Nordea touchée par la chute des marchés

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Les banques scandinaves n'échappent pas à la tourmente des marchés financiers. La première d'entre elles, Nordea, a annoncé un recul de 66% sur un an de son bénéfice net au deuxième trimestre 2002, à 91 millions d'euros. Sur l'ensemble du premier semestre, la baisse du résultat net est du même ordre : -59% à 360 millions d'euros. En termes de bénéfice opérationnel, le recul atteint 15% sur le deuxième trimestre à 315 millions d'euros.Ces chiffres décevants s'expliquent d'abord par le difficile environnement de la banque, et notamment par la faiblesse des marchés financiers. Si les pertes liées aux créances douteuses reculent au deuxième trimestre de 6,3% sur un an, elles restent élevées à 56 millions d'euros. Mais surtout, le déficit de la filiale gérant les fonds de pension suédois a triplé en un an, forçant le groupe à provisionner 152 millions d'euros. Les difficultés de la banque nordique sont également liées à son incapacité à réduire réellement ses coûts. Le président de Nordea, Thorleif Krarup avait, en février, annoncé une réduction sur l'ensemble de l'année de 10% des coûts de la banque scandinave. Au deuxième trimestre, les dépenses du groupe ont pourtant grimpé de 3% sur un an. Les dépenses opérationnelles ont elles progressé de 8,6%. Thorleif Krarup a donc dû revoir ses objectifs à la baisse : Nordea ne vise plus qu'une croissance zéro de ses coûts pour l'année en cours. Le détail de ce programme de réduction de coûts reste cependant flou. Les analystes demandent plus de clarté. Ainsi, selon Juhanna Virkunen, analyste chez Evli Securities interrogée par Bloomberg, le scepticisme suscité par Nordea pourrait disparaître "s'ils donnaient plus d'informations sur les synergies". Nordea est en effet issue de la fusion de quatre banques nordiques. Pour le moment, la banque, qui emploie 40.000 personnes, n'a annoncé que 250 suppressions de postes. On est loin de la suppression de 10% des effectifs annoncés par sa rivale suédoise SEB.Nordea affiche donc des résultats particulièrement décevants par rapport aux autres banques scandinaves qui annonçaient également aujourd'hui leurs résultats semestriels. La banque danoise Danske Bank affiche ainsi un bénéfice net semestriel en très léger repli de 0,4% à 4,33 milliards de couronnes danoises (582,5 millions d'euros) sur un an, mais un résultat trimestriel en hausse de 20%. De son côté, SEB présente des résultats en pleine forme, grâce à son programme de réduction de coûts. Son bénéfice net a bondit de 56% à 1,33 milliard de couronnes suédoises (145,4 millions d'euros), malgré une baisse de 9% du produit de ses commissions.Concernant l'avenir, le groupe s'attend à un résultat du second semestre proche de celui du premier semestre, notamment en ce qui concerne les provisions. Néanmoins, le bénéfice devrait croître de "façon modérée" en raison de la vente des activités d'assurance-dommages. La vente devrait être finalisée au troisième trimestre. Selon Thorleif Krarup, cette cession devrait permettre à la banque nordique d'être moins dépendante de la fluctuation des marchés. Une perspective qui réjouit les investisseurs puisque le titre Nordea a progressé à Stockholm de 9,95% à 45,50 couronnes suédoises jeudi. Pour sa part, l'action SEB a gagné de 12,82% à 87,50 couronnes suédoises. Enfin, l'action Danske Bank a reculé de 7,06% à 125 couronnes danoises à Copenhague.

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