Les opérateurs UMTS allemands pourraient partager les coûts de construction des réseaux

Le temps et l'argent étant devenus les deux principaux obstacles au déploiement des réseaux UMTS, les six opérateurs disposant d'une licence en Allemagne envisageraient de coopérer pour accélérer l'installation des réseaux et pour réduire les coûts. Selon un responsable du groupe MobilCom interrogé par le quotidien économique Handelsblatt, cette coopération permettrait aux opérateurs d'économiser 20 à 40% des coûts de construction du réseau, soit deux milliards d'euros pour les plus gros réseaux. Le coût de construction d'un réseau est pour l'instant évalué en Allemagne (marché de 80 millions d'utilisateurs potentiels) à 5 milliards d'euros. Et leur mise en exploitation en 2002, évoquée l'an dernier lors de la vente des licences, est aujourd'hui devenue très hypothétique, ne serait-ce qu'à cause des retards annoncés dans la commercialisation des terminaux de troisième génération. "Nous avons des projets pour réduire les coûts de construction des réseaux et nous n'excluons pas une telle coopération même si pour le moment il n'y a pas de négociations directes entre les opérateurs", a expliqué à l'AFP Holger Rings, porte-parole de Viag Interkom. "Nous n'avons pas eu de discussions concrètes [avec les 5 autres opérateurs] mais, comme nous l'avons déjà dit, nous sommes ouverts à ce genre de coopération", a indiqué de son côté Stefan Arlt, porte-parole de MobilCom.T-Mobil (filiale de Deutsche Telekom), Viag Interkom (BT), E-Plus (KPN), le consortium 3G (consortium réunissant Telefonica et Sonera), Mannesmann (racheté par Vodafone) et MobilCom (dont France Télécom possède 28,5%) ont mis quelque 8,4 milliards d'euros chacun sur la table en août dernier pour décrocher l'une des licences mises en enchères par Berlin.Depuis, le doute s'est emparé des investisseurs : les ventes de licences organisées dans d'autres pays européens ont généré des recettes nettement inférieures, les prévisions des analystes sur la date de mise en service et les recettes escomptées sont de moins en moins optimistes et les actions des opérateurs cotés ont nettement reculé en Bourse. Trouver des capitaux frais pour construire les réseaux devient donc de plus en plus difficile. D'où l'intérêt d'une solution permettant de réduire les coûts."Cela n'a aucun sens de construire six réseaux jusque dans le moindre recoin du pays", indique au Handelsblatt un dirigeant d'entreprise qui a requis l'anomymat. "Nous devons trouver des synergies", ajoute-t-il. L'éventualité d'une coopération entre opérateurs, qui exigerait une modification de la réglementation sur la concurrence entre opérateurs pour se concrétiser, est visiblement jugée très crédible par les investisseurs : à la Bourse de Francfort, l'action Deutsche Telekom bondissait en fin de journée de 7,58% à 26,41 euros. Sur le Neuer Markt, MobilCom gagnait 3,84% à 23 euros. Parmi les opérateurs étrangers concernés, France Télécom progressait en clôture à Paris de 5,08% à 67,25 euros, Vodafone à Londres de 2,3% à 187,62 pence, Sonera à Helsinki de 5,87% à 11,91 euros et Telefonica à Madrid de 3,7% à 17,96 euros.

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