Pourquoi les viticulteurs attendent mieux du gouvernement
Jean-Philippe Déjean

Bernard Farges
Agence Appa
Jean-Philippe Déjean

Bernard Farges
Agence Appa
En plus de la crise du coronavirus, qui est venue frapper un vignoble bordelais déjà affaibli, la météo en a remis une couche supplémentaire avec les pluies diluviennes et de fortes chutes de grêles début mai dans certains secteurs du vignoble. Si certains domaines ont pu signer quelques contrats de ventes depuis avril, en Chine ou même en Europe, le marché reste massivement au point mort, dans le Bordelais comme en Bourgogne ou dans la Loire, et le déconfinement très partiel de la vie économique n'arrange pas la situation.
Dans son intervention du 11 mai Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, n'a pas abordé ce sujet crucial du circuit des cafés-hôtels-restaurants (CHR) pour le tourisme et le monde du vin. Le ministre a tenu à montrer que le gouvernement n'oubliait pas la filière vin mais sans vraiment convaincre. Bernard Farges souligne ainsi que si les propositions faites par le gouvernement pointent dans la bonne direction, elles sont encore insuffisantes.
Le patron de l'interprofession souligne ainsi que beaucoup d'entreprises viticoles de la filière n'ont pas arrêté de travailler, et que dans ce contexte les exonérations et les mesures de chômage partiel prises pour le confinement ne sont pas adaptées. D'autant que les entreprises viticoles ont du mal à se financer parce que la vente des récoltes précédentes, qui joue un rôle crucial, est paralysée.
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Alors que les professionnels du vin demandaient un programme de distillation de crise portant sur trois millions d'hectolitres de vin, avec un budget de 260 M€ incluant les distillateurs, Bruno Le Maire n'a pas non plus suivi. Puisqu'il a annoncé la distillation de deux millions d'hectolitres moyennant un budget de 140 M€. L'effondrement des ventes provoqué par la crise de Covid-19 se solde dans de nombreux pays viticoles par le recours à la distillation, pour réduire drastiquement le poids des stocks. Ce qui est aussi notamment le cas en Espagne. Le produit de cette distillation doit être transformé en gel hydroalcoolique. Autant dire que ce dossier vin n'a pas fini de faire parler de lui.
Jean-Philippe Déjean
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