L'euro se stabilise autour de 0,85 dollar

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L'euro fluctue aujourd'hui dans des marges réduites, autour du seuil des 0,85 dollar. Une barre psychologique enfoncée hier après des déclarations ambigues de Wim Duisenberg, interprétées par les marchés comme éloignant le risque d'une nouvelle intervention des banques centrales sur le marché des changes. Dans un entretien au Times, le président de la Banque centrale européenne avait semblé exclure une nouvelle action de soutien, sur le modèle de celle réalisée le 22 septembre dernier en compagnie notamment de la Réserve fédérale américaine et de la Banque du Japon, en période de conflit au Proche-Orient et reconnu les difficultés de mettre sur pied une action concertée avec la Réserve fédérale américaine à proximité des élections présidentielles aux Etats-Unis. Mardi matin, l'euro a d'ailleurs bénéficié de manière très temporaire de rumeurs de démission de M. Duisenberg. "L'euro a brutalement repris quelques points en début de séance sur des rumeurs de démission du président de la BCE", a observé Audrey Childe-Freeman, économiste à la Canadian Imperial Bank of Commerce (CIBC) interrogée par l'AFP. Un bruit rapidement démenti par l'Institut d'émission européen.A 0,8502 dollar mardi en milieu de matinée, l'euro reste toutefois sur le corde raide, à moins d'un pour cent de son plus bas historique contre le billet vert atteint le 20 septembre dernier à 0,8440 dollar. L'arme de l'intervention affaiblie, les incertitudes des marchés sur la situation macro-économique de la zone euro ont repris le dessus. Au premier rang desquelles figure la politique monétaire. " Alors que la Réserve fédérale américaine est entrée dans un période prolongée de statu quo, la Banque centrale européenne a montré sa volonté de combattre tout regain inflationniste ", constate Hervé Goulletquer, chef économiste du Crédit Lyonnais. Une orthodoxie mal perçue par les analystes à un moment où plusieurs grands pays de l'Union montrent des signes de ralentissement. Ce tassement de la croissance européenne contraste d'ailleurs avec la vigueur sans défaut affichée outre-Atlantique. " L'écart de croissance entre les Etats-Unis et l'Europe va s'élargir ", pronostique même Patrick Artus, directeur des études économiques de CDC Marchés. Le ministre de l'Economie et des Finances Laurent Fabius a relayé ces craintes lundi en demandant à la BCE de " contenir l'évolution des taux d'intérêt ".Dans ces conditions, l'hémorragie de capitaux dont souffre la zone euro devrait se prolonger, voire s'amplifier. Entre janvier et juillet, le solde net des investissements de portefeuille de l'Union économique et monétaire était négatif de près de 170 milliards d'euros. L'épargne européenne continue de quitter massivement le territoire des Onze pour se placer sur les marchés actions étrangers, notamment américains. Les capitaux recherchent la meilleure rentabilité, non dans une perspective de court terme, mais à un horizon de 5 à 10 ans, estime la Caisse des Dépôts. Et sur ce plan, les Etats-Unis, champions des investissements en nouvelles technologies, conservent plusieurs longueurs d'avance sur l'Europe avec une croissance toujours forte, donc favorable au dollar.

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