"Le marché va continuer à spéculer sur une intervention américaine en Irak"

latribune.fr : Jeudi, les pays membres de l'Opep se retrouvent au Japon pour décider de leur politique en matière de quotas de production de pétrole. Que doit-on attendre de cette réunion ?Jean-Pierre Favennec : Pour les pays de l'Opep, cette réunion n'est pas simple. Le prix du pétrole reste élevé et le restera encore quelque temps, même si une détente peut intervenir après les récentes déclarations irakiennes (ndlr, lire article ci-contre). Le marché va continuer à spéculer sur une éventuelle intervention américaine contre le régime de Bagdad. Ces cours élevés pénalisent l'économie mondiale car ils participent au ralentisssement global. Si le cartel ne fait rien, ses membres donneront l'impression de ne pas vouloir participer à l'effort mondial pour relancer l'économie et de n'avoir comme seul intérêt qu'une augmentation de leurs recettes. Dans ce contexte, quel est votre pronostic quant à la position finale de l'Opep à Osaka ?Le cartel pourrait décider de ne rien faire ou de procéder à une légère augmentation. Les quotas pourraient ainsi être relevés de 500.000 à un million de barils par jour. Ce choix leur permettrait en fait de maintenir une situation de production quasi inchangée puisque les pays Opep dépassent actuellement les limites de production qu'ils se sont imposées. Une hausse même légère de la production aura également l'avantage d'anticiper l'arrivée de l'hiver, synonyme de plus forte consommation de produits pétroliers. Cependant, il faut souligner que l'importance de cette réunion est limitée par rapport à la question irakienne. L'Opep peut en effet se donner des marges de manoeuvres en tenant des réunions exceptionnelles afin d'adapter ses décisions si la situation l'exige.La menace d'un conflit avec l'Irak ne fausse-t-elle pas l'appréciation que l'on peut avoir du prix du baril ?Dans la composition du prix du baril, il y a ce que les spécialistes appellent une "prime de guerre". Après l'avoir estimée à 6 dollars, certains la chiffrent désormais à 10 dollars. Si l'on en fait abstraction, cela ramène le prix du baril autour de 18 à 20 dollars. On voit donc que les pays producteurs n'ont dans ce cas guère de raison d'augmenter leur production s'il ne veulent pas risquer un effondrement des cours. Ce chiffre de 20 dollars est souhaité par de nombreux acteurs du marché car à ce prix les coûts d'exploitation restent supportables, les compagnies pétrolières rentabilisent leurs investissements et les pays producteurs ne se sentent pas lésés car ils ont construit leurs budgets sur une telle hypothèse. A l'exception de l'Arabie Saoudite qui a plutôt besoin d'un baril à 25 dollars.

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