LA TRIBUNE - Lors d'un récent webinaire sur le futur énergétique à horizon 2050 (1), vous avez assuré que l'Europe avait perdu toute perspective de souveraineté sur les panneaux photovoltaïques classiques. Pourquoi ?
Jean DONNELLY - Parce qu'un module photovoltaïque cadré européen coûte désormais 20 % plus cher qu'un module asiatique, sachant que lui-même a connu une augmentation de 15 % sous l'effet de la crise. La hausse des prix des composants, due notamment à une pénurie de polysilicium, s'est maintenue malgré la reprise, et tout porte à croire qu'il n'y aura pas de retour arrière, au contraire ! Aujourd'hui, tous les fournisseurs de composants sont asiatiques, à de rares exceptions près. En intégrant les taxes et le transport, cela nous coûte plus cher de faire venir ces composants que d'acheter un panneau directement en Chine.
D'où la nécessité de se diversifier pour tirer son épingle du jeu ?
Oui, avec cette nouvelle donne, notre business model initial ne fonctionne plus. Nous l'avions bâti sur la vente de projets photovoltaïque développés sur appels d'offres de la CRE [Commission de régulation de l'énergie], et équipés de nos modules VMH Energies. Mais l'effort que nous faisions sur l'économie globale des projets pour absorber les surcoûts de nos panneaux - de l'ordre de 10 % plus chers que les modules asiatiques avant la crise - est devenu insurmontable. Nous arrêtons en 2022 la production de modules cadrés classiques.