Crise aviaire : Euralis remonte la pente

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Le groupe coopératif Euralis, à Pau, présidé par Christian Pèes, vient lui aussi de communiquer ses chiffres clés au titre de l'exercice 2016-2017. Comme Maïsadour, à Haut-Mauco (Landes), la seconde crise de grippe aviaire n'a pas épargné le groupe palois, lui aussi très impliqué dans la filière des palmipèdes à foie gras. C'est ainsi que son chiffre d'affaires a reculé de 22 M€ pour s'établir à 1,4 Md€, avec 4.740 salariés. Un choc plutôt bien amorti d'autant que son bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (Ebitda en anglais), proche de l'excédent brut d'exploitation, est remonté de +1 M€ au cours de l'exercice 2016-2017, à 48 M€. Mouvement positif qui entraine à la hausse le résultat d'exploitation, qui passe à 26 M€ (contre 20 M€ à l'exercice précédent) et refait passer au vert le résultat net d'Euralis, à +1,7 M€ (contre -6 M€ en 2016).
Plus globalement, et comme l'avait annoncé en début d'année le président de la Chambre régionale d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine, Dominique Graciet, le Sud-Ouest a payé un lourd tribut aux deux crises aviaires, jouant peut-être un rôle de bouclier pour les autres régions productrices.
Concentrée dans les départements des Landes et de Dordogne, puis le Gers et les Pyrénées-Atlantiques, la production de canards du Sud-Ouest a chuté de 45 % entre 2015 et 2017, reculant de 3,3 millions à 1,8 million de têtes, tandis qu'elle ne baissait que de 15 % en Pays-de-la-Loire et Bretagne, passant de 4,5 millions à 4 millions de têtes. Après trois ans d'affaiblissement des agriculteurs (Euralis en fédère 12.000), Christian Pèes annonce une impulsion pour créer de nouveaux débouchés. "Cette année nous investissons dans Sojalim, une filière de soja non-OGM intégralement produit dans le Sud-Ouest pour l'alimentation animale" indique notamment le président. Une façon d'en finir avec l'importation de tourteaux de soja OGM ?
Jean-Philippe Déjean