L'enquête sur Global Crossing pourrait compromettre sa reprise

John Legere, le patron de Global Crossing, l'opérateur international en faillite depuis la fin janvier, s'est fixé pour objectif de trouver 250 à 500 millions de dollars cette semaine, afin de financer le plan de reprise qu'il a élaboré avec son équipe. Une tâche d'autant plus rude que Global Crossing, coulé par une dette de 12,4 milliards de dollars, voit l'enquête sur ses pratiques comptables et financières se durcir. Le tribunal des faillites du district sud de New York, en charge du dossier, a révélé vendredi soir qu'un employé du groupe avait attesté de la destruction de documents au début de l'année, au moment même du dépôt de bilan. Un témoignage qui pourrait peser lourd dans le dossier, comme cela a été le cas récemment dans l'affaire Andersen. Global Crossing a déjà démenti l'existence d'un quelconque lien entre les documents détruits et l'enquête. Et John Legere se concentre sur la recherche de capitaux frais : son objectif est de constituer un consortium d'investisseurs susceptibles de financer la reprise du groupe. Il vient d'achever une tournée en Europe, en Amérique latine et aux Etats-Unis, où il a rencontré des acteurs du secteur et des investisseurs en capital-risque."L'entreprise pourrait être financée par un seul gros acteur, mais il est logique qu'il y ait de la place pour des gens différents, qui prendraient de plus petites parts, et c'est ce que nous recherchons", a-t-il expliqué ce week-end à Reuters. John Legere doit boucler son tour de table avant le 11 juillet, date limite pour le dépôt des offres de reprise, la décision finale sur une éventuelle reprise étant prévue le 24 juillet.Ces derniers mois, les dirigeants actuels du groupe ont tout fait pour rendre la "mariée" Global Crossing aussi belle que possible : 220 bureaux et sites techniques ont été fermés, près de 70% des postes ont été supprimés en dix-huit mois, les effectifs tombant de 13.500 début 2001 à moins de 5.000 aujourd'hui, et les dépenses d'exploitation ont été abaissées de 170 à 70 millions de dollars par mois, en attendant de faire encore mieux, promet John Legere. Le plan de reprise élaboré par ce dernier prévoit la cession des activités non-stratégiques (la filiale Global Marine, la division de téléconférences et le réseau national au Royaume-Uni) pour recentrer le groupe sur l'exploitation de son réseau trans-continental de fibre optique, qui relie plus de 200 villes dans le monde. Un réseau qui intéresserait aussi de grands opérateurs comme les Américains Verizon et Level 3, mais aussi Deutsche Telekom, affirment des sources proches du dossier. Aucun repreneur potentiel n'a cependant clairement exprimé ses intentions depuis la rupture, le mois dernier, des discussions entre Global Crossing et le duo formé par le hongkongais Hutchison Whampoa et Singapore Technologies Telemedia.

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