« Le ralentissement plaide en faveur d’une détente du pétrole »

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Le baril de Brent, le pétrole de référence en Europe, est monté mercredi à quelques cents du seuil psychologique des 30 dollars. Cette nouvelle flambée a suivi la publication mardi soir d'un rapport de l'American Petroleum Institute indiquant que les stocks de brut avaient baissé de plus de 13 millions de barils aux Etats-Unis la semaine dernière, leur troisième plus fort recul depuis 1984. Cette chute inattendue a ravivé les craintes de rationnement alors que vient à peine de débuter la « driving season » qui va voir des millions d'Américains prendre leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de villégiature. Pour Régis Collieux, qui dresse dans une interview à latribune.fr un panorama détaillé du marché du pétrole, ces chiffres méritent toutefois d'être relativisés.latribune.fr. - Comment analysez-vous la forte baisse des stocks de pétrole aux Etats-Unis et la hausse du prix du brut qui s'en est suivi ?Régis Collieux. - L'ampleur de la chute des stocks est assez surprenante. Il est en effet extrêmement rare d'observer, d'une semaine sur l'autre, une contraction de plus de 10 millions de barils des réserves de brut. Ceci dit, on ne peut exclure une erreur statistique ou des problèmes temporaires d'approvisionnement identiques à ceux qui étaient déjà intervenus en février dernier. Il faut donc se garder de toute conclusion définitive sur la base de ces seuls chiffres. D'ailleurs, dans le même temps, les stocks d'essence ont nettement augmenté et la demande de pétrole est restée faible aux Etats-Unis.Le ralentissement économique va-t-il finalement se traduire par une détente durable des cours pétroliers ?Jusqu'à présent, le fléchissement de la demande de produits pétroliers dans l'industrie a été compensé par une croissance toujours rapide de la consommation d'essence. Or, depuis la mi-mai, la demande de carburant semble elle aussi marquer le pas. Cette hypothèse est d'ailleurs corroborée par la hausse des stocks d'essence la semaine dernière. Les données ne sont donc pas très bonnes du côté de la demande de pétrole, ce qui devrait se traduire par un retour du baril de Brent aux alentours de 24 dollars au quatrième trimestre 2001. On ne peut toutefois exclure de nouveaux pics au-dessus de 30 dollars dans le mesure où le marché américain n'est probablement pas encore suffisamment approvisionné pour l'hiver. Ce problème devrait amener l'Opep à relever ses quotas de production d'ici la fin de l'année.A plus long terme, l'Opep peut-elle maintenir son contrôle sur les prix ?L'organisation a montré au cours des dernières années qu'elle avait les moyens d'intervenir efficacement sur le prix du pétrole. Reste à savoir si elle en aura toujours la volonté. A partir de 2002, les pays de l'Opep seront en effet confrontés à un environnement beaucoup plus difficile, marqué par une demande qui ralentit et une hausse de la production de pétrole dans les pays hors-Opep. Si elle veut maintenir les prix à un niveau élevé, l'organisation devra donc accepter de perdre des parts de marché. Dans le cas inverse, il est fort probable que le prix du pétrole reviendra dès 2002 sous le seuil de 20 dollars.Propos recueillis par Jean-Noël Roffiae

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