La justice réduit les prélèvements d'eau autorisés pour les « bassines » des Deux-Sèvres

Maxime Giraudeau
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[Mise à jour le 12/07/24 avec l'ajout de la demande d'appel par la Préfecture]
Les réserves d'eau des Deux-Sèvres finiront-elles comme le stade Matmut Atlantique de Bordeaux : à moitié vide ? Comme l'enceinte sportive, ces grandes structures de stockage dédiées à l'agriculture pourraient en tout cas être disproportionnées par rapport à leur usage réel. Cette possibilité apparaît après la décision du tribunal administratif de Poitiers du 9 juillet qui abaisse les volumes de prélèvement autorisés à l'agriculture sur cinq bassins du Marais poitevin.
Alors que les réserves visent in fine, selon leurs promoteurs, à réduire les volumes d'eau prélevés sur les bassins versants, le tribunal administratif a refait les comptes. Saisie par l'association Nature Environnement 17, elle s'est basée sur un arrêté accordé en 2021 - valable jusqu'en 2026 - par les préfectures à l'établissement public du Marais poitevin. « L'arrêté attaqué autorise, pour cette période, des prélèvements qui, pour l'année 2021, excèdent de plus d'un quart les prélèvements antérieurement réalisés dans le milieu », remarque la juridiction. Soit 84 millions de m3 d'eau en 2025 avec les « bassines », contre moins de 65 en moyenne annuelle entre 2010 et 2019.
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« [L'arrêté] est en toute hypothèse, compte tenu de son caractère manifestement excessif et déconnecté de la réalité des prélèvements jusqu'alors réalisés dans le milieu naturel, contraire au principe de gestion équilibrée et durable de la ressource en eau », lit-on dans l'avis, assorti d'une nouvelle autorisation temporaire. Celle-ci s'élève à 67 millions de m3 par an, dont 37 millions pour la partie hivernale, seul moment où peuvent être remplies les réserves. Soit une diminution de plus de 20 % des volumes autorisés sur le bassin. De quoi nourrir une grande surprise pour la Coop de l'eau dont la réserve de Sainte-Soline, alors en chantier, avait été le théâtre de très violents affrontements en mars 2023.
Maxime Giraudeau