Deutsche Telekom va lancer une émission obligataire record

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L'allemand Deutsche Telekom s'apprête à lancer cette semaine un emprunt obligataire géant destiné à étoffer son trésor de guerre, déjà bien rempli, pour de nouveaux achats d'entreprises et de licences de téléphonie mobile de troisième génération (UMTS). Selon une source proche des banques mandatées comme arrangeurs pour l'émission, cet emprunt devrait atteindre près de 13,5 milliards de dollars, battant ainsi le record atteint l'an passé par Tecnost, véhicule mis en place par l'italien Olivetti pour racheter l'opérateur Telecom Italia. Celui-ci avait levé 9,4 milliards d'euros (8,8 milliards de dollars). Un porte-parole de Deutsche Telekom a refusé de commenter ces informations. Il s'agit encore d'une estimation car le "road show" ou tournée de présentation aux investisseurs se termine mardi soir, a ajouté la source proche des banques. A la mi-juin, Deutsche Telekom avait estimé pouvoir récolter jusqu'à 8 milliards de dollars (8,5 milliards d'euros) grâce à cette opération. Officiellement, l'opérateur semi-public ne souffle mot sur l'utilisation des fonds levés. Mais tous les experts s'accordent à dire que depuis son mariage raté avec Telecom Italia au printemps de l'an passé, Deutsche Telekom recherche activement un nouveau conjoint. Le patron du groupe, Ron Sommer, le répète à l'envi. L'ancien tenant du monopole n'a pas le choix. Depuis la libéralisation totale du marché des télécoms en janvier 1998, ses parts de marché dans la téléphonie fixe se sont réduites comme peau de chagrin, grignotées par les nouveaux arrivants privés. Deutsche Telekom doit donc compenser en grandissant hors de ses frontières traditionnelles. Dans sa ligne de mire: l'Europe et les Etats-Unis. A en croire la presse, il aurait mené entre autres des négociations avec British Telecom, l'espagnol Telefonica, les américains QWest et US West. Pour l'instant sans résultat. Les réticences des autorités de la concurrence américaines et européennes sur le projet de fusion entre MCI-WorldCom et Sprint pourraient en outre inciter Deutsche Telekom à s'intéresser aux activités internet et téléphone longue distance de Sprint, que WorldCom se résoudrait à céder. L'allemand s'est refusé à commenter cette hypothèse. Le groupe "n'a jamais dévoilé ses intentions à ce sujet", a déclaré un porte-parole. Autre proie dans le collimateur de l'opérateur: les licences UMTS, permettant l'essor de l'internet sur le téléphone et mises en vente dans plusieurs pays d'Europe. Il en a déjà obtenu une en Grande-Bretagne et a manifesté son intérêt pour celles disponibles en Allemagne, Italie et France. Depuis des mois, l'opérateur amasse des sommes considérables pour se donner les moyens de ses ambitions. "Son trésor de guerre doit s'élever à près de 50 milliards de dollars", juge M. Halver. En avril, il a placé en bourse son fournisseur d'accès à internet, T-Online, en juin, une troisième tranche de son capital. Il a également vendu une partie de son réseau de télévision câblée en février, mars et mai. A l'automne, il veut encore introduire à Francfort sa filiale de téléphonie mobile. En mai dernier, il a aussi obtenu de ses actionnaires l'autorisation d'augmenter son capital de plus d'un milliard et demi d'actions d'ici à 2005.

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