Le point sur ... les small caps

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Quel regard portez vous sur l'évolution des marchés small caps depuis le début de l'année ?« Les grandes tendances de ces marchés sont bien connues. En début d'année, les petites capitalisations, notamment du secteur des TMT, ont profité de l'engouement sans précédent des investisseurs, qui s'était déjà manifesté à la fin 1999. L'euphorie a atteint son paroxysme à la mi-mars, quand l'indice du Nouveau marché a enregistré un record historique à 7.867,12 points. Il était alors en hausse de plus de 150% par rapport à son cours du début d'année. « Cet emballement a été stoppé net par la correction du Nasdaq, l'indice américain des valeurs de la Nouvelle économie. Deux vagues de chute brutale se sont alors succédées, lors de la deuxième quinzaine de mars et à la fin du mois de mai. « Mais, alors que l'indice américain a par la suite réussi à relever la tête, les nouveaux marchés européens sont restés « scotchés » sur leurs bas niveaux. Plusieurs facteurs expliquent cette déconnexion. Premier élément, les nouveaux marchés européens ont souffert de la publication d'un rapport du cabinet de conseil Price-Watterhouse-Coopers sur le Neuer Markt allemand. Celui-ci identifiait une douzaine de sociétés proches de la cessation de paiement, relançant les craintes des investisseurs sur les comptes des sociétés européennes de petite capitalisation dans le secteur des TMT. « Les nouveaux small caps européens ont également souffert de la publication de chiffres d'affaires ou de résultats décevants pour le 1er semestre de l'année. En France, par exemple, des sociétés telles que Aubay Technology (conseil en nouvelles technologies) ou Wavecom (composants pour téléphones mobiles) ont sévèrement corrigé après l'annonce de leurs derniers résultats, qui étaient légèrement moins bons qu'attendus. « Dernier facteur, les investisseurs ont été submergés par les introductions en bourse et les augmentations de capital initiées lors des mois de juin et juillet. Ces appels répétés au marché ont tiré vers le bas les marchés small caps, en multipliant les sollicitations pour les investisseurs. »Cette tendance baissière a-t-elle vocation à se poursuivre au cours des prochains mois, ou anticipez vous un rebond des marchés small caps ?« Je suis positif sur l'évolution des marchés de petites capitalisations, qui pourraient connaître un rebond violent d'ici la fin de l'été. Une condition est toutefois requise pour que cette reprise soit possible : les grandes valeurs doivent clairement s'orienter à la hausse, et ainsi permettre un retour des investisseurs vers les petites valeurs décotées. « Or, nous pensons que les grands indices boursiers pourraient rapidement rebondir, grâce notamment à l'amélioration des perspectives de politique monétaire. A ce titre, la réunion de la Fed du 22 août prochain pourrait constituer une charnière. « Le retournement du sentiment de marché à l'égard des small caps pourrait surprendre par sa brutalité, en raison de la très faible liquidité constatée actuellement sur ces valeurs. Nous considérons donc que la période actuelle est très propice pour se positionner sur les marchés de petites capitalisations. »Quels secteurs d'activité privilégiez vous aujourd'hui, et, au sein de ces secteurs, quelles sont les valeurs qui disposent du meilleur potentiel de progression ?« La sélectivité est plus que jamais primordiale sur les marchés small caps. A une gestion en termes de secteurs d'activité, nous privilégions donc le « stock picking ». « Parmi les valeurs dites de la Nouvelle économie, deux titres retiennent particulièrement notre attention. L'agence web Fi System, qui a subi une sévère correction depuis le début du mois de mars, est aujourd'hui un acteur important dans la création et l'administration de sites internet. La société a par ailleurs achevé son augmentation de capital, ce qui lui donne les moyens de financer son développement. A ce titre, les dirigeants de Fi System font preuve d'une grande clarté sur leur stratégie de croissance externe, ce qui met les actionnaires à l'abri de mauvaises surprises. Autre valeur délaissée, Infosources a vu sa valorisation fondre depuis l'annonce du rapprochement de ses activités FAI avec l'opérateur Belgacom. Or, l'appui d'un grand groupe s'avère aujourd'hui primordial dans l'accès à internet. Il s'agit donc du type même de valeur qui pourrait bénéficier d'un rebond rapide dans les prochaines semaines. « Certaines valeurs traditionnelles nous semblent également disposer d'un gros potentiel de progression. Etam (mode féminine) et Hyparlo (grande distribution) sont aujourd'hui fortement décotés par rapport aux autres sociétés comparables dans leurs secteurs d'activité. Si leurs résultats ont déçu les investisseurs, leurs cours ne reflètent plus aujourd'hui leur valeur fondamentale. « D'autres valeurs de l'ancienne économie nous attirent par leur forte croissance. C'est le cas de Plastiques du Val de Loire, une société peu connue, mais qui, spécialisée dans les plastiques destinées à l'électronique grand public, bénéficie pleinement du dynamisme des ventes de nouveaux biens de consommations comme le téléphone mobile. Dans un autre registre, Studio Canal, qui regroupe les activités de distribution et de production de Canal+, pâtit aujourd'hui du manque de visibilité lié à la fusion entre Vivendi et Seagram. Les investisseurs devraient toutefois revenir sur cette société, qui a pour ambition de s'imposer comme un studio de dimension européenne. »

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