre attire cependant des obligations et une certaine exemplarité [...]. Ce fil conducteur ouvre un gigantesque champ d'opportunités innovantes, de nouvelles activités et de nouveaux métiers à créer."
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300 entreprises de négoce
33 coopérations et 3 unions de coopérative
84 courtiers
65 appellations et 111.150 ha en 2015
5,3 millions d'hectolitres récoltés en 2015 et 3,8 Md€ de CA
Mikaël Lozano