Fruits et légumes, bétail, lait : comment se porte l'agriculture néo-aquitaine ?
Pierre Cheminade

La Nouvelle-Aquitaine produit près d'un tiers des melons français dont 90 % dans l'ex Poitou-Charentes.
CC by Pixabay / pasja1000
Pierre Cheminade

La Nouvelle-Aquitaine produit près d'un tiers des melons français dont 90 % dans l'ex Poitou-Charentes.
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En Nouvelle-Aquitaine comme ailleurs en France et dans le monde, les mois de juin et juillet ont battu des records de chaleur et d'ensoleillement. Si bien que des restrictions d'eau sont en vigueur dans la plupart des départements de la région, en particulier au Nord-Est, tandis que cinq départements (Corrèze, Creuse, Dordogne, Gironde et Lot-et-Garonne) font l'objet d'une dérogation permettant aux éleveurs concernés par un manque de fourrage de valoriser leurs jachères.
"Il y a moins de pression sur le prix du fourrage mais les achats extérieurs contribuent à amputer la rentabilité des exploitations qui avaient déjà décapitalisé leur cheptel l'an dernier en vendant des animaux, déjà pour faire face à des conditions climatiques difficiles", souligne Dominique Graciet, le président de la Chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine. Pour lui la gestion de l'eau est un sujet éminemment stratégique :
Les surfaces et les rendements des principales céréales à paille progressent cette année à l'exception du blé dur en repli de plus d'un tiers mais bénéficiant du meilleur rendement à l'hectare depuis 20 ans. Les surfaces de blé tendre augmentent de +2,6 % mais sont marqués par une faible teneur en protéines, tandis que l'orge d'hiver connaît des surfaces en hausse de +13 %. La récolte des protéagineux sont également très prometteuses et le maïs devrait connaître des baisses de rendement dans le nord et l'est de la région. Enfin, les surfaces de colza n'ont jamais été aussi faibles depuis 20 ans et la chambre d'agriculture anticipe une récolte catastrophique.
Marqué par une baisse de production (-6 %) et un retard à l'allumage, le melon néo-aquitain (30 % de la production française, principalement en ex-Poitou-Charentes) a été marqué par une hausse des prix au début de l'été avant le retour d'une offre abondante à partir de fin juillet. Même schéma pour la tomate dont la production devrait néanmoins progresser de 6 % avec des prix inférieurs à 2018. Du côté des fraises et des pommes, la production devrait bondir de 23 % et ainsi maintenir les prix relativement bas. Enfin, la récolte des pruneaux devrait se situer dans la normale sur un marché saturé avec des prix tirés vers le bas.
Comme en 2018, les élevages de bovins devraient être pénalisés par les conditions climatiques très sèches d'autant que "les conditions de marché restent insatisfaisantes avec des cotations dégradées et atones pour les animaux finis qui ne permettent pas aux éleveurs de dégager un revenu suffisant", alerte la Chambre d'agriculture régionale qui s'inquiète également des futurs accords commerciaux entre l'Union européenne et le Canada et l'Amérique du Sud qui augmenteraient les contingents d'importation de viande bovine.
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Du côté des ovins, la baisse des cours depuis la fin avril conjuguée à la hausse des coûts de production pénalise les exploitations sur fond de baisse de la vente au détail de 3 à 4 % par an. A l'inverse, le porc connaît une cotation au plus haut niveau depuis trois ans, portée par les exportations notamment en Chine qui connaît une baisse conjoncturelle de sa production locale. La production de volailles est stable après une hausse de 6 % l'an dernier tandis que l'abattage des canards (+15 %) et d'oies (+6 %) repartent à la hausse après une production 2018 réduite. La région concentre un tiers des abattages de canards en France et la quasi-totalité des abattages d'oies.
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Enfin, la production de lait de vache continue de diminuer en Nouvelle-Aquitaine (-6 % au premier semestre), en particulier dans le sud-ouest de la région. Le prix du lait reste soutenu (+10 % sur un an en juin 2019). Le constat est très similaire pour le lait de chèvre tandis que la collecte de lait de brebis est, elle, en hausse de 1,8 % portée par une consommation française dynamique.
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