EDF se renforce massivement au Royaume-Uni

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Alors que le nouveau gouvernement français pourrait mettre à l'ordre du jour des cessions d'actifs dans de nombreuses sociétés publiques ou semi-publiques, EDF poursuit son développement international. L'opérateur français a en effet acquis la compagnie Seeboard qui gère le réseau du sud-est de l'Angleterre à American Electricity Power (AEP) pour 1,39 milliard de livres sterling (2,18 milliards d'euros). EDF paiera 670 millions de livres en cash et reprendra 722 millions de dettes à AEP. Ce dernier groupe avait acheté Seeboard en 1996 pour 1,6 milliard de livres. La nouvelle de cette acquisition avait filtré ce matin, une source proche du dossier ayant indiqué à Reuters qu'elle était sur le point d'être annoncée. Le nom de l'allemand E.On, deuxième acteur du marché européen, était également évoqué pour la reprise de Seeboard.Avec cette acquisition, EDF va renforcer encore considérablement sa présence outre-Manche. L'électricien français disposera de 4,5 millions de clients pour l'électricité dans le sud de l'Angleterre et près d'un million de clients pour le gaz. En novembre 2001, London Electricity avait repris le réseau de distribution de l'américain TXU en Angleterre, Eastern Electricity. Au terme de ces acquisitions successives, EDF se place désormais dans le peloton de tête des groupes de distribution d'énergie en Grande-Bretagne. Ce qui devrait faire grincer quelques dents. Nombreux, en effet, sont les Britanniques qui ont du mal à accepter que le secteur énergétique national ait été privatisé par les gouvernements conservateurs pour repasser aujourd'hui partiellement sous la coupe d'une firme nationalisée étrangère... D'ores et déjà, rapporte Reuters, les professionnels du secteur affirment qu'EDF va payer 309 livres par client, ce qui est le prix le plus élevé jamais observé en Grande-Bretagne. Et l'un des concurrents malheureux du groupe français de conclure que "la seule raison pour laquelle ils ont été capables de payer ce prix, c'est parce qu'ils se servent de l'argent des contribuables français". La nouvelle de cette acquisition ne va donc pas manquer de renforcer de nouveau la pression sur le gouvernement français lors du sommet européen de Séville pour la libéralisation des marchés énergétiques européens. Les partenaires de la France critiquent en effet la situation d'EDF, qui bénéficie d'un monopole sur le marché des particuliers dans l'Hexagone et qui multiplie les acquisitions hors de nos frontières sur les marchés ouverts à la concurrence. Ce qui a déjà suscité de vives oppositions lors de ses incursions en Espagne et en Italie. Au sommet de Barcelone de mars dernier, Jacques Chirac et Lionel Jospin avaient refusé d'adhérer à l'objectif de libéralisation totale du marché de l'électricité pour 2005.

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