Le taux de chômage atteint 6% aux Etats-Unis

Depuis un mois, les signes de ralentissement nous parvenaient des Etats-Unis, traduisant un rythme moins soutenu de croissance. Mais, le chiffres publiés aujourd'hui risquent d'accentuer la fébrilité des observateurs. Les services en panne. Ainsi, l'indice ISM non manufacturier d'avril a reculé de deux points par rapport au mois de mars à 55,3. Si l'activité des services continue de se développer, puisque l'indice reste au-dessus de la barre des 50, elle le fait moins rapidement qu'au mois précédent. Pour 31% des directeurs d'achats interrogés, l'activité a été plus forte en avril (contre 32% en mars), alors que 13% considèrent que l'activité baisse (contre 11% en mars). Le sentiment d'un ralentissement s'est donc confirmé également dans les services.Rien d'alarmant cependant. En effet, l'indice des "nouvelles commandes" progresse de 1,5 point en avril à 56,4. Un tiers des directeurs d'achats interrogés ont constaté une progression des nouvelles commandes en avril, contre 28% en mars. Ils n'étaient que 12% à remarquer une baisse des nouvelles commandes le mois dernier (contre 13% en mars). Ce chiffre est rassurant car il permet d'anticiper une reprise de l'activité dans les mois qui viennent. Le secteur des services traverserait donc un creux passager en raison des menaces pesant sur la consommation actuellement. Ce passage à vide est également la conséquence de la fin du restockage. Ainsi, désormais, on compte plus de directeurs d'achats considérant que les stocks sont trop élevés (21%) que de directeurs d'achats estimant le contraire (16%). Les deux opinions étaient à égalité en mars à 19%.Le chômage au plus haut. La situation des services risque de peser sur l'emploi alors que le chiffre du chômage a été publié un peu plus tôt dans la journée et la barre psychologique des 6% a atteinte, pour la première fois depuis août 1994. Le chômage progresse donc de 0,3 point, soit 483.000 personnes, alors que les économistes attendaient une quasi-stabilité du taux de chômage autour de 5,8%. L'Amérique compte désormais 8,6 millions de sans-emplois. Le secteur principalement responsable de cette progression du chômage est justement celui des services. Le taux de chômage dans ce secteur augmente de quatre dixièmes de points en un mois, à 5,8%, tandis que les emplois continuent de disparaître dans le secteur industriel.Créations d'emplois insuffisantes. D'autre part, avec 43.000 créations nettes d'emplois, dont 41.000 seulement dans le secteur privé, les derniers chiffres se situent nettement en deçà des estimations des économistes, qui tablaient sur 55.000 créations nettes. De plus, le chiffre de mars a été nettement révisé à la baisse : alors que le département au Travail avait annoncé initialement une création nette d'emploi de 58.000, il s'avère que le mois de mars a vu la suppression de 21.000 emplois. Cette révision a deux conséquences : la première est de relativiser les créations d'emplois du mois d'avril, la seconde de faire douter les marchés et les économistes de la véracité même de ce chiffre, puisqu'il s'agit du deuxième mois consécutif où ils sont révisés à la baisse.Faute de reprise réelle de l'investissement, l'industrie reste le maillon faible de l'économie américaine puisqu'elle a contribué à la suppression de 19.000 emplois en avril. Une baisse compensée par les créations massives dans le secteur des services (134.000 emplois créés contre 54.000 en mars). La dégradation du taux de chômage s'explique donc par l'arrivée de 565.000 personnes sur le marché du travail. Des personnes que les entrepreneurs américains ne peuvent pas encore toutes embaucher, faute de certitudes sur l'évolution de la conjoncture. L'effritement de la consommation et la faiblesse de l'investissement les rendent prudents sur leurs dépenses et leurs embauches, d'autant que les comptes des entreprises restent encore fragiles. Conséquences. Désormais, la question est de savoir quelles seront les conséquences de ce mauvais chiffre sur la confiance des ménages et sur la consommation. Si les Américains redeviennent inquiets pour leurs emplois, le creux que traverse le secteur des services pourrait s'approfondir et la croissance serait sans doute alors menacée.La publication de ces deux mauvais chiffres a provoqué un nouvel accès de faiblesse du dollar : vers 16h15 l'euro était passé au-dessus de 91 cents à 0,9128 dollar, soit une progression de 1,09%. De même, du côté des marchés, on a accusé le coup. A la même heure, le Dow Jones reculait de 0,94% et le Nasdaq de 1,39%.

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