"L'or est redevenu une valeur refuge"

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"La Tribune".Quelle est votre prévision en matière d'évolution des cours de l'or ?Jacqueline Grenon. Les prix devraient connaître une progression légèrement ascensionnelle avec, d'ici trois à six mois, une fourchette de 300 à 325 dollars l'once. Il y a un réel regain d'intérêt de la part des investisseurs pour le métal jaune.Peut-on en déduire que l'or redevient une valeur refuge ?- C'est le cas, mais les raisons ne sont plus les mêmes. Pour les investisseurs, l'or est une assurance vis-à-vis des risques du moment. C'est un placement destiné à se protéger d'éventuelles faillites générées par une grosse crise bancaire au Japon. A cela s'ajoutent les doutes sur les bilans des grands groupes.Le métal jaune a donc bénéficié de l'affaire Enron ?- De manière indirecte, oui. Les interrogations sur la santé du système bancaire japonais et sur la fiabilité des données comptables présentées par les entreprises ont remplacé le traditionnel souci de se protéger de l'inflation ou de se couvrir par rapport aux risques de guerre.Quelles sont les raisons du processus actuel de consolidation du secteur minier ?- Les batailles boursières auxquelles nous venons d'assister, notamment celle autour de Normandy, sont motivées par la décision des principaux producteurs d'augmenter leurs réserves prouvées. A l'heure actuelle, il est meilleur marché d'acquérir des gisements avérés que de consentir d'importants investissements de prospection. Acheter une mine qui existe est moins aléatoire que d'investir dans les forages.Où en est aujourd'hui le secteur minier sud-africain ?- Le marché distingue plusieurs catégories de risque concernant l'Afrique du Sud. Il y a d'abord le risque politique diffus avec la possibilité d'une remise en cause, par le gouvernement, du statut du secteur minier consécutif aux événements du Zimbabwe. Il y a aussi un risque géologique important. Les mines sud-africaines sont souterraines et le fait de creuser de nouvelles galeries est très périlleux. Enfin, il ne faut pas oublier que 30 % à 40 % des mineurs sont atteints par le sida. Outre les conséquences sociales, cela engendre une détérioration des relations de travail et l'on assiste actuellement à un exode, hors d'Afrique du Sud, des dirigeants et des cadres des groupes miniers.Propos recueillis par Akram Belkaïd-Elly

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