Le point sur ... la stratégie d’investissement

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Pensez vous que le marché européen va surperformer le marché américain au cours des prochains mois ?Il n'existe pas, à l'heure actuelle, de dichotomie forte entre les marchés américains et européens. En d'autres termes, si les marchés corrigent aux Etats-Unis, les marchés européens suivront à la baisse. D'autre part, les valeurs européennes sont chères, probablement plus chères que les valeurs américaines, notamment dans le secteur des télécommunications. Ensuite, la correction récente n'a pas été faite avec autant de soin en Europe qu'aux Etats-Unis. Sur les marchés européens, certaines valeurs de bonne qualité ont baissé autant que des valeurs de qualité moindre. Les investisseurs ont manqué de discrimination, ce qui n'a pas été le cas outre-Atlantique. Enfin, le marché US continue de disposer de nombreux atouts : les sociétés américaines sont de plus en plus tournées vers l'étranger ; le marché est profond et bien arbitré ; les Etats-Unis sont la nation leader dans le secteur technologique. Il reste néanmoins une inconnue sur le marché américain. Depuis deux ou trois mois se manifestent des tensions inflationnistes croissantes. Greenspan pourrait donc se montrer plus agressif qu'il ne l'a été jusqu'à maintenant. Si cette hypothèse se vérifiait, les taux longs, qui sont restés relativement stables malgré la hausse des taux courts, pourraient repartir à la hausse, accroissant les coûts de financement des entreprises américaines et dégradant les perspectives de bénéfices. Dans un contexte où les sociétés ont de moins en moins de « pricing power » et où les coûts salariaux sont à la hausse, une contraction des marges est à redouter.Avez vous modifié la pondération des actions depuis la correction intervenue sur les valeurs de croissance ?Nous avons réduit la pondération des actions au début de cette année : elles représentent maintenant 55 % de notre portefeuille contre 60 % auparavant. Il se pourrait d'ailleurs, si l'on rentre de plain pied dans un « bear market » (marché baissier), que nous révisions à nouveau à la baisse la pondération des actions. Le reste de notre portefeuille est constitué de 35 % d'obligations et de 10 % de cash. Pour les placements obligataires, nous privilégions les produits ayant un terme proche, par crainte d'un mouvement de hausse des taux longs.Quel est l'effet de la chute de l'euro sur les marchés actions internationaux La dépréciation de l'euro est un élément favorable aux bourses européennes. Elle accroît l'attractivité des titres de l'Euroland pour les investisseurs étrangers. Cet effet ne s'est pas encore manifesté pour deux raisons. D'une part, la volatilité est considérable sur les marchés européens, ce qui incite les investisseurs étrangers à repousser leurs achats. Ensuite, après la chute violente du Nasdaq, il y avait des titres à ramasser aux Etats-Unis. Les opérateurs extérieurs se sont essentiellement concentrés sur ce marché. Dès que la situation sera stabilisée, il est certain que les investisseurs tiendront compte de la faiblesse de l'euro dans leurs décisions de placement.La phase de correction du Nasdaq est-elle achevée ?Pour l'instant, les pronostics sont difficiles à établir. Les marchés se trouvent dans un « no man's land » marqué par une volatilité extrême. Une chose seulement semble certaine : un rebond violent du Nasdaq est improbable à court-terme. L'indice américain des valeurs de croissance pourrait même tester à nouveau ses plus bas de l'année, car il a rebondi sur un support technique faible. Dans le pire des scénarios, le Nasdaq pourrait descendre dans la zone des 2800-3000 points, son niveau du début octobre 1999. Il s'agit d'un support extrêmement solide, car il correspond au point de départ du « bull market » (marché haussier) observé jusqu'au milieu du mois de mars.

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