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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

Vin : le classement des crus bourgeois du Médoc revient en 2020

Photo de Pascal Rabiller

Pascal Rabiller

Publié le 20 septembre 2016 à 13:02 - Mis à jour le 20 septembre 2016 à 13:58

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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En 2020, cela ne s’invente pas, la production des vins du Médoc va retrouver ce qu’elle attend depuis 2008, un classement des crus bourgeois en trois catégories : crus bourgeois, crus bourgeois supérieurs, crus bourgeois exceptionnels. En attendant, c’est un “pot commun” de 278 crus bourgeois que l’Alliance du même nom révèle ce jour à Bordeaux.

Sous le feu des contestataires et déçus, qui furent souvent les mêmes, le dernier classement des crus bourgeois du Médoc réalisé en 2003, était passé de vie à trépas sur décision du tribunal de commerce de Bordeaux fin 2007.
Depuis 2008, c'est un système de reconnaissance annuel qui a permis à une grande partie de la production, regroupée sous l'association Alliance des crus bourgeois, de sauver l'essentiel : la mention "cru bourgeois" qui constitue un repère de choix pour les consommateurs.
Une mention orpheline de la hiérarchie qui s'imposait jusque-là et qui répartissait les candidats retenus en trois catégories : crus bourgeois, crus bourgeois supérieurs et crus bourgeois exceptionnels.
Après avoir bataillé de longs mois pour mettre au point un cahier des charges qui satisfasse les 2/3 de ses adhérents, l'Alliance des crus bourgeois a réussi, lors de sa dernière assemblée générale, à obtenir par 78 % des votants la validation de sa dernière version.

"Nous sommes sur la bonne voie du retour au classement qui interviendra en 2020", explique Olivier Cuvelier, président de l'Alliance. "Il ne reste plus qu'a mettre en place et faire valider par les adhérents, le plan de vérifications de ce cahier des charges. Ce plan de vérifications va, notamment, fixer les règles de dégustations."

2020 : les Crus Bourgeois retrouvent leurs lettres de noblesse

L'unique mention "Crus Bourgois" n'a donc plus que quelques années devant elle, mais elle laissera une empreinte... autocollante.

"Elle est peut-être intéressante sur le plan de la communication auprès des consommateurs, mais la remise en question annuelle de cette reconnaissance que nous nous imposons depuis 2008 comporte de vraies lourdeurs", explique la vice-présidente, Armelle Cruse, avant de poursuivre : "Il est temps que nos crus retrouvent leurs lettres de noblesse. Cette unique mention crus bourgeois, qui réunit 278 crus soit 30 millions de cols pour le millésime 2014 que nous présentons aujourd'hui, a quelque chose de frustrant pour la production puisqu'elle récompense un niveau minimum de qualité. Cette reconnaissance impose beaucoup de contraintes pour une simple mention obtenue pour une seule année... mais le petit sticker crus bourgeois apposé sur les cols bénéficiant de la reconnaissance va survivre au retour du classement, car il offre, on le sait désormais, une bonne visibilité à nos vins vis-à-vis du consommateur", poursuit la gérante du Château du Taillan.

>>>>>>> Découvrez la dernière sélection des Crus bourgeois du Médoc

La (re)conquête de la hiérarchie perdue

"En 2008 il y avait urgence, nous devions sauver la mention cru bourgeois. C'est fait, et on peut en effet dire que le sticker crus bourgeois est bien perçu par les consommateurs et nous redonne de la visibilité sur les marchés. Aujourd'hui nous sommes engagés dans une reconquête de notre hiérarchie", explique Frédérique de Lamothe, directrice de l'Alliance des crus bourgeois qui compte 291 adhérents qui réalisent 1/3 de la production des vignobles médocains, avec environ 30 millions de bouteilles/an.

Un classement quinquennal plus facile à digérer ?

A cette heure, ce que l'on sait du prochain classement des crus bourgeois du Médoc, c'est qu'il sera publié en 2020. On sait aussi qu'il sera quinquennal, et qu'il sera principalement assis sur la dégustation de cinq millésimes en bouteilles "qui seront prélevés au moment des mises en bouteilles" précise le président de l'Alliance. La mise en avant de l'image de la propriété, la maitrise environnementale de la production feront aussi, entre autres, partie des critères pris en compte par le jury.

"Il faut noter aussi que nous avons établi une règle spéciale pour la première édition du classement" souligne Olivier Cuvelier. "Les propriétés qui auront obtenu la reconnaissance actuelle Crus Bourgeois pendant cinq ans au moins, obtiendrons, automatiquement, le classement Crus Bourgeois en 2020."

Il ne reste plus qu'à espérer que ce classement à venir ne sera pas annuler dans la foulée de résultats qui, forcément, feront des déçus.

"Nous avons bien verrouillé le process, mais on sait qu'il existe un risque", reconnaît Olivier Cuvelier.

Le résultat de ce classement est établi pour cinq ans seulement, ce qui devrait atténuer un peu la déception pour les éventuels recalés qui auront juste le temps nécessaire pour se remettre en condition pour décrocher le classement suivant, mais même si la règle du jeu semble acceptée par le plus grand nombre, elle ne peut garantir l'absence de mauvais joueurs...

Pascal Rabiller

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