Moody's dégrade France Télécom et Orange

Ceux qui espéraient que l'éviction de Gerhard Schmid de la présidence de MobilCom permettrait à France Télécom de connaître un temps de répit après la chute de la semaine dernière en seront pour leurs frais. Le groupe de Michel Bon subit aujourd'hui un nouveau coup dur, avec la décision de Moody's d'abaisser la note de sa dette, ainsi que celle de sa filiale mobile Orange.La maison-mère et la filiale voient ainsi leur note à long terme reculer de deux crans, pour passer de Baa1 à Baa3, avec une perspective négative. Elles ne sont désormais plus qu'un échelon au dessus des notes attribuées aux "junk bonds", les obligations à haut risque, qui ont la réputation méritée de faire fuir les investisseurs. Quant à la note à court terme de France Télécom, elle rétrograde de Prime-2 à Prime-3. Moody's considère que France Télécom et Orange "ne généreront pas suffisamment de cash flow libre à court terme pour réduire leur haut niveau d'endettement", et ce en dépit d'un Ebitda (excédent brut d'exploitation) attendu à 14 milliards d'euros pour 2002. La dette du groupe, estime Moody's, pourrait donc atteindre 70, voire 75 milliards d'euros en fin d'année, contre plus de 60 milliards aujourd'hui (et 67 milliards en intégrant la dette de sa filiale allemande à 28,5% MobilCom). Pour parvenir à cette évaluation, Moody's explique avoir calculé des ajustements en fonction du programme de cessions, cessions-bail et titrisations adossées à des actifs du groupe. En ce qui concerne le seul dossier MobilCom, l'agence estime que France Télécom verra soit son risque augmenter en cas d'action en justice, soit sa dette nette s'alourdir si le groupe prend la majorité du capital de sa filiale. Moody's rappelle en outre que l'Ebitda de MobilCom restera négatif l'an prochain. L'étude souligne également que le groupe est engagé, en Bourse, dans une spirale baissière lourde de conséquences : en effet, la chute de sa valorisation boursière réduit la probabilité de conversion de ses obligations convertibles et le montant potentiel des cessions d'actifs, réduisant d'autant sa capacité à réduire sa dette.La décision de Moody's et les perspectives qu'elle évoque, qui risquent d'alourdir un peu plus encore les frais financiers du groupe, provoquent une nouvelle chute des actions du groupe à la Bourse de Paris. En clôture, France Télécom perd 16,2% à 10,40 euros et Orange 10,78% à 4,55 euros. Le recul de France Télécom depuis le début de l'année dépasse ainsi 75%, celui d'Orange 55%.

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