La BCE "entend mais n'écoute pas" les appels à la baisse des taux

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Malgré les pressions internes et externes qui se sont multipliées ces derniers jours, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de laisser ses taux directeurs inchangés. Les nombreux signes de ralentissement de la croissance économique en Europe n'ont pas incité l'institut de Francfort à s'engager sur la voie de la détente monétaire. La Banque centrale européenne n'a plus modifié ses taux d'intérêt depuis le mois d'octobre 2000 et elle est la dernière banque centrale des pays du G7 à ne pas avoir enclenché un mouvement de baisse des taux. La décision de la BCE va à l'encontre des attentes de la majorité des économistes. Le taux minimal du principal taux directeur de la BCE reste à 4,75%, le taux de la facilité de prêt marginal à 5,75% et celui de la facilité de dépôt à 3,75%.Une décision qui a fait plonger l'euro à 0,8815 dollar. Quelques minutes avant l'annonce, l'euro frôlait 0,89 dollar. Les marchés espéraient une baisse d'au moins 25 points de base pour soutenir l'économie européenne dans un contexte de ralentissement de la conjoncture mondiale et de moindres tensions sur les prix dans la zone euro. On est encore loin cependant d'atteindre l'objectif de 2% fixé par la BCE.Lors d'une conférence de presse, le président de la Banque centrale européenne, Wim Duisenberg, a présenté les arguments qui selon la BCE ont plaidé en faveur du statu quo monétaire. La Banque a-t-il déclaré, "entend mais n'écoute pas" les appels à la baisse des taux. Même s'il a une nouvelle fois reconnu que les risques inflationnistes ont diminué, il a insisté sur le fait que "l'indice des prix est nettement orienté à la hausse depuis l'été, même si l'on ne tient pas compte de l'énergie et de l'alimentaire". De plus, Wim Duisenberg a estimé que "les taux d'intérêts nominaux et réels ne sont pas élevés d'un point de vue historique". Le président de la BCE répond ainsi aux accusations de ceux qui reprochent à la Banque centrale européenne d'avoir une politique monétaire trop restrictive. Wim Duisenberg a tenu également à faire une mise au point quant au rôle de la BCE par rapport à la croissance en Europe. Selon lui, "la politique monétaire ne peut accroître le potentiel de production de la zone euro; c'est le rôle des gouvernements". Enfin, s'attardant sur la conjoncture, Wim Duisenberg a livré un diagnostic mitigé. S'il estime qu'il n' y a pas de "risque de récession globale dans le monde", il reconnait néanmoins que "la croissance dans la zone euro va ralentir plus qu'on ne le prévoyait il y a quelques mois". Cette décision de la Banque centrale européenne et les explications fournies par son président ont été généralement mal reçues par les analystes. Ainsi Peter Saacke, de Merrill Lynch, a-t-il déclaré à Reuters que "ce discours est incroyablement dur. Il n'y a pas la moindre indication qu'ils pourraient se rapprocher d'une baisse des taux. Un tel mouvement est exclu pour au moins quatre semaines". Même sentiment chez Ken Wattret, de BNP Paribas, qui estime qu'en mettant l'accent comme elle le fait sur la question de l'inflation, la BCE "laisse entendre qu'une baisse des taux est une question de mois, et non pas de semaines".latribune.f

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