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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

Sojalim, nouvel atout de la reconquête du soja français

Photo de Pascal Rabiller

Pascal Rabiller

Publié le 06 octobre 2016 à 07:59 - Mis à jour le 06 octobre 2016 à 08:31

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Développer une filière soja locale de qualité à même de concurrencer la production mondiale non OGM, tel est le but d’une nouvelle entité, Sojalim, associant le groupe béarnais Euralis et le groupe Avril (ex-Sofiprotéol).

Déjà acteur de l'amont et de l'aval de la production de soja, le groupe coopératif béarnais Euralis (12.000 agriculteurs, 5.500 salariés, 1,5 Md€ de chiffre d'affaires) se positionne depuis hier en tant qu'acteur de la création d'une filière soja dans le Sud-Ouest.
En effet, aux côtés du groupe Avril (ex-Sofiprotéol), le groupe coopératif aquitain vient de créer une filiale commune, Sojalim, qui finance et exploitera une unité de trituration de soja qui va sortir de terre à Vic-en-Bigorre, près de Pau.
Une unité qui, moyennant un investissement total de 3,5 M€ et la création d'une dizaine d'emplois, sera capable, dès le printemps 2017, de transformer (triturer) 25.000 tonnes de tourteau de soja, dont 5.000 tonnes de soja biologique.

Euralis et Avril visent la compétitivité vis-à-vis du soja OGM

Actuellement la production des 600 agriculteurs coopérateurs d'Euralis plafonne à 14.000 tonnes de soja. Mais la progression de la culture du soja est rapide puisqu'en une année seulement elle a déjà bondi de 50 %.

"Nous voulons sécuriser l'approvisionnement en protéines françaises des productions animales, volailles, bovins, porcs...", explique Eric Robert, directeur opérationnel chez Euralis. "L'unité de production est installée à proximité immédiate de l'usine d'aliments pour animaux Sanders-Euralis qui adresse les marchés de l'élevage de canards, de porcs et de bovins. Nous structurons donc l'amont de la filière en créant un outil qui va permettre à notre soja de qualité d'être compétitif, en prix, par rapport au soja, non OGM, jusque-là importé d'Amérique du Sud principalement."

Soja = moins d'intrants, pas d'engrais azotés, terres enrichies

Une compétitivité qui servira également à celle des élevages concernés.
Cette structuration amont offre par ailleurs une nouvelle source de revenu pour les agriculteurs. Le cours du soja évolue aux alentours de 320 euros la tonne quand celui du maïs plafonne actuellement à 150 € la tonne...

"Les contraintes ne sont pas les mêmes, le rendement à l'hectare non plus", précise Eric Robert."On peut produire trois tonnes à l'hectare de soja quand le maïs a un rendement de 10 tonnes/hectare, mais c'est vrai que le soja représente une nouvelle source intéressante de revenu pour nos agriculteurs, et c'est précisément le but principal de notre coopérative que de proposer un développement de leurs revenus", précise le directeur opérationnel.

Sans être une martingale, la filière soja offre quand même des avantages qui ne sont pas que financiers pour l'agriculteur qui s'y lance.

"C'est une culture qui n'a pas besoin d'engrais azotés, et de beaucoup moins d'intrants que la plupart des cultures. C'est une culture qui enrichit les terres, grâce à une auto fertilisation, et à un développement racinaire qui travaille le sol", explique Cédric Poeydomenge, directeur technique d'Euralis. "La culture du soja, grâce à cet avantage agronomique, représente une très bonne préparation des terres à la culture du maïs. L'alternance entre la culture du soja et celle du maïs est idéale."

Si la production première des agriculteurs d'Euralis reste, et restera sans doute longtemps, la culture du maïs, avec cette structure commune Sojalim, le groupe coopératif se positionne désormais comme un acteur qui compte au sein d'une filière française du soja en plein essor.

La France retrouve sa production... de l'an 2000

La France, pourtant 1er producteur européen d'oléoprotéaginaux, reste un nain mondial du marché du soja par rapport aux USA, au Brésil et à l'Argentine. La France, via la mise en place d'un plan "protéines végétales" doté de 49 M€ d'aides, entend, pour réduire sa dépendance vis-à-vis de l'importation dans ce domaine (au moins 40 % de la consommation française est issue de l'importation lointaine), cultiver au moins 200.000 hectares de soja à l'horizon 2020.
La volonté de la filière se traduit clairement dans les chiffres. La France cultivait 43.000 hectares de soja en 2013, 76.000 en 2014, et 141.000 hectares actuellement, soit le niveau qui était celui le sien en 2000... ce qui, tout en relativisant, sans en diminuer l'effort nécessaire pour cette forte progression, donne aussi  l'occasion de rappeler que rien n'est gagné dans ce domaine et qu'une baisse des cours, ou un coup de frein politique dans le soutien de la filière pourrait remettre en question le développement du "pois chinois", autre nom du soja.

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Pascal Rabiller

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