Sofrer prospère grâce aux antennes des opérateurs de mobiles

"Les actionnaires des opérateurs mobiles font pression sur eux pour qu'ils améliorent leurs comptes et deviennent rapidement rentables. Nous profitons de ce mouvement". Réaliste, Christophe Corbel, président du directoire de Sofrer, peut ainsi espérer assurer sa croissance grâce.... aux difficultés comptables de ses clients. Créée en 1991, Sofrer s'est peu à peu développée au-delà de son métier d'origine, l'installation d'antenne, pour faire du déploiement et de la maintenance de sites radios pour les réseaux de télécoms sa principale activité. Fournisseur d'Orange, Cegetel et Bouygues Télécom en France, la société, qui avait levé 120 millions de francs début 2000 auprès de 3i Gestion et Lion Expansion, vient de s'allier à l'américain SpectraSite Transco, désormais propriétaire de 19% de son capital. Numéro trois du secteur aux Etats-Unis, SpectraSite Transco, dont la maison-mère pèse plus de deux milliards de dollars en Bourse, constitue un partenaire solide. " Nous sommes l'un des premiers à nous associer à un grand groupe américain, explique Christophe Corbel. Les Américains sont encore peu présents sur ce métier en Europe. Et ils ont besoin de s'associer à des acteurs locaux, car les clients ne sont pas les mêmes ". Cette association, qui pourrait conduire à la prise de contrôle de Sofrer par SpectraSite "d'ici la fin du premier semestre", devrait surtout permettre à Sofrer de disposer des moyens d'entamer sa croissance externe, nécessaire pour tenir la distance face à la concurrence, dominée par les grands groupes d'électricité. Propriétaire aujourd'hui d'une centaine de sites, Sofrer n'exclut pas de faire grossir très vite son parc, par exemple en reprenant des sites à un opérateur. Car le marché des sites d'antennes évolue rapidement. Le changement de stratégie des opérateurs, pour qui la recherche de la rentabilité est devenue prioritaire, favorise le développement du "tower business", en français de la "colocation" de sites d'antennes. Celle-ci permet en effet d'alléger les coûts en déléguant à un acteur indépendant la construction et la maintenance des sites, en échange d'une redevance forfaitaire annuelle. "Les priorités des opérateurs évoluent, explique Christophe Corbel. Hier, chacun déployait son propre réseau et la concurrence jouait sur les emplacements des sites comme sur les services. Aujourd'hui, on veut optimiser les coûts de déploiement tout en minimisant les dommages causés à l'environnement. Les opérateurs sont donc prêts à accepter de partager des sites et à les externaliser". Le marché français, déjà vaste avec pas loin de 30.000 sites, devrait en compter 55.000 en 2005, prévoit Sofrer. Pour l'heure, la croissance reste assurée par les réseaux mobiles de deuxième génération, en attendant la boucle locale radio (BLR), "qui en est encore à ses balbutiements", et l'UMTS, qui prendra le relais d'ici deux ans. Sofrer, qui emploie plus de 850 personnes, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 1,2 milliard de francs (environ 183 millions d'euros), en progression de 60% sur un an. 2000 restera comme une année exceptionnelle ; cette année et l'an prochain, la croissance de l'activité devrait être plus proche de 15%. Marc Angrand

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