InVivo veut muscler ses ventes au détail avec Jardiland

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
C'est à Bordeaux ce vendredi que les dirigeants du groupe coopératif InVivo, présidé par Philippe Mangin, ont achevé leur tour de France 2017, passé auparavant par Dijon, Montpellier, Paris et Nantes. Premier groupe coopératif français, InVivo ne regroupe pas des agriculteurs mais des coopératives, au nombre de 220, pour un chiffre d'affaires de 6,4 Md€ en 2016, avec 9.200 salariés.
Présent dans 31 pays, dont 14 en Europe, 10 en Asie, 5 dans les Amériques et 2 en Afrique, InVivo, créé à l'initiative des céréaliers, s'est graduellement diversifié dans la nutrition et la santé animale, la vente au détail et tout récemment la viticulture. En 2015 Philippe Mangin et Thierry Blandinières, directeur général du groupe, ont présenté à Bordeaux le virage stratégique d'InVivo dans le secteur du vin, avec la constitution du pôle InVivo Wine, démarrée via l'acquisition du négociant bordelais Cordier Mestrezat. Une opération menée par InVivo de consert avec le groupe coopératif languedocien Vinadeis (ex-Val d'Orbieu).
Objectif : convaincre les coopératives viticoles des différents vignobles de France de confier à InVivo tout ou partie de leurs ventes à l'export. InVivo Wine fédère aujourd'hui 23 coopératives viticoles françaises, soit 3.800 vignerons représentant une base de 25.000 hectares répartis entre Bordelais, Sud-Ouest, Languedoc-Roussillon, Rhône et Beaujolais.
Bertrand Girard, à gauche, avec Thierry Blandinières (DR).
Cordier Mestrezat réalise 40 M€ de chiffre d'affaires mais Thierry Blandinières voit beaucoup plus grand et mise d'ici 2018 sur une activité vin consolidée de 280 M€, avec l'intégration de Baarsma Wine. En plus de l'Europe, InVivo vise le grand export et vient de recruter Bertrand Girard, directeur général de Vinadeis, qui a été promu directeur général d'InVivo Wine, avec une mutation à New-York puisque c'est notamment à partir de la "Grosse pomme" que l'état-major d'InVivo va lancer son offensive commerciale en Amérique du Nord.
La stratégie déclarée consiste à attaquer le marché nord-américain avec un mono-cépage de type Malbec, pour installer la marque Cordier, avant de rentrer dans du plus complexe avec des vins assemblés. InVivo vise pour sa branche vin un chiffre d'affaires de 500 M€ d'ici 2020.
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Thierry Blandinières a également confirmé à l'occasion de ce passage à Bordeaux la poursuite des négociations entre les filiales jardineries d'InVivo, Gam Vert et Delbard, avec Jardiland, et détaillé la stratégie du groupe coopératif.
Dans ce contexte InVivo entend s'imposer comme un acteur majeur de la concentration du marché.
Même si les négociations avec Jardiland ne sont pas encore terminées, le directeur général éclaire les grandes lignes directrices de la manœuvre.
Le futur pôle jardinerie, inclus dans la branche "retail" du groupe (vente au détail), est appelé à se diversifier davantage dans la vente alimentaire. Cette dernière représente aujourd'hui 10 % du chiffre d'affaires de Gam Vert et se constitue à 60 % de vente de vin. Pour diversifier ses jardineries dans la distribution alimentaire InVivo va les coupler avec son enseigne "Frais d'ici", lancée en 2014. L'injection de davantage d'alimentation dans les jardineries, "où il y a de la place", a selon Thierry Blandinières démontré son utilité pour booster les ventes de produits de jardinerie.
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Dans ses axes stratégiques le groupe coopératif veut également développer le commerce en ligne au service des professionnels, en transformant les sites de trading pour les céréales en place de marché, en lien avec les agriculteurs. D'où la création de la plateforme numérique InGrains. Le but étant de permettre aux céréaliers d'avoir une connaissance parfaite des offres faites sur le marché international (en qualité, prix, etc.). Avec la création du pôle Food&Tech InVivo se positionne également dans le domaine de l'innovation dans l'alimentation et le e-business. Avec pour objectif de s'imposer comme un acteur de référence dans l'innovation alimentaire, en répondant aux nouvelles tendances de consommation. Le groupe, qui fait feu de tout bois, annonce aussi de prochaines initiatives dans le lancement de fermes urbaines.
Jean-Philippe Déjean